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Dérivant à bord du sampang
L’aventure au parfum d’Ylalang
70.3 Sri Lanka
et full Ironman Philippines

Par Gaël Couturier. Photos Ironman (Sri Lanka).

Rares sont les triathlètes français qui s’aventurent sur les terres lointaines et exotiques. Beaucoup rêvent de Kona, Hawaii, mais c’est un voeux quasiment impossible à réaliser. D’abord, Hawaii est un voyage cher. Mais c’est surtout extrêmement difficile de se qualifier pour cette grande finale des Ironman interplanétaires qui nous fait tous trembler d’excitation. Nous oublions aussi souvent qu’il existe des destinations moins onéreuses et tout aussi dépaysantes pour pratiquer les sports d’endurance, sinon plus. Prenez l’Asie par exemple : ce terrain de jeu que je connais regorge de tout un tas de nouvelles courses au label Ironman, gage de qualité et, surtout, de sécurité, si vous en respectez toutefois les règles. En voici deux toutes chaudes à peine sorties du four : le 70.3 du Sri Lanka et le premier full Ironman des Philippines. Je connais ces pays où j’ai couru en Ironman mais pas ces toutes nouvelles courses-là, et je rêve d’y aller. Faites comme moi : renseignez-vous !

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Partez profitez un peu de la vie

Pour ceux qui ont la chance de vivre en tant qu’expatriés dans les grandes métropoles asiatiques, Singapour, Kuala Lumpur, Tokyo, Djakarta, Hanoi… vous êtes à quelques heures d’avion de tout un tas d’expériences rares et quasiment miraculeuses. Vous auriez donc tort de ne pas en profiter. Les situations politiques stables d’aujourd’hui ne durent parfois pas très longtemps et, avec un peu de bon sens, une bonne préparation et quelques conseils, notamment du site du ministère des affaires étrangères (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays) vous devriez passer des moments inoubliables. Et si vous êtes comme moi, basé en Europe ou en France, ces deux destinations seront pour vous une occasion rêvée d’aller de l’autre côté du monde vivre une aventure rare et excitante, une de celles que vous garderez en mémoire toute votre vie. Je vous le promets. Et je ne parle même pas des courses en elles-mêmes, dont vous pouvez être certain qu’elles seront bien organisées et complètement sécures. Non, je parle de ces paysages enchantés, différents et de ces cultures aussi anciennes qu’étonnantes, sans oublier ces nourritures forcément piquantes ! Bref, à travers un peu de natation, de vélo et de course à pied, vous en apprendrez autant sur le monde que sur vous-même.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Une dernier mot concernant la pratique de ces courses-là : vous nagerez sans combinaison car l’eau de ces rivières, lacs, mers et océans lointains est souvent aussi chaude que bleu turquoise (attention aux requins et aux méduses toutefois, mais pas de panique : encore une fois, pour toutes ces questions sécuritaires, les organisateurs de l’Ironman sont sur le qui-vive et très expérimentés – à, base de plongeurs sous-marins armés notamment). A vélo, vous ne vous tuerez pas sur des dénivelés de feu comme à Nice, ou à Embrun, mais passerez plutôt votre temps bien posé sur votre prolongateur, parfois dans le vent, souvent dans le chaud et, oui, c’est inévitable, en pleine humidité. Quand au semi ou au marathon, là encore, c’est certes plat mais c’est surtout là encore chaud et humide, chaud et humide, chaud et humide…repeat. Autant dire que ce ne sont pas forcément des courses faciles.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Alors oui, bien sûr, c’est dur, très dur même.

