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Le MDS comme si vous y étiez !

Par Gaël Couturier, photos Cimbaly & Alexis Berg.

Le Marathon Des Sables se déroule en ce moment. C’est sans conteste une des courses les plus magiques au monde. Pour y avoir participé 5 fois (et terminé 5 fois) je peux en témoigner. Le Sahara est un endroit fascinant, un des plus chauds aussi, et l’organisation mise en place par Patrick Bauer depuis plus de 30 ans est une des plus importantes et efficaces au monde, sinon la plus importante et la plus efficace. Chaque année, les participants y vivent des moments incroyables. Le temps s’arrête dans le Sahara. Voici pourquoi. Petit retour sur les premières étapes de l’événement.

Après deux étapes, la première de 30,3 km et la seconde de 39 km, l’étape d’hier mardi ne faisait que 31,6 km, et à l’heure où j’écris ces quelques lignes, certains concurrents sont encore en course sur la « grosse » ou « grande » étape du jour qui s’étend sur 86,2 km et qu’il faut parcourir en moins de 35h. Vendredi il faudra faire 42,2 km et, enfin, samedi seulement 7,7 km.

L’étape d’hier était considérée comme une étape difficile, avec une succession de passes sablonneuses, de crêtes, d’ascensions, et le djebel El Otfal à gravir. Chaque année, le MDS propose quelques belles ascensions et des passages montagneux qui marquent les esprits des concurrents. Au fur et à mesure que la trace s’élève, l’horizon se dégage, offrant aux yeux des contemplatifs des vues à couper le souffle, même si, pour beaucoup, il est déjà coupé par le simple fait de monter des pentes parfois impressionnantes sous une chaleur étouffante avec des kilos sur le dos et sur un sol instable.

Sur cette troisième étape donc, quatre ascensions étaient au programme, ainsi que deux superbes crêtes et des passages techniques. Et comme la veille, où il fallait le descendre, le point d’orgue du jour n’était autre que ce djebel El Otfal. Si hier les concurrents descendaient sa face sablonneuse au plus court en pleine pente, certains dévalant même à toute allure, hier c’était donc une ascension de cette même face, mais en deux temps. Il faut dire que ce djebel donne l’impression de se trouver face à un gigantesque mur de sable insurmontable qui vous domine.

Le MDS, je le rappelle, n’a rien d’une épreuve facile, d’autant que les concurrents sont éloignés de leurs proches une dizaine de jours. Les gestes symboliques devant la webcam sur la ligne d’arrivée témoignent de cette sensation d’isolement. Heureusement, de nombreux dispositifs permettent aux concurrents de communiquer avec leur famille et leurs amis – pour ceux qui le veulent bien sûr, car cet isolement, c’est justement ce que certains cherchent en venant ici. Chaque soir, les concurrents peuvent envoyer un e-mail par l’intermédiaire d’une interface spéciale ; dans le sens inverse, ces mêmes proches peuvent envoyer autant d’emails qu’ils le souhaitent à un concurrent, messages qui lui seront remis directement le soir, sur le bivouac, sur papier. Ainsi lundi soir, le Mexicain David Liano Gonzales a, par exemple, reçu près d’une centaine de messages à la suite de la publication de son portrait sur le site web de la course. Recevoir des messages de ses proches, c’est génial, encore faut-il en avoir ! Le Japonais Ken Ito ironisait à ce sujet : « Chez moi, j’ai uniquement des chiens, alors je ne reçois pas d’e-mails ! ».

Parcours exigent sur le Marathon des sables
Quel est l’âge des coureurs ? Si l’âge moyen du Marathonien des Sables est de 44 ans, l’écart dans le peloton est énorme : de 16 à 80 ans ! Dans quelle tranche d’âge êtes-vous ? Pouvez-vous participer au Marathon Des Sables ? De 15 à 20 ans : 1 hommes, 2 femmes. % du total : 0,25% De 20 à 25 ans : 21 hommes, 8 femmes. % du total : 2,38 % De 25 à 30 ans : 73 hommes, 14 femmes. % du total : 7,15 % De 30 à 35 ans : 98 hommes, 33 femmes. % du total : 10,77 % De 35 à 40 ans : 142 hommes, 39 femmes. % du total : 14,88 % De 40 à 45 ans : 190 hommes, 36 femmes. % du total : 18,59 % De 45 à 50 ans : 201 hommes, 50 femmes. % du total : 20,64 % De 50 à 55 ans : 117 hommes, 38 femmes. % du total : 12,75 % De 55 à 60 ans : 76 hommes, 10 femmes. % du total : 7,07 % De 60 à 65 ans : 33 hommes, 7 femmes. % du total : 3,29 % De 65 à 70 ans : 12 hommes, 3 femmes. % du total : 1,23 % De 70 à 75 ans : 6 hommes, 2 femmes. % du total : 0,66 % De 75 à 80 ans : 3 hommes, pas de femmes. % du total : 0,25 % De 80 à 85 ans : 1 homme, pas de femmes. % du total : 0,08 %

Les plus jeunes sont Oscar Daglish, 16 ans et du Royaume-Unis. Il participe avec son père, déjà 3 fois finishers. Il y a aussi Emily Rolfe, également 16 ans et du Royaume-Unis. Elle est là aussi avec son père, une fois finisher. Quand aux plus âgés, il y a Claude Léonardi, un français de 80 ans qui compte déjà 4 participations avec ses deux fils mais aussi son petit fils ! Il y a aussi Edda Hanna Bauer, une Allemande de 72 ans qui a fait son premier marathon à 60 ans et son premier ultra à 67. Depuis, elle ne tient pas en place : 26 marathons et 63 ultra. Respect madame. On peut aussi noter la présence du jeune francais Romain Chevillard, 11 ans, atteint d’Ataxie Télangiectasie, une maladie génétique entraînant une démarche instable et un déficit immunitaire. Romain est transporté durant le MDS sur une goélette (un siège équipé d’une roue), porté par l’équipe Air France.

Chez les élites, à la veille de l’étape du jour, une nouvelle fois le marocain Rachid El Morabity suit une stratégie payante : partir relativement doucement, puis accélérer en deuxième partie d’étape. Il a ainsi laissé une grosse demi-douzaine de concurrents lui prendre jusqu’à deux minutes d’avance dans les 10 premiers kilomètres, et termine pourtant avec plus d’une minute d’avance sur son frère cadet Mohamed : « Je forme mon frère pour lui passer le relais dans 4 ou 5 ans ».

Chez les femmes, c’est toujours la suédoise Elisabeth Barnes, qui est en tête. « Je sentais la présence de Nathalie Mauclair derrière moi, ce qui m’a obligée à conserver un gros rythme. L’étape de demain (aujourd’hui donc !) sera décisive. » Une trainée de sang séché s’étale sous son genou. « Je suis tombée, mais rien de grave ! » Nathalie Mauclair : « Mes sensations sont excellentes. Elisabeth a pris l’avantage, mais je me sens très bien ». Quant à la belle brésilienne Fernanda Maciel visiblement elle souffre : « J’ai manqué d’eau » dit-elle. Affaire à suivre.

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