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Design, design, design.

Texte Gaël Couturier. Photos Compressport et Gaël Couturier.

Compressport est sans conteste la marque de compression la plus populaire au monde. Moi qui suis triathlète et coureur d’ultra, j’ai toujours plus ou moins porté du Compressport. Pourquoi ? Pour le look d’abord. Pour ressembler à mes héros, les stars françaises et étrangères des deux disciplines qui ont toujours eu le bon goût de me faire rêver (les mecs comme les nanas). Pour l’effet de compression ensuite, que j’ai toujours traduit par un ressenti en terme d’efficacité sur les longues distances : impression d’avoir les muscles bien en place, confort renforcé grâce à la réduction des vibrations sur la durée et par conséquent sentiment d’un gain de puissance et d’une fatigue repoussée à l’effort comme en récupération. Le développement de la marque ces dernières années m’a dernièrement donné envie de m’y intéresser d’un peu plus près. Je me suis donc penché sur le sujet Compressport avec, j’avoue, passion et délice, mais aussi avec un bon nombre d’a-priori extrêmement positifs. Les produits testés s’adressent aux coureurs de tout niveau, homme ou femme, comme aux triathlètes, débutants ou professionnels.

Tout a commencé il y a quelques années par une paire de manchon pour les mollet, comme beaucoup d’entre nous certainement. Je les ai portés sur des Marathon Des Sables, des marathons tout court, quelques triathlons courtes distances mais aussi longues distances et des ultra trails. Et puis aujourd’hui j’ai découvert qu’il y avait des tee-shirts de compression, des shorts tout-en-un et même des manchons pour les bras, sans doute utiles à vélo contre les vibrations (en VTT surtout) ou quand on utilise des bâtons de randonnées sur les trails à gros dénivelés. Pour répondre à mes attentes, la marque Suisse m’a envoyé un tee-shirt à manches courtes TR3 Aero Top, un TR3 Brutal Short ainsi que des Arm Sleeves, parmi les derniers produits sortis par la marque Suisse. J’ai aussi retrouvé dans mes tiroirs une vieille paire de manchons pour les mollets. Toujours aussi efficaces, mais un peu plus fragiles que quand ils étaient neufs, je les porte régulièrement.

J’ajoute que depuis le fort développement de ces produits de compression il y a une dizaine d’année, j’ai depuis beaucoup porté de Skins, de 2XU et de Compressport, j’aime que mes muscles soient enveloppés, serrés dans quelque chose qui ne nuit pas à mes mouvements mais au contraire les soutient, les accompagne, les protège. La protection : c’est avec cette idée en tête – et celle d’évacuer la transpiration par la même occasion – que s’est d’ailleurs lancé Kevin Plank avec Under Armour en 1996 et avec le succès qu’on lui connaît. Avec ses équipes marketing, il a d’ailleurs lui-même utilisé quelques années plus tard le slogan « protect this house », autrement dit « protège ce corps ». Kevin Plank n’est bien sûr pas le seul à avoir inspiré ces marques de compression pour le sport, les produits à usages médicaux existaient déjà, mais je pense qu’il y a clairement participé. D’autres grands équipementiers ont d’ailleurs dans la foulée joué cette carte du textile plus près du corps, plus protecteur. Je pense à Nike notamment.

En revanche, et c’est important de le noter, j’ai pour ma part aussi souvent accepté l’idée que cette sensation de sentir comme une seconde peau tout autour de soi en permanence pouvait être oppressante pour certains d’entre nous, sur certaines parties du corps plus que d’autres peut-être ou à certaines occasions tout du moins : sur les triathlons, quand l’estomac est soumis à rude épreuve, ou plus généralement sur les longues distances – diable que les problèmes de digestion y sont légion! Il m’est arrivé, en course, de me sentir gêné au niveau de l’estomac justement, trop serré, oppressé.

Mais détaillons plutôt ces beaux produits.

