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2 km de natation, 100 km de vélo, 16 km de course à pied

Par Laurie Canac. Photos d’Activ’Images

900 participants sur cette 4ème édition du Cannes International Triathlon mais plus de 50 n’ont pas terminé. Belle illustration de la difficulté de l’épreuve cette année. Le parcours vélo particulièrement exigeant en a ainsi déstabilisé plus d’un. Point positif : des conditions climatiques idéales. La French Riviera a pour la première année depuis mes trois participations tenues toutes ses promesses.

J-1 : tout doit être prêt.

Dans un triathlon, tout commence la veille, dès le retrait des dossards. Ca n’a l’air de rien, mais c’est essentiel. Il faut avoir toutes ses affaires afin de préparer correctement les sacs de transition vélo et course à pied.

L’année dernière, le lieu de retrait des dossards et le parc à vélo étaient à l’opposé l’un de l’autre. Résultat : beaucoup d’allers-retours, de la fatigue accumulée et peu de temps pour profiter des stands. Incontestablement, l’organisation a tiré les leçons de cet inconvénient, en 2017 tout était à proximité, près de « Bijou plage », le lieu de départ du triathlon.

Ca m’a permis d’être beaucoup plus sereine, d’apprécier le village situé sous les pins face à la mer et de préparer mes affaires tranquillement.

Enfin pas le temps de rêvasser trop longtemps non plus, c’est un gros morceau qui nous attendait le lendemain, alors direction l’hôtel, un plat de « pasta » dans le ventre et au lit !

Jour-J : levée 6h du matin.

Dehors, l’air est frais, les rues sont désertes et le jour se lève doucement à l’horizon, il faut y aller.

Sur le lieu de départ, l’atmosphère est un peu tendue, la fraicheur de l’eau et le parcours vélo en inquiètent plus d’un. Sur la plage, je file me glisser dans les premières lignes juste derrière les pros. Etre bien placée, c’est essentiel. 8h : top départ, on se met tous à courir… Premier plongeon et premiers coups reçus dans les côtes, dans les jambes, dans les bras, ça castagne sévère ! Je ne me démonte pas, j’essaye de réaliser mon crawl, pas facile mais il faut rester solide. La lutte dure jusqu’au passage de la deuxième bouée. On fait demi tour à la troisième, direction le rivage pour une sortie à l’australienne, on court quelques mètres sur le sable et on repique. Le second tour de 1km est bien plus confortable, je peux enfin bien appuyer sur les bras et sentir mon corps glisser dans l’eau. Je vois même des petits poissons au fond de la mer. Je boucle finalement les 2km en 35 minutes, un temps correct pour moi.

Sortie à toute vitesse, je fonce dans la zone de transition, je prends le sac, chaussettes, chaussures,  dossard, casque tout est là. J’enchaine.

Départ sur le vélo par la Croisette, je me mets en position contre la montre et je ne bouge pas d’un poil, les jambes tournent. Je roule à 30-35km/h, je me sens super bien. Après 20 minutes sur le bord de mer, nous rentrons dans les terres direction le Tanneron. Commence une ascension de près de 30 minutes, raide. Jusqu’à Saint-Césaire, le parcours a été une succession de montées et de descentes, très peu de place pour le plat. Sur le pont du lac de Saint-Cassien, j’ai pu à nouveau me mettre en position « aéro » et reprendre mes esprits, j’aurai aimé que ça continue plus longtemps. Mais est arrivée une descente aux allures de cauchemar sur une route très très rugueuse… Enfin soyons honnête, un chemin au goudron carrément défoncé. Pour ne pas tomber, je me suis accrochée de toutes mes forces sur mes cintres. Problème, 6 jours auparavant, une chute m’avait sévèrement amochée la paume des mains, je vous laisse imaginer le degré de ma douleur. Pour couronner le tout, un arbitre m’arrête, ma chambre à air de rechange s’est défaite et enroulée sur mon cadre à proximité de ma roue avant…

Bref, 50ème km, je repars pour la dernière ascension avant de redescendre vers Cannes.

Le parcours vélo était taillé pour les montagnards, très difficile, très fatiguant mais tellement beau, éblouissant, en particulier aux alentours du lac de Saint-Cassien.

Je boucle finalement les 95km en 3h30, c’est long…

Arrivée sur la course à pied, je pars un peu vite avant de me stabiliser à 4’30 au km, j’aurai aimé tenir comme ça jusqu’au bout mais c’était sans compter l’énergie dépensée auparavant. Le tracé était différent des autres années, une boucle qui longeait le port de Cannes avant de remonter sur la fin de la Croisette, très agréable. Point bonus : nos proches pouvaient nous voir à pleins d’endroits différents, c’est assez rare pour être souligné et apprécié.

Les 3 premiers tours se font dans la douleur, avant une sorte de libération au 4ème.  Je boucle finalement les 16km en 1h13, peu mieux faire !

Au total, 5h30 de course. C’est long pour un half mais le parcours vélo était vraiment rude. Je finis 4ème de ma catégorie et 20ème filles en comptant les professionnelles, j’en déduis donc que je ne suis pas la seule à en avoir bavé ! Mention spéciale pour l’organisation, sur mes trois participations, cette année a vraiment été la plus aboutie. Les parcours étaient réussis, les bénévoles bien briefés, très sympas, le village attractif. Tout pour se sentir en confiance et avoir envie de revenir ! Je ne reviens pas sur la performance du champion allemand Sébastian Kienle, vainqueur de Kona 2014 et second en 2016, qui nage en 26’39’’, roule en 2h29’ et court en 52’53’’. La première femme est la suissesse Emma Bilham. Ses temps : 28’34’’, 2h55’ et 1h03’12’’. Notons ses transitions éclairs : 2 min pour la première et 2’19’’ pour la seconde. Elle devance ainsi la belle Charlotte Morel de 7’ (26’32, 3h05’, 1h01’34’’).

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