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Ironman Mont-tremblant 2018 ?
Parce qu’ils parlent français ? Non.
Parce Lionel Sanders est un habitué ? Oui.
Parce l’organisation est DINGUE ? Oui, surtout !!!!

Par Gaël Couturier, envoyé spécial au Canada.

Pour lancer la saison des triathlons Ironman 2018, j’ai interviewé Dominique Piché, le producteur et directeur de course de l’Ironman et du 70.3 de Mont-Tremblant au Québec, Canada. J’ai eu l’occasion de me rendre l’an passé sur son 70.3 et j’avais été très impressionné par la qualité de son organisation, sans oublier la beauté sauvage à souhait des paysages de la région, le tout à 1h30 seulement de Montréal. La course de 70.3 aura lieu le 24 juin prochain, et le 19 août pour le full Ironman sur lequel je serai certainement. Si vous n’avez pas encore planifié votre saison de triathlon, voici une bien jolie occasion de découvrir cette partie du Canada qui ressemble à l’Amérique, qui a le goût de l’Amérique….mais où on parle français ! Allez-y si vous aimez faire des courses en pleine nature, si vous voulez nager dans les lacs en liberté totale (non non, pas de requins ni de crocodiles dans les lacs à-bas) et rouler à vélo sur la première route d’entraînement officielle Ironman au monde, et puis aussi profiter de la chaleur des québécois pour prolonger le séjour dans cette vaste région. Attention aux ours quand même…..

Les bonnes adresses je vous les ai mises en photos. Voilà ! Rdv donc le 19 août prochain !

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Dominique, comment vous en êtes arrivé là, à devenir l’organisateur d’un des Ironman les plus populaires de la planète : vous êtes vous-même Ironman finisher ? Vous organisiez déjà des triathlons avant Ironman ? Quel est votre parcours personnel/professionnel ?

Dominique Piché : Je ne suis pas encore un Ironman, mais un jour je le serai, oui. Et en fait, je me demande encore ce que je fais là car mon parcours est atypique ! Mon amour pour le triathlon a commencé en 1995. En 2000, j’ai été témoin de la deuxième édition du Ironman à Lake Placid, aux USA dans l’état de New-York et c’est à ce moment-là, que je suis vraiment tombé en amour avec ce sport. Puis en 2004, j’ai eu l’opportunité de prendre les commandes du Triathlon Mont-Tremblant. Déjà, à ce moment, je voulais offrir un triathlon de grande qualité pour les participants. Puis en 2010, j’ai entendu parler que la WTC désirait produire une course Ironman en Amérique de Nord, la vraie, au Canada. L’opportunité s’est présentée et nous avons tout mis en œuvre pour proposer notre candidature. C’était le début de l’aventure Ironman à Mont-Tremblant !

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : En venant à Mont-Tremblant, j’ai été très étonné de voir que votre Ironman n’est pas appelé « Ironman Canada ». Pourquoi laisser votre concurrent à Whistler, sur la côte Ouest du Canada, et dont la course se déroule à peine 3 semaines avant la vôtre en plus, conserver ce titre « Ironman Canada » ? D’un point de vue de la communication et du marketing c’est quand même un sacré avantage pour faire venir des athlètes étrangers de s’appeler « Ironman Canada » non ? N’est-ce pas quelque chose dont vous pourriez débattre avec la société Ironman ? Moi ça me choque, pas vous ?

Dominique Piché : Ça ne me choque pas… au contraire. Ironman Canada existe depuis plus de 30 ans, ce qui n’est pas rien. Ironman Mont-Tremblant a pour sa part son propre ADN. Nous sommes au Canada, dans la seule province francophone, qui, entre autres, possède de grandes similitudes à l’ADN des Européens. Nous sommes fiers de recevoir les participants différemment, à notre façon, en français. Ironman Mont-Tremblant porte très bien son nom !

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Lionel Sanders a terminé 5ème de l’Ironman chez vous en 2015 mais il s’est surtout imposé sur le 70.3 en 2015, 2016, 2017. Cette année, vous l’avez certainement vu, il est passé très près de remporter le World Championship d’Hawaii. Les derniers canadiens à l’avoir fait étaient Peter Reed en 1988 et 2000, Lori Bowden en 1999 et 2003 et bien sûr Heather Fur en 1997. Je suppose que vous connaissez bien Lionel Sanders. Pensez-vous qu’il a les moyens physiques et psychologiques de s’imposer un jour à Hawaii ? Moi je le crois, car c’est un guerrier incroyable et rare. J’adore sa personnalité. Mais il s’entraîne seul, il n’a pas d’agent, son passé est pour le moins sulfureux…je me demande s’il met tous les moyens de son côté et s’il a la maturité suffisante ou s’il sera toujours un éternel second ?