TR3 Brutal Short

La première chose qui frappe c’est la longueur de ce short : il ne monte pas haut à la taille mais descend bien jusqu’au dessus du genoux, et c’est très bien. Rappelons que ce produit se destine aux triathlètes et qu’il est important pour eux d’être parfaitement maintenu musculairement à 360° tout autour des hanches et des cuisses et jusqu’au haut du genou. Les différentes matières sont également douces au toucher et au contact de la peau. Le short s’enfile facilement et tient parfaitement bien en place – à condition bien sûr d’avoir choisi la bonne taille…Etre sûr d’avoir pris la bonne taille, c’est vraiment le talon d’Achille de ces produits de compression, tous autant qu’ils soient. Si c’est trop grand ça ne sert à rien, si c’est trop petit, c’est désagréable à porter et, pire, ça peut vous irriter. Rien ne remplace donc dans ce domaine le fait d’être parfaitement bien conseillé et de pouvoir essayer en magasin ou sur les salons des grosses courses où ces marques sont toujours plus ou moins présentes. Je termine juste sur les matières de ce short en avouant qu’elles ne sont pas aussi « dures » ou serrées que celles utilisées dans la fabrication des Calf Guard ou Quad et qui sont très efficaces en terme de compression. En somme, si ce short est je le répète des plus agréables à porter, je ne comprends pas bien pourquoi il n’est pas fait dans ces matières qui ont pourtant fait leurs preuves.

A l’extérieur, le short est plutôt minimaliste et c’est là aussi très bien. Seule une petite poche placée derrière et au milieu, la « lunar pocket », sert à emporter quelques gels ou une ou deux grosses barres. Pas de poche spéciale gel sur le côté toutefois, comme chez d’autres marques concurrentes, et c’est peut-être dommage. Le tissu en tout bout de jambe est très doux mais a présenté lors du test une usure rapide que je n’explique pas autrement que par sa fragilité à l’usure naturelle – et au lavages répétés aussi sans doute. De même le marquage externe disposé sur les cuisses, même si c’est un détail, s’use un peu trop rapidement à mon goût. C’est un détail, d’accord, mais si c’est un élément qui vous aide à rester visible des voitures quand la nuit tombe avouez que c’est embêtant.

A l’entrejambe on trouve la technologie que la marque appelle « grip bike » et qui consiste à disposer des petits cercles de silicone sur le tissu de la peau de chamois pour…et bien là justement je ne vois pas. Ma tenue de triathlon de club (AS Monaco) est un Castelli, ma tenue de vélo est une Mavic et elles n’en possèdent pas ni l’une ni l’autre. Je n’ai jamais ressenti le besoin d’avoir de petits cercles en silicone pour accrocher ma selle de vélo…et je ne vois pas bien à quoi ça sert. De plus, ces petits cercles attirent franchement l’oeil et ce n’est pas du meilleur goût, d’autant que cette partie moulante du short est déjà naturellement proéminente et que le mieux aurait été au contraire de la rendre discrète. Du coup, vraiment, en ce qui me concerne, je ne porterai ce short qu’en compétition parce que mon dossard viendra se placer au dessus et donc la dissimuler discrètement. Quand à l’entraînement, même chose : ce n’est pas du meilleur goût de chercher à attirer les regards à cet endroit. On entend souvent dire que les vêtements de running ne sont pas très esthétiques et on s’attend donc à ce que les marques fassent des efforts dans ce sens. Là c’est plutôt raté et je ne comprends pas bien ce qui a poussé les ingénieurs de Compressport à relever visuellement cette partie du short si ce n’est à essayer de nous vendre une technologie de plus dont nous n’avons franchement pas besoin.