Vous allez suer comme jamais, laisser une partie de vous-même sur l’asphalte de ces routes brûlantes et puiser au plus profond de vos tripes pour vous dépasser et franchir la ligne d’arrivée. Mais n’est-ce pas là toute l’essence de l’Ironman ? C’est une épreuve terrible, intense, qui a été inventé à Hawaii, sur un terrain très dur, une terre de paradis légèrement oubliée des dieux : un volcan toujours en éruption, de la lave qui traverse la route à l’heure où vous lisez ces lignes, des vagues monstrueuses qui fracassent les colonnes vertébrales et une chaleur de bête à vous déshydrater un vieux chameau marocain et triathlète. Franchir la ligne d’arrivée ? Oui, bon, vous n’y parviendrez peut-être pas aussi facilement que d’habitude. Non. Vous ne ferez sans doute pas le meilleur chrono de votre vie. Non plus. Mais vous réussirez à vous dépasser comme rarement, en livrant un combat inédit dont, je le répète, vous vous souviendrez toujours. Quels autres conseils vous donner ? Vous entraînez physiquement mais aussi mentalement. Souvenez-vous : une course n’est jamais terminée tant que vous n’avez pas abandonné. Never quit ! Un coup de moins bien : marchez ! Et puis buvez, buvez encore sans attendre la soif et rafraichissez-vous avec des glaçons qui sont toujours proposés aux différents ravitaillement : sous la casquette, sur les épaules, dans le cou, sur les bras, dans le short…où vous voulez mais rafraichissez-vous ! Enfin, dernier conseil : protégez-vous contre les moustiques. Ils sont féroces même en journée et les épidémies plus ou moins dangereuses – mortelles ? – ne sont pas rares dans ces parties du monde.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Le 70.3 de Colmobo, Sri Lanka n’est pas un long fleuve tranquille

La course dont c’est la toute première année se déroule donc à Colombo, la capitale de ce pays (anciennement Ceylan). Il y a une petite dizaine d’années, cette jolie ville au parfum colonial de UK était étroitement surveillée par les militaires. La guerre civile s’éteignait lentement, plus haut, dans le Nord et à l’Est, là où les tigres Tamoul résistaient encore un peu contre les forces gouvernementales. Ce temps est révolu et aujourd’hui le Sri Lanka est un pays en paix même si le site du ministère des affaires étrangère français peut paraître alarmiste : « Aucun acte terroriste n’a été enregistré au Sri Lanka depuis la fin de la guerre en 2009. Le risque de reprise d’actes violents ne peut toutefois être écarté et des tensions ethniques et religieuses sont perceptibles dans l’ensemble du pays ». Méfiance ? Quoi qu’il en soit, le Sri Lanka possède aujourd’hui une des économies les plus prospères au monde. La naissance de cet Ironman en est la preuve. Je suis moi-même passé dans ce pays à la fin des années 2000 pour faire le marathon de Colombo et je me souviens d’un mélange de splendeurs naturelles, de plantations de thé à l’infini, d’architecture douce, mais aussi de soldats féroces armés jusqu’au dents à des carrefours de la capitale et puis aussi de l’interdiction sévère d’aller dans au Nord ou à l’Est, encore déchirés par quelques combats sporadiques et des jungles minées, tandis que s’y déroulaient mille et une vagues que le surfeur en moi rêvait pourtant d’aller taquiner. Le Sri Lanka reste donc un pays d’aventure, relativement safe toutefois, et même quasiment sans danger si vous suivez de près les consignes des organisateurs Ironman et ne jouez pas les Indiana Jones naïf et en goguette.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

La course démarre par 1,9 km dans l’Océan indien.

Le départ se situe dans le parc de Galle Face, un immense espace vert protégé car coincé entre le ministère de la défense, une base militaire des forces aériennes du pays et quelques-uns des plus beaux hôtels de la ville. Le vélo se fait quant à lui en ville mais sur un parcours tout droit le long de l’océan indien et en trois boucles de 30 km chacune. Il est entièrement fermé à la circulation et donc très très rapide. Le semi-marathon se court lui un peu au même endroit et devrait être aussi rapide que chaud même si, c’est vrai, il ne fera pas plus de 30°C à cette époque de l’année. Notez que la course est ouverte aux relais et offre également 30 slots aux athlètes individuels les plus rapides pour aller disputer la grande finale des 70.3 qui se déroulera en 2018 à Nelson Mandela Bay, une municipalité englobant désormais Port Elizabeth, en Afrique du Sud.