Dominique Piché : Je ne crois pas qu’il sera un éternel second. Qui a décidé qu’il fallait être entouré pour réussir et non pas avoir sa propre recette ? Je crois beaucoup en Lionel Sanders et je suis certain que son passé l’a formé. Aujourd’hui, il a une discipline très unique qui saura le porter sur la plus haute marche du podium, de la plus grande compétition d’endurance au monde : l’Ironman à Kona. J’y crois fortement et encore plus après l’avoir vu de mes propres yeux cette année. L’expérience qu’il en a tiré et la faim qu’il a d’être sur la plus haute marche du podium doit être encore plus importante aujourd’hui, après presqu’y avoir goûté. Si j’étais un autre athlète du circuit professionnel Ironman, j’en aurais très très peur !

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Ce que je retiens de votre site de Mont-Tremblant et de ses alentours c’est bien sûr le côté station de ski en été mais c’est surtout les grands espaces, les forêts à perte de vue et les centaines de lacs dans lesquels on peut aller nager en toute sécurité. J’ai re-découvert le Canada cet été grâce à vous et votre PR Josée Massicotte quand je suis venu sur votre 70.3 et j’ai vraiment adoré tous ces espaces, cette paix, cette nature. C’est ça que vous voulez mettre en avant pour « vendre » votre course et faire venir les étrangers ? Qu’est-ce que vous pourriez leur dire pour les décider à venir chez vous plutôt qu’ailleurs – car il y a désormais énormément de course Ironman à travers le monde ? En Asie par exemple, elles poussent comme des champignons !

Dominique Piché : Vous avez entièrement raison ! Ironman Mont-Tremblant est encore un bijou bien gardé, qu’il faut continuer à faire découvrir. Je suis fier de ce que nous offrons : une destination au Québec, dans la région des Laurentides, à Mont-Tremblant, un endroit unique au monde. Ce qui rend Mont-Tremblant si spécial : ses grands espaces, sa facilité de s’y rendre, sa diversité en activités, sa qualité en entraînement, ses infrastructures et son environnement propre, sa joie de vivre contagieuse via sa communauté et ses citoyens, sa grande variété de l’offre gastronomique sans oublier l’accès, en 90 minutes, à la grande métropole : Montréal. Je pense que cela en fait un bijou à découvrir et/ou redécouvrir pour ensuite l’adopter !

Running Café : Oui c’est un peu ce qui m’est arrivé l’an passé. Désormais, quand l’été arrive, je ne pense qu’à vous Dominique Piché ! Est-ce que c’est de plus en plus difficile de faire venir à la fois les coureurs et les sponsors ou bien, au contraire, est-ce que l’engouement pour ce sport est si fort que ça compense la multiplication des events qui vous font forcément concurrence ?

Dominique Piché : L’athlète a énormément de choix d’événements et c’est pourquoi il doit être de plus en plus judicieux dans son investissement. Chez nous à Mont-Tremblant, on s’assure que la livraison de la production de notre événement dépasse toutes les attentes et assure que les rêves des athlètes participants deviennent une réalité. L’engouement que nous ressentons depuis le début se poursuit et s’intensifie annuellement. Malgré les succès obtenus au cours des années, nous tentons de les dépasser et de ne jamais s’asseoir sur nos lauriers. Fait non négligeable, les événements du 5i50 et du 70.3 affichent complets en quelques heures, et ce, une année avant sa date. Lorsque nous arrivons dans le village, c’est vraiment une effervescence à 360 degrés. Notre objectif c’est d’être le Walt Disney des triathlons au monde.

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Le Walt Disney des triathlons au monde ? Belle formule ! Un mot sur la route d’entraînement officielle Ironman que vous avez la chance d’avoir à Mont-Tremblant. Moi, j’ai trouvé ça hallucinant, complètement dingue, totalement génial. Quand est-ce que cette route a été créé et quelle est son histoire ? Qui est à l’origine de sa création : vous ? Le gouvernement ?

Dominique Piché : Depuis le début de l’aventure Ironman à Mont-Tremblant, nous ne voulions pas être seulement un départ et une arrivée. Nous voulions être une destination d’entraînement ou la famille et l’ensemble des acteurs puissent se réaliser et se dépasser. En bâtissant des infrastructures à la nage, au vélo et à la course à pied, d’une immense qualité, sans négliger la sécurité et l’encadrement des athlètes, l’idée a germé pour offrir la première route d’entraînement Ironman au monde. La route d’entraînement lancée en 2016, est la réussite de toute une communauté et de nos partenaires institutionnels : gouvernement du Québec et du Canada, ville de Mont-Tremblant, station Tremblant, Tourisme Mont-Tremblant, tous les membres de l’équipe de production et surtout, les plus de 30 000 bénévoles qui ont participé aux événements depuis la première édition en 2012 (incluant un Championnat du monde en septembre 2014). C’est l’ensemble de tous ces acteurs qui ont permis le développement de la route d’entraînement Ironman.