Parlons de l’intérieur maintenant. Je reviens d’abord sur la peau de chamois, c’est à dire la pièce de tissu rembourrée qui permet d’aligner les km de vélo en limitant l’inconfort à l’entre-jambe. Ce n’est pas quelque chose d’absolument indispensable en triathlon mais c’est quand même bien agréable, surtout en longue distance, c’est vrai. Tous les shorts de vélo en possèdent, d’une plus ou moins grosse épaisseur. Celle-ci est de très bonne facture. Rien à redire. Ensuite, l’autre technologie qui est à la fois immédiatement visible et très intéressante tient encore à ces ajouts de silicone à la taille. Ils entourent toute votre taille et sont sensés éviter les irritations. Et ça marche ! La forme de cet élastique forme un V sur le devant et permet de relâcher la pression sur le bas de vos abdominaux, ce qui est plutôt bien utile pour éviter les problèmes de digestion. Les coutures de l’ensemble sont aussi plates qu’elles sont placées stratégiquement pour éviter tout frottement et, là encore, c’est à la fois bien pensé et bien réalisé. Good job guys.

Question performance maintenant, c’est toujours délicat de porter un jugement définitif sur ce genre de produit sans être soi-même scientifique ou de l’avoir passé au crible de tests mécaniques purs et durs comme savent très bien le faire Runner’s World et Outside aux USA. Je ne suis pas scientifique et nous n’avons pas les moyens de réaliser de tels tests au sein de ce blog. C’est la raison pour laquelle je vous engage aussi à lire l’interview réalisée avec le big boss de la marque car il répond franchement à quelques-unes de nos sérieuses interrogations (voir plus bas). Je ne vous prendrai donc pas pour des jambons en essayant de vous faire avaler des généralités hyper positives sur la performance du produit alors que tout cela n’est, au fond, que mon avis – un avis de pratiquant avisé certes.

Je résumerais donc plutôt les choses ainsi : à part quelques détails qui peuvent être gênants esthétiquement parlants, l’ensemble de ce produit est techniquement particulièrement bien fini. Le pad pour le vélo est efficace et ne gêne pas les mouvements en course à pied. C’est  essentiel. Maintenant, pour savoir si la compression fonctionne correctement ou pas, je dirais simplement que Compressport est une marque riche, qui innove et progresse. Même si tout n’est pas parfait bien sûr, ce produit est un outil extrêmement intéressant pour les performer en triathlon et ceux qui veulent un tout-en-un pour nager, pédaler et courir sans avoir à investir dans 36 tenues différentes. Reste à savoir pourquoi il n’ont pas reproduit sur ce short les mêmes matières que sur les Calf Sleeves ou les Quad et qui ont fait leur succès jusqu’à présent. Réponse dans une prochaine interview j’espère… Par conséquent, je ne conseillerais pas le port de ce short en récupération mais bel et bien en entraînement ou en compétition seulement. Il est disponible en rouge ou noir pour les hommes et noir seulement pour les femmes, dans une construction légèrement différente. 150g, 100€.

ProRacing Arm Sleeve

Ces manchons pour les bras sont construits dans la même matière que les fameux manchons pour les mollets, qui ont assis le succès de la marque : les R2 Calf Sleeves que je détaille ci-après. Les ProRacing Arm Sleeve sont dans une matière souple, respirante, agréable à porter, d’autant qu’elle n’a pas de couture, mais qui peut être un peu difficile à enfiler. Par conséquent, ce ne sont pas les manchons les plus agréables pour vous si vous avez constamment besoin de réguler votre température, si vous êtes sensibles disons ou que vous faites une course en altitude et que la température change sans arrêt. Moeben, Salomon, Nike et bien d’autres marques encore en produisent à foison.

En ce qui me concerne, j’avais déjà mis des manchons pour les bras pour me protéger du soleil ou du froid, en course à pied comme à vélo mais je n’avais jamais porté de manchons de compression pour les bras. Plutôt destinés aux sport dans lesquels limiter les vibrations musculaires peut s’avérer utile, ces manchons pour les bras vont donc principalement servir au coureur à pied qui va utiliser ses bras pour se propulser ou amortir les chocs ; autrement dit le trail runner qui s’entraîne ou s’engage sur un bon gros trail en montagne, avec bâtons. Là encore, le choix de la taille est essentiel :  trop large ça ne sert à rien, trop serré…ben ça fait vite mal.

