Sélectionner une page

Douillette

Texte Frédéric Sultana, ancien officier supérieur de la marine nationale, Docteur ès Sciences du Mouvement Humain. Photos Brooks.

283g (H) et 241g (F). Hauteur talon de 34,7 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 23,5 mm et drop de 11,2 mm pour les hommes. Hauteur talon de 32,6 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 21,7 mm et drop de 10,9 mm pour les femmes. 140€.

Après la Caldera en trail running et la Glycerin 15 en course sur route, je me suis attelé à tester la nouvelle Ghost 10, chaussure de route toujours, histoire de poursuivre mon analyse de Brooks, la marque américaine de Seattle (état de Washington). A la recherche d’une chaussure confortable pour courir le marathon de mon prochain Ironman, celui de Kona les amis, le World Championship mi-octobre, je me suis demandé si une telle chaussure d’entrainement route pourrait convenir. À priori, la chaussure se destine autant au coureur débutant qu’au coureur d’expérience qui recherche un modèle avec lequel avaler les km à l’entraînement. Elle est réputée très confortable, fiable et très amortissante. Allons bon !

Après une coupure régénératrice de mi-saison, j’ai donc repris le chemin de l’entrainement au printemps et des tests avec notamment, donc, cette Ghost 10. Je l’ai utilisée quatre fois par semaine et pendant 3 semaines sur mes parcours habituels, les mêmes que ceux de la Glycerin 15, dans le Var près de Toulon, chez moi. La distance hebdomadaire était moindre toutefois : 45 km par semaine environ. Ma séance la plus longue fut un semi marathon à l’allure de mon marathon prévu sur Ironman (je vise 4h !). Je ne suis donc pas allé au-delà. Pourtant, cette Ghost 10 conçue pour des athlètes à foulée universelle peut facilement aller jusqu’au marathon. Pendant tous mes entrainements, j’ai pu apprécier le grand confort de ce modèle à l’effort mais également l’absence de douleurs après la séance, ce qui témoigne d’un excellent amorti. J’avais d’autant plus de plaisir à les chausser chaque jour que je n’appréhendais pas la douleur qui a l’habitude d’apparaitre à l’issue d’entrainements intensifs quand le muscle se refroidit.

Tige

La première sensation lors de l’essai de cette chaussure est très agréable. Je n’invente rien : c’est en partie ce qui fait son charme et bien sûr son succès, en France mais à vrai dire un peu partout dans le monde. La chaussure est donc extrêmement confortable et maintient parfaitement bien le pied en place. Les propriétés élastiques de la tige sont à ce titre moindres que celles de la Glycerin 15 que j’ai donc testée dans ces colonnes au tout début de l’été. Cependant, cet effet stretch du mesh contribue au confort général et permet une bonne adaptation aux pieds. Même si je ne chausse pas forcément grand, les miens restent larges et forts. Sur l’avant, les orteils restent ici relativement libres. Quant au talon, il reste également bien maintenu, procurant une bonne sensation d’équilibre très agréable.

Enfin, à l’intérieur, ce chausson est doux et léger, sans couture et respirant. Comme à mon habitude, j’ai utilisé la chaussure avec et sans chaussette. Je n’ai rencontré aucun problème de blessures : la transpiration s’évacue bien et je n’ai donc pas souffert d’ampoule, d’échauffement ou bien d’ongles incarnés, abimés. Enfin, pour cette Glycerin 15, on retrouve un système de laçage bien conçu avec notamment un guidage du lacet sur la languette qui en assure son bon positionnement. C’est très malin, innovant, et ça fonctionne à la perfection.