Infos : ironman.com/colombo70.3.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Aux Philippines, chez ton copain Rody Duterte

Le 70.3 est un succès phénoménal et la popularité du triathlon n’a de cesse de grandir dans ce pays soutenu militairement par les Etats-Unis où il existait déjà quelques 70.3 de renom, à Subic Bay, au nord-ouest des Philippines et directement au Sud de Taiwan, à Davao, complètement de l’autre côté, tout au sud et pour le coup juste au-dessus de l’Indonésie et, enfin, à Cebu, disons en plein milieu. Le 70.3 de Subic Bay n’existe plus. Il est donc désormais remplacé par ce nouvel Ironman. J’ai personnellement été faire le 70.3 de Cebu en août 2015 et j’en garde vraiment un très très bon souvenir. A l’époque c’était safe. Maintenant un peu moins. Paysages sympathiques, foule hystérique, chaleur et humidité bien sûr mais surtout une organisation très haut de gamme qui n’a absolument rien à envier à celles que nous côtoyons tous les jours dans nos régions du monde de l’Ouest. Franchement, je vous recommande ce pays composé de plusieurs milliers d’îles et qui, une fois de plus, mérite quand même qu’on y prenne quelques précautions.

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Le site du ministère des affaires étrangères prévient à ce propos des risques et des endroits à éviter, principalement le sud,  avec des termes qui font, ma foi, légèrement froid dans le dos : « menaces d’enlèvement émanant de groupes terroristes », « mouvements islamistes armés », « nombreux groupes criminels », « enlèvements violents et extorsions de fonds visant des étrangers », « l’utilisation de moyens de transport en commun doit être formellement exclue », « la guérilla de la New People Army, branche armée du parti communiste philippin », « Il convient, pour l’ensemble du pays, de se renseigner avant d’emprunter des voies isolées dans les zones rurales ». Brrrr. Une fois de plus : si vous restez tranquille à faire ce que les autorités recommandent, vous êtes…safe. Enfin je crois…

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Subic Bay, une destination à la John Rambo

L’ancienne base de la Navy américaine, la plus importante en dehors des Etats-Unis, où les commandos des Marines apprenaient les rudiments de la survie en jungle aux côtés de guides locaux dans les montagnes épaisses du Zambales qui entourent la baie, donne à cet Ironman un parfum très guerrier. Cela étant, les eaux où se déroule la natation sont calmes, sans surprise, le vélo est plat…mais le parcours de course à pied n’est pas pour les sensibles, même si les vues sont imprenables, car il est très cassant. Subic Bay est désormais un paradis de villégiature pour les touristes en mal de paix, de calme mais aussi de luxe. C’est également un des meilleurs endroits de toutes les Philippines pour pratiquer le triathlon en paix. L’eau est chaude, les routes sont belles. La baie de Triboa est le lieu de départ de cette course. Le parcours natation est d’une seule boucle, le vélo deux boucles comme le marathon. Et comme pour le 70.3 au Sri Lanka, il y a 30 slots pour la finale du World Championship de Kailua-Kona, Hawaii, USA. Avouez que ça vous calme un peu !

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

Dans un cas comme dans l’autre, même s’il ne faut jamais sous-estimer la motivation des triathlètes locaux, venir faire une de ces deux courses du bout du monde asiatique c’est l’opportunité de glaner plus sereinement qu’en Europe ou qu’aux Etats-Unis son sésame pour Hawaii. Bien sûr, il y aura des australiens et quelques expatriés de tous les pays avec qui se battre mais lors du roll down de l’après course, nombreux seront les coureurs locaux qui n’iront pas payer les centaines de $ pour un dossard hawaiien. Si c’est votre came, et que vous n’avez pas froid aux yeux, alors faites-moi confiance, ces courses sont faites pour vous. Je serai certainement du voyage pour l’une d’elles ; les deux si ma mère juive et ma copine sont d’accord…

Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines
Ironman 70.3 au Sri Lanka et Ironman Philippines

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