Pour les autres coureurs ou triathlètes, l’utilisation de ces manchonsde bras peut aussi se révéler intéressante en cas de grosse chaleur. En effet, en s’aspergeant les bras en passant au ravitaillement, le tissu conserve l’eau un certain temps et vous restez frais plus longtemps – n’oubliez cependant pas que rien ne remplace pour cela le coton. Les coureurs de la Badwater dans la vallée de la mort en Californie l’ont depuis longtemps démontré. Comme la plupart des autres manchons disponibles sur le marché, ces ProRacing Arm Sleeve, qui représentent le haut de gamme de chez Compressport, vous protègeront également contre les vilaines brûlures du soleil. Ne passez donc pas automatiquement votre chemin amis coureurs et triathlètes : ce produit est intéressant mais dans une utilisation bien précise. Couleurs blanc ou noir. 40g, 45€.

R2 Calf Sleeves

Voici donc le produit qui a fait le succès de la marque. Ils sont simple(issimes) et efficaces, très efficaces même. Ils peuvent être portés à la fois dans l’action pour limiter les vibrations inhérentes à la pratique de la course à pied, comme en récupération – ce qui entre nous me fait fortement douter qu’il puisse y avoir une compression faite pour l’effort et une pour l’après effort (marketing marketing…). Voir à ce titre et là encore plus bas dans l’interview la réponse du big boss de la marque. C’est intéressant.

Un peu difficile à enfiler si vous ne voulez pas tout arracher – jambes mouillées c’est l’enfer sur terre ! – ils sont néanmoins à mon avis la valeur sûre de la marque. Je les porte depuis longtemps mais je les réserve aux grosses épreuves et à la récupération. À pied, en trail running sur mes 4 UTMB, même si je ne les ai pas portés en continu, j’ai clairement vu la différence : mes muscles sont tenus, ma foulée reste pure, j’ai la sensation d’être plus efficace. En triathlon, sur Ironman ou 70.3, même chose : je les porte souvent à vélo mais je ne les garde pas toujours à pied. Il fait souvent trop chaud pour ça. Mais là une affaire de goût. C’est donc en fonction de mon humeur, de la météo et de ma forme du moment, que je décide de les porter ou pas. Quoi qu’il en soit, je pense que ce produit est un indispensable de tous les amateurs de sport d’endurance, petites ou longues distances. Je le redis : il est simple et efficace et représente la parfaite introduction à la compression pour celui qui n’y est pas habitué. Plus de 10 couleurs différentes, avec ou sans motifs. 40g, 21€.

Quad

C’est un peu le même produit mais pour les cuisses. Je l’ai toujours trouvé hyper utile en course mais je ne l’ai jamais porté en récupération. Pourtant, je suis sûr de son efficacité même si, dans ce domaine, je conseillerais plutôt les Full Leg (84€) qui sont plus complets et représentent l’avantage d’être un produit complet de la cheville aux hauts des cuisses. Relisez donc mon paragraphe sur les R2 Calf Sleeves et appliquez-le à ces Quad. Je ne m’étends pas. Juste deux choses. La première : attention à ne pas porter les Quad à vélo car les frottement à l’entre jambe dues à la selle pourraient sérieusement vous brûler. Le produit n’est tout simplement pas fait pour ça. La deuxième : je ne comprends pas trop la différence de prix entre une paire de Calf Sleeve à 21€ et une paire de Quad à…60€. Le produit est exactement le même et si nous avons bien sûr tous de plus grosses cuisses que de mollet, et qu’il faille donc plus de tissu pour fabriquer un Quad qu’un Calf Guard, je ne pense pas que le prix multiplié par 3 soit justifié. 50g, 60€.

