Sélectionner une page

Quand l’Ironman de Malaisie pourrait inspirer nos politiques français.

Texte par Gaël Couturier, photos Ironman et Gaël Couturier.
L’ironman de Malaisie, situé sur l’île de Langkawi à la frontière thaïlandaise est une de nos courses coup de cœur, et nous vous en parlions ici même il y a quelques semaines dans la rubrique « voyages au bout de la nuit » et notre article http://runningcafe.enduranceshop.com/mourra-mourra-pas/. Après de longs mois d’attente, l’annonce est officielle : la course va finalement bel et bien avoir lieu en novembre prochain. Youpi ! La raison de ces atermoiements asiatiques n’est pas sans rappeler ce qui se trame dans notre petite république. Petite leçon de sens civique. Où quand l’intérêt général a bien failli passer à la trappe.
Natation Ironman de Malaisie
Course Ironman de Malaisie

Menacée d’extinction par un gouvernement local peu motivé à accepter les conditions financières de la société Ironman, la course va donc bel et bien avoir lieu à l’automne, le 11 novembre 2017. Pour la première fois dans l’histoire de la Malaisie les participants se verront offrir un triathlon Ironman et un triathlon Ironman 70.3, c’est à dire une distance divisée par deux. Pour rappel, un triathlon Ironman complet demande d’enchaîner 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied en moins de 17h. La natation seule étant à réaliser en 2h20’ maximum et le vélo en 10h30’ maximum après le départ de la natation. Pour une course de 70.3, tout est donc divisé par deux, les distances comme les temps limites.

Alors que la population de l’île de Langkawi était majoritairement supportrice de l’événement, alors que certains jeunes locaux avaient même fait passer des tracts aux participants et à leurs familles appelant à la multiplication des signatures de soutien, tandis, également, que le taux de satisfaction des athlètes internationaux qui viennent du monde entier et toujours plus nombreux pour l’une des plus belles courses du calendrier Ironman (http://www.ironman.com/) était également des plus hauts, c’est l’absence d’un accord entre le gouvernement local et les dirigeants de l’Ironman qui aurait pendant longtemps gravement plombé l’ambiance.

Passage de relais Course Cyclisme Ironman de Malaisie
Cyclisme Ironman de Malaisie
Cyclisme Ironman de Malaisie
Course Ironman de Malaisie

Pour organiser un tel événement, la société Ironman, qui en reste propriétaire – c’est important de le noter car Ironman fonctionne aussi parfois licence à travers le monde et notamment dans cette zone Asie – demande logiquement un soutien financier à ses partenaires, les sponsors, bien entendu, mais également les gouvernements locaux. Les prochaines élections générales en Malaisie qui auront normalement lieu en 2018 pourraient expliquer ces désaccords tant, dans ce type de pays aussi – et oui il n’y a pas que la France ! – il n’est malheureusement pas rare d’avoir quelques politiciens qui préfèrent utiliser l’argent public à des fins d’élections ou de réélections.

Il faut pourtant savoir qu’une telle course Ironman amène une entrée de devises importantes dans ce pays de 30 millions d’habitants indépendante du protectorat du Royaume-Unis depuis 1957 et plus particulièrement dans cette magnifique petite île de Langkawi pour qui le tourisme représente un revenu très important. D’après le site du ministère des affaires étrangères français, le secteur tertiaire de la Malaisie emploierait ainsi la majorité des Malaisiens (plus de 60%) et représenterait près de la moitié du PIB grâce, notamment, au secteur du tourisme.

Aujourd’hui l’événement qui dure 4 à 5 jours, si on compte le salon précédent la course, permet aussi d’offrir du travail à la population locale, sur un temps court bien sûr, mais également sur un temps beaucoup plus long pour les salariés à temps plein d’Ironman dont le siège Asie du Sud-Est est basé à Singapour et qui possède encore un bureau à Kuala Lumpur, la capitale Malaisienne.

Toute cette histoire se termine donc bien pour tous, participants, politiciens et population locale mais aussi société Ironman dont les bénéfices sur une telle course sont conséquents : ils sont financiers bien sûr mais aussi liés à l’image : Langkawi est un vrai petit paradis et sa course n’est que le troisième Ironman de cette immense zone asiatique ou les Ironman 70.3 (Half-Ironman) pullulent, après celui de Gurye en Corée du Sud (10 septembre) et celui de Taiwan à Penghu (1er octobre). C’est aussi de bonne augure pour le développement de ces courses d’endurance en Asie, triathlons comme marathons, notamment à Singapour, et dont le label Ironman est le fer de lance : la qualité de ses organisations faisant référence à travers le monde et se trouvant trop rarement égalée, même chez nous dans l’hexagone.

Rafraichissement Ironman de Malaisie
Course Ironman de Malaisie
Course Ironman de Malaisie
Paysage magnifique Ironman de Malaisie
Ce que l’on peut donc également retenir de cette histoire qui n’est malheureusement pas sans nous rappeler ce qui se passe en France à la veille de notre belle élection présidentielle qui sent si bon la liberté, l’égalité et la fraternité, c’est que notre démocratie n’a pas de leçon de comportement politique ni de sens civique à donner aux nations émergentes qu’elle pourrait être tentée de regarder de haut. Comme quoi Fillon, Macron et les autres feraient bien de faire du triathlon Ironman. C’est dit !

Dans la même rubrique

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Share This