Semelle intermédiaire

A l’entrainement, cette Ghost 10 m’avait fait la meilleure des impressions en matière de confort et de performance. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi l’utiliser pour une épreuve de triathlon longue distance, les championnats de France Longue Distance de Dijon. Après un parcours vélo exigeant, j’ai débuté le semi marathon en situation de fatigue avancée. Quand on serre les dents pour avancer, il n’y a pas beaucoup de place pour évaluer les chaussures que l’on porte. Si un test en situation de compétition est une bonne idée, une mauvaise gestion de l’effort ne m’a sur ce coup-là en revanche pas permis d’apprécier de manière objective la chaussure en terme de test et d’impression. N’ayant de plus pas mis mon capteur cardio et de foulées, une analyse à froid de ce test n’a pas été possible. Impossible d’en rester là ! Il me fallait absolument prolonger mes tests et  revenir à des conditions d’entraînement plus classiques. Ce que j’ai fait. Cependant, je peux quand même dire que cette Ghost 10 procure un grand confort au niveau de l’amorti car, malgré ma situation d’épuisement physique sur la ligne d’arrivée, les courbatures d’après course sont restées quant à elles plutôt légères. Un signe. Je le redis : je mets en effet cet élément sur les qualités d’amortissement de ce modèle.

Revenons maintenant à mon test réalisé pendant mes entraînements. Pour essayer d’évaluer le volet performance de la chaussure, j’ai comparé les données d’oscillations verticales et de temps de contact au sol à différentes allures de la Ghost 10 avec la Glycerin 15. Si ces deux chaussures sont apparement de conception différente, j’ai été surpris de découvrir la grande similitude des réponses biomécaniques ! A tel point que je n’ai pas pu discerner de différence entre les deux modèles. La contre partie d’un excellent amorti se traduit souvent par une moindre restitution de l’énergie élastique de la foulée et un temps de contact au sol plus important.

Cela s’est confirmé selon mes données pour la Ghost 10. J’avais espéré que la chaussure soit plus dynamique, d’autant que Brooks avait été capable de sortir des chaussures de trail très dynamiques (Caldera !). Mais je n’ai pas retrouvé pour la Ghost 10 les temps de contact au sol autour de 200 ms  que j’avais enregistrés – à 15 km/h – pour la Caldera. Comme pour la Glycerin 15, j’étais plutôt autour de 220-230 ms. Je ne qualifierai donc pas cette chaussure de très dynamique. Néanmoins, elle est dotée d’un très bon amorti (technologie propre à Brooks : le Biomogo DNA) et d’un drop fort (11,2 et 10,9 mm). La Ghost 10 semble donc plus adaptée aux personnes qui ont une attaque du talon.

Semelle externe

Les choses sont on ne peut plus claires : cette semelle offre une bonne accroche sur route ou chemin. Les crampons de la semelle sont à gomme dure. On peut donc s’attendre à une moindre usure et à une durée de vie plus importante. Attention toutefois aux terrains glissants ! Pour plus de souplesse et pour une meilleure flexibilité, cette chaussure est également dotée de la technologie Omega Flex Grooves, des encoches de semelles qui l’assouplissent. Le pied et la semelle sont ainsi plus libres en torsion mais aussi en flexion-extension, le tout pour une meilleure stabilité sur terrain propre ou sur route. Par contre, je n’utiliserai pas cette chaussure sur terrain accidenté ou très mouillée.

Conclusion

La Brooks Ghost 10 est une chaussure universelle très agréable à utiliser qui répond parfaitement à ses spécifications. Les points forts de cette chaussure sont le confort et l’amorti. J’attendais toutefois un peu plus côté dynamisme avec une meilleure restitution de l’énergie élastique mais ce n’est pas très grave. C’est aussi la troisième chaussure de la gamme Brooks que je teste. Je pense pouvoir affirmer sans craintes qu’on peut faire totalement confiance à cette marque. Pour ne pas se tromper de modèle en revanche, il faut juste prendre le temps de lire les informations et d’aller se faire conseiller dans un magasin spécialisé. J’ajoute que si la Ghost 10 n’est pas la sœur jumelle de la Glycerin 15, elle est néanmoins sa cousine la plus proche (Germaine germaine…). Ah, si, un dernier point : je prendrai la Ghost 10 dans ma valise pour Hawaï mais je ne l’utiliserai que si je ne trouve d’ici là pas d’autres chaussure tout aussi confortable mais un poil plus dynamique et plus légère pour un marathon à fond les ballons ! Enfin j’espère…

Dans la même rubrique

Pin It on Pinterest

Share This