TR3 Aero Top

Ce top produit est pour le moins original. Il est d’abord très aéré : sur le devant, dans le dos, sur les côtés, sans oublier la fermeture éclair poitrine et la texture des manches particulièrement légère. Tout cela en fait un produit d’été parfait pour s’entraîner ou repousser ses limites en course. Personnellement je n’hésiterai pas à le porter sur mon Ironman de Nice le 23 juillet prochain. La marque annonce une technologie révolutionnaire « on/off technology » sensé vous garder au frais en été et conserver la chaleur du corps quand la météo se rafraichit. Bon, pour être franc j’ai testé le produit sous de bonnes grosses chaleur italienne donc je ne peux pas m’exprimer sur ses capacités à lutter contre le froid…mais je ne vois pas trop comment ça peut fonctionner. A voir. N’hésitez pas à nous faire un retour ici-même si jamais vous l’avez vous testé. Sous le soleil, attention à mettre de la crème solaire en dessous car il ne vous protège évidemment pas aussi bien que s’il ne possédait pas toutes ces aérations. C’est juste logique mais on a quand même tous tendance à l’oublier.

Il est ensuite composé de 6 poches tout autour de la taille, plus qu’un vrai maillot de vélo et c’est là encore particulièrement bien vu. Il descend aussi bien bas sur les hanches et  l’intérieur est doté d’une fine couche de silicone qui colle à la peau sans vous gêner, frotter ou vous faire mal. Par contre, il ne s’agit pas de compression : la fibre est stretch certes, mais elle me semble bien trop légère pour avoir un vrai effet, comparé aux autres produits précités. Notez que la marque ne le vend pas comme un produit de compression. Cela dit, Compressport annonce un effet d’amélioration de la posture grâce à une techno en 3D. Mouais…même après 180 km de vélo en compétition sur distance Ironman (Challenge Venise le 11 juin dernier où je me suis arrêté après la partie vélo pour ne pas mettre en péril ma préparation pour l’Ironman de Nice), dont la plupart passés en position aéro sur mon vélo de contre-la-montre, je n’ai pas trop senti de différence avec un maillot de vélo classique.

La technologie annoncée sensée vous aider à vous tenir droit et conserver une position plus efficace reste vague. On ne sait pas vraiment ce que cela veut dire. Je ne dis pas que la volonté de créer un produit plus efficace que les autres n’est pas là, un produit qui vous aide, vous soutient, vous maintient. Mais je doute pour le moment de sa réelle efficacité dans l’action. Le TR3 Aero Top est très agréable à porter…mais c’est tout. Il ne pèse pas sur la digestion comme je le craignais. C’est un point positif important. 149g, 89€.

Conclusion

Compressport (Suisse) est une de ces trois ou quatres marques qui font les plus beaux produits de compression au monde à mon avis, avec 2XU (Autralie), Skins (Australie) et Fusion (Danemark). Les gammes sont très complètes chez Compressport, les designs sont très élégants, variés et les vêtements mettent généralement bien en valeur les corps. J’ajoute que le packaging est extrêmement soigné et que les athlètes sous contrat sont tous de beaux guerriers ou de belles amazones. Bref l’ensemble fait très envie et de ce côté là c’est une vraie réussite.

Pour ce qui est des produits d’origine de la marque, je veux parler des Calf Guard et des Quad, et maintenant des Arm sleeves, l’efficacité de leur compression n’est plus à démontrer, surtout en absorption des chocs et en récupération. J’encourage donc à essayer, tout en vous faisant conseiller dans vos achats, je le répète, par des spécialistes. Ce sont en effet des produits que tout coureur ou triathlète passionné se doit d’avoir essayé au moins une fois dans sa vie. Libre à lui de les adopter ou pas. Les sensations prodiguées ne conviennent en effet pas à tout le monde.

Pour les autres produits en revanche, c’est un peu moins clair et la frontière entre efficacité prouvée et pur annonce marketing est un peu difficile à vérifier. Et ça l’est d’autant plus quant la marque s’amuse à annoncer des choses difficilement crédibles, voire carrément démentes : une fibre qui fait des micromassages ? Une couche de silicone qui absorbe les chocs ? Une compression multi-graduelle ? Hum…

L’interview qui fait mal, 1ère partie.

