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L’avis de passage du facteur m’excite toujours autant

Texte Laetitia Schuler. Photos Laurent Banban.

Même si je me casse ensuite le nez pendant 10 jours de suite au point relais où mon colis a été déposé. Ce paquet , finalement entre les mains, je me précipite dans la voiture. Je tremble, je sue, je l’ouvre d’une ardeur frénétique à faire peur, même en cette période d’Halloween. Mes enfants, à l’arrière de la voiture se font tout petits. Je crois qu’ils ont rarement vu leur mère dans cet état. Craaaaaaaft ! Non, ce n’est pas le nom d’un nouveau jeu de rôles à la mode ni le nom du personnage principal du dernier film adapté de Stephen King. Ce sont mes deux nouveaux amis suédois : une veste Brilliant 2.0 Hood Jacket woman à 120€ (200g) et un collant Mind Reflective Tights woman à 70€ (130g).

Craft est une de mes marques préférées. La faute à…Craft. Et personne d’autre. Mon premier test publié ici même peu avant l’été m’avait laissé telle une danseuse vaudou. Envoûtée. En transe. Complètement raide dingue – au dire de mes enfants. Voilà, je les rassure. Maman n’a pas craqué mes p’tits chéris. Maman est juste très, très, mais alors là très, très contente. Vite, à la maison.

Le grand déballage

A l’ouverture du carton et en prenant mes p’tites affaires suédoises dans les mains, le haut accroche tout de suite mon regard. C’est une veste à capuche, un coupe-vent orange vif. Orange Halloween ! La veste est parsemée par des points réfléchissants sur le long des manches et sur la capuche. Il y a aussi une bande réfléchissante tout le long du zip central, un panneau dorsal élastique pour épouser la forme du corps et offrir le moins de prise au vent possible, ainsi qu’un cordon de serrage à la taille. Je remarque immédiatement sa coupe relativement cintrée, son tissu doux et agréable au touché, le tout doublé d’ingénieux panneaux aérés sous les bras pour mieux évacuer la chaleur du corps. C’est une veste légère, haut de gamme, idéale par temps de pluie fine mais surtout quand le vent se lève car elle n’est pas imperméable mais seulement windstopper, ou « wind-repellent » comme le dit la marque. Elle est magnifique.

Un mot sur la marque peut-être, pour celles et ceux qui auraient oublié : Craft est une marque suédoise qui dessine et produit des vêtements pour les sports d’endurance depuis 1973. En se focalisant dès le départ sur les vêtements pour athlètes locaux de haut niveau en ski de fond et en ski alpin, la marque a développé de très impressionnantes capacités à gérer l’évacuation de la transpiration à l’effort en période hivernale. Dans les années 90, la marque qui se positionne toujours sur le haut de gamme, se lance à l’assaut du marché du running et du vélo.

Sur la veste toujours, il y a aussi deux poches zippées pour y mettre des petits accessoires de chaque côté. Au bout des manches, des passe-pouce pour garder les bras couverts et éviter que l’air ne s’engouffre. Au niveau de la nuque, je note la présence d’une cordelette avec un bouton à pression pour enrouler la capuche quand on ne l’utilise pas. Ceci est vraiment très bien pensé. Je ne suis pas étonnée. J’essaye la veste en taille S, alors que généralement je mets du M. Lors de mon 1er test Craft, vêtements été, le haut en M était un peu grand. On s’en rend compte sur les photos visibles sur le blog les filles. Cette fois-ci la taille est parfaite : la coupe cintrée et élastique s’adapte parfaitement à ma morphologie. Visuellement, je suis déjà conquise. « Tu en jettes, grave » comme dirait mon banban d’amour. Qu’est-ce que je l’aime lui. Pourtant c’est un voyou.

J’ouvre le second paquet. Le bas est un collant long de running, de couleur noire mais son tissu et également imprimé de tout petits carrés réfléchissants. Il y en a partout, devant, derrière, sur les côtés. Il est sublime ! Au touché, je remarque aussitôt l’élasticité et la douceur de la matière. Quelle légèreté ! Quelle souplesse ! Tu t’emportes là ma fille. Au dos, il y a une petite poche interne, où on peut facilement glisser une clé, un gel ou un mot doux de votre voyou à vous.

J’enfile ce bas. La taille S est là encore raccord avec mes attentes. La longueur est idéale. Vraiment c’est bien coupé. Le collant  (Brilliant 2.0 Thermal Tights, 70€) s’arrête juste au-dessus de la malléole, ce qui affine les chevilles…enfin je crois. « Les tiennes sont fines de toutes façons » me lance voyou. Mais quel baratineur. Une petite chose que je note tout de suite et qui me paraît bien utile pour un confort optimal : le collant se place harmonieusement sur les hanches. Trop souvent, les vêtements de sport montent trop haut le long des hanches et peuvent occasionner une gêne, une sensation désagréable pour la pratique du running. Là, c’est parfait. Vraiment, côté confort immédiat, je n’ai rien à dire. Et en plus, pour resserrer la taille, il y a un petit cordon de bonne qualité. Non, vraiment, ce facteur quand même, il me gâte. Avec cette petite tenue, moi j’ai comme envie d’aller courir un marathon !