Running Café : Est-ce que vos relations en tant qu’organisateur avec la société Ironman ont changé depuis que le groupe chinois Wanda a repris les rênes ? Est-ce que vous devez renégocier la licence chaque année ou bien vous signez des contrats pour plusieurs années à chaque fois et cela se déroule sans soucis particuliers ?

Dominique Piché : Les relations n’ont aucunement changé, d’une façon ou d’une autre. Au cours des années, nous avons développé des relations familiales, personnalisées et c’est ce qui en fait sa force. Encore aujourd’hui, cette relation d’affaires est basée sur des valeurs profondes qui nous poussent vers le succès à long terme. Les ententes sont signées pour une période de cinq ans, Ironman Mont-Tremblant est à la deuxième année, de la deuxième entente.

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Quand je suis arrivé sur votre site du 70.3 en juin dernier j’ai été très impressionné par l’ampleur de votre village. On a tout de suite l’impression que tout le village de Tremblant vit pour l’Ironman sur ce weekend. J’ai fait des Ironman en aux USA, en Europe, en Asie et franchement je n’avais jamais vu autant de panneaux, de logos, de structures montées pour l’Ironman. Comment expliquez-vous que la ville de Mont-Tremblant soit à ce point derrière-vous ?

Dominique Piché : Dès la première édition, nous voulions que les gens qui arrivent à Mont-Tremblant puissent se sentir accueillis, compris et rassurés. Rassurés parce que l’organisation comprend ce que les participants viennent faire (c’est un engagement pour l’athlète, leur famille et amis). Que nous arrivions du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest, les gens sont accueillis par des panneaux qui soulignent la fierté de la destination, comme destination hôte Ironman. D’autre part, les commerçants et les partenaires, font en sorte que lorsqu’on va dans la majorité des commerces de Mont-Tremblant ou de la montagne, nous sommes accueillis par ce logo, qui représente bien la famille Ironman connue à l’international.

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Running Café : Parlons un peu des athlètes pro. Quant on s’intéresse aux résultats de vos deux courses, on note quand même beaucoup d’athlètes pro canadiens et américains mais pas beaucoup d’européens. Disons que vous n’avez pas les plus grosses stars. Pourtant le circuit Nord-Américain est attractif en terme de prize-money et peut aussi représenter une bonne entrée en matière pour l’ambiance de Kona. C’est un rêve pour vous d’avoir les stars de la discipline comme Jan Frodeno, Sebastien Kienle ou encore Daniela Ryf, pour ne citer qu’eux ? Comment faire pour les attirer selon vous ? C’est un objectif ou vous vous en moquez ?

Dominique Piché : C’est un objectif assurément ! Il faut être conscient que chacun des athlètes a son propre calendrier d’entraînement en vue de Kona. La course étant au mois d’août et Kona à la fin-septembre, évidemment que pour certains d’entre eux, ça ne cadre pas dans leur calendrier. Un jour, je suis convaincu qu’ils viendront participer à notre course et cette journée, nous les accueillerons comme nous savons si bien le faire. Ils vivront un séjour mémorable et repartirons avec de très bons souvenirs de Mont-Tremblant. Certains d’entre eux ont été présents, entre autres lors de notre Championnat du monde en 2014. Ils sont venus, ils nous connaissent et je suis convaincu qu’entre les professionnels nous avons une bonne réputation. Beaucoup d’entre eux ont dit aimer l’endroit, la course et les gens ! Nous allons continuer d’innover, de nous améliorer et ainsi permettre aux athlètes, professionnels ou non, de vivre une expérience des plus extraordinaires.

Running Café : Qu’est-ce que vous allez changer sur les éditions 2018 de votre 70.3 et full Ironman ? Personnellement, d’après ce que j’ai vu, je trouve que tout est parfait….sauf le fait de ne pas avoir de rack pour les sacs de transition et de nous obliger à laisser nos affaires par terre à côté de notre vélo comme n’importe quel triathlon de village. Je trouve que ce n’est pas très Ironman, pas très haut de gamme ça quand même….mais vous allez vous me répondre que c’est un détail sans doute… 😉

Dominique Piché : Au contraire, ce n’est pas un détail. Il faut mettre nos énergies et efforts selon les priorités. Il ne faut pas oublier de ou nous venons, ou le triathlon a commencé et depuis combien d’années Ironman Mont-Tremblant existe ! La technologie, les vélos, les supports à vélo se sont amélioré et nous tentons d’en tenir compte dans nos décisions. Il faut continuer à donner un sens particulièrement chaleureux et c’est peut-être ce geste là qu’il reste à améliorer pour la zone de transition. Pour 2018, oui nous allons améliorer certains aspects. Je ne peux encore rien annoncer mais ça viendra sous peu. Année après année, nous tentons d’améliorer notre production et ainsi faire vivre une expérience hors de l’ordinaire à chaque athlète !

Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders
Ironman Mont-Tremblant 2018, avec Lionel Sanders

Merci pour votre disponibilité et votre amabilité Dominique Piché. Encore bravo pour votre événement. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir pendant cette saison 2018 !

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