Parce que j’aime néanmoins cette marque, j’ai décidé de donner la parole à ces responsables. Voici donc une première interview de Sylvain Laur, créateur de la marque. Elle est sans concession. Running Café, re-précisons-le, est bien un site d’information, et non pas de communication. La différence se doit d’être claire pour tous.

Running Café : Démarrons soft. Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre marque par rapport à vos concurrents ? Quand on ne connaît pas bien le domaine de la compression on peut avoir l’impression que tout n’est qu’une question de marketing mais que la technologie est finalement la même pour tous…

Sylvain Laur : La compression était déjà utilisée 700 ans avant Jésus Christ. C’est probablement l’une des médecines les plus anciennes. L’utilisation de la compression reste aujourd’hui la seule manière d’agir sur le retour veineux qui soit recommandée et supportée (prise en charge)  par le ministère de la santé dans les cas de problèmes veineux chroniques. Le mot compression a largement été utilisé dans tous les sens par les masters marques comme par les plus petites. C’est la rançon de la gloire ! Non, la compression n’est pas un effet marketing, elle fait aujourd’hui partie du quotidien de plus de 90 % des pros athlètes (pour l’effort, la récupération, le voyage).

Running Café : Quelle est la différence entre vos produits de compression à l’effort et vos produits de compression en récupération ?

Sylvain Laur : Les produits Compressport pour l’effort et la récupération sont deux philosophies différentes car ils correspondent à deux besoins totalement différents. Les produits Compressport portés pendant l’effort doivent absorber les chocs, apporter de la fraicheur, faire reculer la douleur et la fatigue, améliorer la posture du geste et donc optimiser sa justesse. Les produits portés pendant l’effort apportent une compression multi-graduelle appliquée spécifiquement sur les zones musculaires stratégiques.

Les matériaux utilisés sont pensés et choisis en fonction des conditions d’utilisation, les épaisseurs des fibres tiennent aussi compte de ces critères de course. Les produits Compressport pour la récupération doivent quant à eux, offrir des effets détoxifiants pour accélérer le processus. L’apport de confort dans nos produits est également indispensable pour offrir à l’athlète un produit qu’il va prendre plaisir à porter tous les jours, voir toute la journée. C’est en cela que le choix des fibres et de leur épaisseur est capital. Porter de la compression avant l’effort est, nous le savons, indispensable pour amplifier l’effet fraîcheur et jambes légères. D’ailleurs, un grand nombre de champions du monde portent nos produits la nuit avant la course.

Running Café : Quelle différence entre vos produits et ceux qu’on trouve désormais en supermarché pour des prix défiant toute concurrence ?

Sylvain Laur : Les supermarchés nous copient car nous sommes l’une des marques leaders sur le secteur du running. Ils arrivent à copier le look de nos produits mais pas notre savoir-faire, ni les propriétés de compression et les fibres. Nous réalisons des tests sur les produits copiés afin d’analyser leur niveau de performance. Aujourd’hui, un seul produit est arrivé à se rapprocher des nôtres en termes de performances physiologiques, toutefois, le produit pesait 2.5 fois plus lourd que le nôtre, perdant ainsi tout intérêt à l’effort. Le fan de la marque est un athlète de + de 30 ans faisant partie de catégories socioprofessionnelles supérieures, qui réalise des achats réfléchis. Il pratiques les sports d’endurance et d’ultra endurance et recherche la performance avant la marque. Acquérir un produit à 2.46 € dans un supermarché discount n’est pas dans son mode de fonctionnement. Nous avons vu quelques produits sur certains évènements mais rien d’inquiétant. Ceci dit, cela nous énerve beaucoup et travaillons sur notre défense.

Running Café : A quoi sert la récupération pour le haut corps ?