Mes p’tites sorties à moi vous voyez

L’avantage de vivre dans le Var c’est qu’il fait beau plus longtemps que dans le Nord. L’inconvénient c’est qu’il a fallu patienter jusqu’à la mi-octobre pour avoir des températures plus fraiches à la nuit tombée, 26 degrés en journée, et pouvoir ENFIN tester dans des conditions acceptables cette petite tenue de rêve. C’est par temps sec et venteux, avec une température extérieure de 15 à 18 degrés que j’ai réalisé mes p’tites sorties. J’ai choisi un parcours de 10 km sur route, assez urbain, avec des zones hors-agglomération non éclairées, et aussi une partie en ville sous le feu des projecteurs. Lampadaires pardon. Je ne me contrôle plus.

Dès les premières foulées la sensation est agréable : ce « legging » est décidément bien confortable : il y a du maintien sans pour autant me comprimer les fesses. Il me laisse libre de mes mouvements. Allez, je me lance : j’ai même eu l’impression d’avoir la « taille mannequin », comme disent les parisiens. Je ne me laisse pas faire. Je choisis ensuite une séance de fractionné pour lui donner du fil à retordre à ce collant légèrement prétentieux. Non mais ! En accélérant, je rallonge la foulée et mes mouvements sont plus amples. Le collant, lui, ne bronche pas. Il m’accompagne sans jamais me gêner. Il aura ma peau ce suédois je vous le jure ! Je ralentis et vérifie : et non, ce coquin n’a pas bougé d’un pouce. Je suis bluffée. D’autant que malgré la température particulièrement clémente, je ne transpire pas plus qu’à l’accoutumé. Il évacue donc efficacement la transpiration. Je suis au sec.

Quant à la veste, encore elle, esthétiquement elle est vraiment très belle. Mais ce n’est pas tout. Sa technicité me saute aux yeux. Elle est incontestable. Sa coupe est ergonomique, légère, fine. Je plane. Malgré mes longs bras (c’est mon côté suédoise du sud, en brune donc), la taille des manches est parfaite. J’enclenche mes pouces dans les petits passe-pouces et je me moque du vent. Il ne s’engouffre pas. Le col de cette veste remonte également légèrement sous le menton. Je ferme le zip jusqu’en haut, pour voir. Aucune gêne, aucune sensation d’étranglement, d’étouffement. Quant à la capuche, elle est un accessoire intéressant : une fois sur la tête, elle reste bien en place, ne tombe pas en arrière sur la nuque, ne glisse pas sur le devant du front ou dans les yeux. Elle ne compresse pas non plus mes oreilles et je ne me lasse pas d’utiliser son élastique intégré pour me jouer du vent, encore une fois. C’est efficace. Le vent ne rentre pas. Bon, les filles, j’avoue un truc : c’est que je commence à transpirer moi avec mes fractionnés. 18 degrés quand même ; + 2-3 degrés quand mon voyou me zieute. Cela dit, grâce au tissu léger et au panneau de ventilation situé de chaque côté dessous les bras, la chaleur produite par mon corps de gazelle est évacuée immédiatement…et moi je suis, une fois de plus, resté bien sèche. Pour ces séances de jour, je me suis sentie bien protégée et absolument pas gênée. Une fois à la maison, je fais mes étirements, toute habillée. Je n’ai pas froid. La veste n’est pas mouillée dans le dos, ni ailleurs. Je suis bien. Quant au collant ? Il est totalement sec.

J’ajoute que j’ai aussi testé la veste à vélo sur deux ou trois sorties. D’abord, je n’ai pas eu froid. Vous me direz, les températures du sud ne prouvent rien. Pas faux. Bon, un autre point alors : j’ai loué le côté compactable de l’ensemble. La veste est légère et se range facilement dans un sac à dos d’hydratation ou bien dans l’une des poches arrières d’un beau maillot de vélo.

Strass et paillettes

L’ensemble de la tenue, haut et bas, est donc imprimé de petites particules réfléchissantes, ce qui la rend particulièrement visible la nuit. Pour en tester la fiabilité, je me risque à quelques km le long d’une route non éclairée hors agglomération. Lara Croft c’est moi. Testeuse, ou pas les filles ! No choice. Immédiatement la sanction tombe : la petite joggeuse terrée dans le noir se transforme en sapin de noël ambulant à chaque fois qu’une voiture croise sa route. La lumière de ces véhicules me fait scintiller. Jingle Bells avant l’heure. Mes jambes s’illuminent. Encore des voitures, encore ! La classe à Toulon franchement.

Sur la veste, le choix de l’emplacement des points lumineux est également très judicieux : manches, capuche et le long du zip central, de bas en haut. Si le conducteur ne vous voit pas, c’est qu’il ne regarde pas la route. Je me sens vraiment bien en sécurité. Et ne n’est pas négligeable, pas négociable comme dirait encore mon voyou, surtout quand les jours sont si courts en hiver.

Conclusion

Ma petite tenue suédoise a pour le moins prouvé son efficacité. Mais plus encore, elle m’a totalement séduite par sa coupe, ses matières et son design pour courir la nuit. Décidément Craft vise juste. C’est du haut de gamme et ça ne ment pas. Voici pour moi deux de mes indispensables de cet hiver. Vous feriez bien de faire comme moi. A essayer en magasin avant toutefois, à cause des tailles qui, d’une marque à l’autre ou d’un produit à l’autre au sein d’une même marque sont parfois peu fiables.

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