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Red Bull X-Alps : go hard or go home.

Texte par Gaël Couturier. Photos Red Bull.

De Salzbourg à Monaco, le principe de ce raid multisports est de traverser en parapente et en course à pied la chaîne des Alpes du Nord au Sud. Enfin, en course à pied…vu le dénivelé et la fatigue accumulée, c’est plutôt du bon gros trekking. Mais ça décoiffe. Départ le 2 juillet 2017.

En 14 ans de raid, le tracé sera de loin le plus long de l’histoire de la compétition avec 1 138 km à

parcourir (soit 100 km de plus qu’en 2015). Si le parcours constitue un colossal challenge avec la traversée de 7 pays européens (dont la Slovénie pour la première fois), le concept reste lui fort simple : franchir la ligne d’arrivée en premier. La 8e édition du Red Bull X-Alps mettra aux prises 32 athlètes, issus de 21 nationalités différentes. Parmi eux, 4 Français pour qui voler, courir et gagner sera le credo à suivre.

Créé en 2003, le Red Bull X-Alps fait référence dans l’univers des raids aventure. De 5h à 22h30, si les conditions de vent sont bonnes, les participants volent, mais dans le cas contraire, ils doivent « trekker », escalader, grimper, courir, et surtout ne pas perdre une minute, le tout en portant leur matériel. Aucune aide technique n’est autorisée, hormis un « supporter » dont chaque athlète bénéficie sur l’ensemble de la compétition. Ce dernier a la mission d’aider son partenaire d’un point de vue logistique et stratégique et lui apporter de quoi se sustenter ou se soigner.

Il n’est pas rare de voir les concurrents parcourir jusqu’à 100 km sur une seule journée. Les 32 athlètes sont retenus en fonction de leur endurance, de leur expérience en alpinisme, de leurs capacités de vol, de leur forme physique et de leur force mentale. Au delà de l’effort physique, la stratégie de course est en effet fondamentale. Les concurrents ont une liberté totale pour appréhender leur parcours, il est donc primordial pour eux de bien définir leur itinéraire et de gérer correctement leur alimentation, leur temps de récupération ou de sommeil.

Compte tenu du niveau d’exigence de la compétition, nombreux sont les participants à revenir d’une année sur l’autre comme le Français Antoine Girard, 4e en 2015, qui a récemment pulvérisé le record du vol le plus haut en parapente, à 8 000 m au-dessus du Broad Peak à la frontière entre la Chine et le Pakistan. On retrouve également 2 autres Français habitués de la course, Gaspard Petiot, 5e en 2015 et Nelson de Freyman qui a terminé 11e pour sa 1e participation en 2015. Cette année, plus d’un tiers de l’effectif est renouvelé. Parmi les petits nouveaux, on découvre un ultra-trailer et parapentiste français aguerri, Benoît Outters. Avec les Français sur la ligne de départ, l’Italien Aaron Durogati, le Belge Tom de Dorlodot et l’Autrichien Paul Guschlbauer sont de retour, au côté de celui qui a remporté 4 fois la compétition : le Suisse Christian ‘Chrigel’ Maurer.

Avec 1 138 km à vol d’oiseau (100 km de plus qu’en 2015), le parcours s’étend sur l’un des terrains les plus inhospitaliers des Alpes. Comme pour les éditions précédentes, la course débutera à Salzbourg, en Autriche. De là, les concurrents traverseront la ville à pied avant de monter rejoindre le 1er point de passage au sommet du Gaisberg. Ils entameront ensuite une section épuisante de 157 km, plein sud en passant par l’Autriche, jusqu’à la 2e étape à l’orée du Parc National du Triglav.

Le Triglav est le premier passage de l’histoire en Slovénie et c’est également le plus haut sommet du pays à 2 864 m d’altitude. Cette portion nécessitant des stratégies innovantes, elle pourrait créer l’écart entre les concurrents dès le début de la course. Puis cap au Nord-Ouest et la traversée des Alpes autrichiennes pour la seconde fois pour atteindre la 3e étape : Aschau Chiemsee. Les participants décideront alors de continuer à pied à l’Ouest ou de grimper pour s’élancer en parapente.

Le 4e point de passage obligatoire est situé dans le village autrichien de Lermoos, à l’ombre du Zugspitze qui culmine à près de 3000 m et relie l’Autriche à l’Allemagne. En poursuivant vers le Sud des Alpes jusqu’à l’Italie, les athlètes se retrouveront à l’étape n°5 du Mont Baldo, nichée au bord du lac de Garde.

L’étape n°6 est à 251 km à l’Ouest, au mont Cervin en Suisse. De ce fait, c’est la plus longue distance que les participants auront à parcourir entre 2 points. Cette région, en plus d’être celle d’un des plus hauts sommets d’Europe, est un point stratégique dans la course, dans la mesure où les athlètes attaquent le dernier quart de leur trajet.

Dans un dernier effort étalé sur 246 km, ils atteindront le 7e et ultime point de passage à Peille, dans le Sud-Est de la France. Et même si le chronomètre officiel s’arrêtera là, l’aventure ne sera pas tout à fait terminée car les finishers devront atterrir sur un carré flottant en plein cœur de la baie de Monaco pour un final spectaculaire.

Avec cet événement qui finalement ne touche pas grand monde – impossible pour le coureur à pied moyen d’y participer – Red Bull réussit quand même à nous faire rêver. Pas mal pour une entreprise qui vend des petites boissons sucrées pétillantes et énergisantes. Quoi qu’on en pense, il faut reconnaître à ses équipes et à ses managers instigateurs d’événements outdoor radicaux d’énormes qualités créatives. Red Bull est une de ces marques devenues ultra puissantes grâce à la qualité de ses produits de base mais également de son marketing à la fois sophistiqué et efficace, mais aussi sans faute. Red Bull ratisse large et nous fait rêver. J’aime. A quand une grosse épreuve de course à pied du genre mission impossible qui fout la trouille mais est ouverte à tous ?

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