Sylvain Laur : Les seuls bénéfices que nous pourrions attribuer à la récupération pour le haut du corps seraient pour la natation, le handball ou les autres sports qui sollicitent fortement les bras. Nos shirts absorbent les oscillations musculaires, aident à la posture… mais rien de directement mesurable pour la récupération.

Running Café : Que répondez-vous à un triathlète/marathonien qui vous dit que cette compression du haut du corps gêne les mouvements, la digestion sur longue distance et parfois aussi la respiration ?

Sylvain Laur : Je lui réponds qu’il doit sûrement parler d’un autre produit que le nôtre… Avez-vous déjà essayé nos shirts ? Je vous propose, par exemple, de regarder le taux d’utilisateurs de nos shirts en Skimo qui, lors de la Pierra Menta d’hiver, ont totalement occupé les 20 premières places.

Running Café : Où en est la recherche médicale sur la question de la compression ? Je sais que les effets de la compression ont été validés par des études comme utile/efficace en récupération mais pas à l’effort, je me trompe ?

Sylvain Laur : Oui, nous avons réalisé des études scientifiques qui ont d’ailleurs été publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture. Ces études sont réalisées par notre équipe, dirigée par le Dr. A. Ménétrier, dans nos bureaux permanents à l’Université de Besançon, qui nous donnent d’ailleurs un accès direct à la plateforme EPSI (reconnue en Europe comme l’un des sites les plus aboutis et expérimentés dans le sport). Ces études nous permettent d’objectiver scientifiquement toutes nos découvertes. Absorption des chocs, oxygénation, retour veineux, système lymphatique, thermorégulation, poids… sont systématiquement contrôlés pour nous permettre de mesurer nos innovations et l’avancement de nos connaissances.

Running Café : Quels sont les retours positifs les plus courants que les gens vous donnent sur vos produits ?

Sylvain Laur : Le retour n°1 est assurément, la suppression de la douleur à l’effort. Pour la récupération des amateurs, c’est la Full Socks 3D avec son ressenti immédiat sur l’effet jambes légères. Pour les pros assurément, ce sont les Ful Legs et ceci pour les Triathlètes, Cyclistes, Traileurs, Rugbymen…

Running Café : Quels sont les retours négatifs les plus courants ?

Sylvain Laur : Ils concernent certains points de fragilité que nous avons, depuis, solutionnés dans nos produits les plus lights. Pour certains, la compression sur les cuisses peut être une gêne dans les phases d’ascensions notamment. Les nouveaux produits 2018 répondent à cette demande.

Running Café : Je voyage pas mal et je vous vois partout, aux USA mais aussi en Asie (Malaisie, Singapour, Philippines). Quelle est votre stratégie de développement ?

Sylvain Laur : Sur nos produits est inscrit «Wherever you race, we support you ». C’est cette passion pour les courses autour du monde qui nous motive à être distribué sur les 4 coins du globe avec la même passion. Tarawerra Ultra-Marathon, Marathon de Paris, UTMB… c’est pour cela que nous nous levons le matin, ce sont parmi nos plus belles fiertés. Nous allons continuer dans ce sens en aidant nos distributeurs dans de très gros pays mais aussi dans des pays microscopiques où le sport est synonyme de moyen de montrer son appartenance à la nouvelle génération (je pense a l’Iran par exemple).

Running Café : Est-ce que vous avez des propositions de rachat par des gros groupes, notamment asiatiques ?

Sylvain Laur : Nous venons de finaliser une levée de fond avec Calcium qui va nous aider à poursuivre notre histoire dans les meilleures conditions. La revente se fera certainement un jour mais pour l’instant, ce n’est vraiment pas notre motivation car nous imaginons vraiment n’être qu’à 10 % de nos espérances.

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1 Commentaire

  1. Sid

    Bonjour,
    Avez-vous déjà utilisé l’aéro top et le brutal short sur un tri. Vu la matière et le temps de séchage après lavage j’ai un doute sur la rapidité de séchage sur le vélo après la nat.
    Sportivement,

    Réponse

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