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Funisher, la marque qui fait cou-rire !

Photos Funisher.

C’est Flavien Bascoul, 30 ans, pratiquant la course à pied depuis quelques années, sur des distances allant du 10 km à l’ultra-trail, qui est à l’origine de Funisher, une marque de t-shirts née il y a 2 ans. Le concept ? Des slogans en autodérision liés aux petites particularités de la course à pied sur un textile respirant et ‘’fit’’. En plus d’aimer le fluo, Flavien se balade sur toutes ses courses avec un short de bain et une casquette avec un chat. Interview barrée par François-Xavier Gaudas. Infos : Funisher-running.com

Running Café : Ta marque, c’est un délire de potes ou bien une vraie boîte qui te fait vivre ?

Flavien Bascoul : C’est un peu les deux : une part de fun pour le plaisir et une part de rigueur parce que j’y investis pas mal de temps et il faut bien le rentabiliser un minimum. L’idée m’est venue depuis certaines pages et certains groupes Facebook anglo-saxons où j’ai découvert une culture de l’humour et de l’autodérision beaucoup plus développée que dans le milieu du running francophone. L’idée avec Funisher c’est d’importer un peu de cet état d’esprit cool et sans prise de tête parce qu’il me semble qu’il correspond à la plupart d’entre nous. Je ne crois pas au stéréotype du runner monomaniaque et psychorigide. En tout cas, quand je regarde autour de moi au départ ou à l’arrivée d’une course, ce n’est pas ce que je vois. Je vois des embrassades, des sourires, des bandes de potes…

Running Café : Aux USA, le pays roi pour le t-shirt, y’a des mecs qui créent des marques et qui font beaucoup d’argent avec. Tu crois que c’est possible en France ou en Europe ? Tu as des exemples ?

Flavien Bascoul : Sur le créneau des t-shirts à slogan humoristiques on trouve effectivement de super marques américaines comme Look Human qui ont l’air de belles success stories. Ce n’est pas du tout l’ambition de Funisher mais il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas faire la même chose en France. On pourrait imaginer, par exemple, une marque très drôle avec un immense catalogue adapté à tous les sports. Mais c’est un travail d’équipe qui mobiliserait, au delà de l’aspect créatif, de nombreuses compétences managériales avec des spécialistes de l’optimisation logistique et du marketing numérique.

Running Café : Quel est le concept de ta marque ? Tes guêtres fluos et ta ligne Bob l’éponge c’est un gros délire quand même !

Flavien Bascoul: Les guêtres de trail et les maillots franchisés avec des personnages de cartoon ne sont pas mes créations mais de petites marques britanniques et américaines que j’aime bien et que j’ai décidé de distribuer car elles étaient introuvables en France. J’ai créé Funisher pour les passionnés de course à pied, le but étant que chaque coureur puisse y retrouver un slogan représentatif de sa petite philosophie du running. Que l’on court pour la bière ou que l’on soit accro aux statistiques de sa Garmin, on est tous des humains avec nos joies et nos défauts et pas des machines de course comme le suggèrent d’autres codes vestimentaires. Funisher est une collection colorée et populaire mais je prépare une nouvelle marque, Endorphin Junkie, plus jeune et plus ‘’trendy’’.

Running Café : Quelles sont les marques de running qui ne t’intéressent pas du tout, mais alors pas du tout ? Pourquoi ?

Flavien Bascoul : Aucune. Il peut arriver que je n’aime pas certaines collections ou certaines campagnes publicitaires parce qu’elles sont trop « genrées » ou trop stéréotypées. Mais on trouve de belles choses chez toutes les enseignes. Pour en revenir à ce qui me gène : je peux reprocher à certaines marques d’avoir du mal à se détacher du seul argumentaire de la performance. Quand je vois qu’elles font des imprimés en nid d’abeille juste pour donner l’impression que c’est plus ‘’technique’’ ou que je lis sur l’étiquette qu’il y a 36 brevets déposés dans 75 grammes de tissu, je me dis qu’ils abusent un peu…

Running Café : Quelles sont les marques de running d’aujourd’hui que tu trouves au contraire avant-gardistes, performantes, précieuses ? Pourquoi ?

Flavien Bascoul : Je trouve que les fringues de running s’en sortent beaucoup mieux que les vêtements classiques qui sont très standardisés. Elles ont fait beaucoup de progrès ces dernières années avec des dessins très esthétiques, des coupes et des tissus innovants. Aujourd’hui, on trouve des trucs hyper stylés chez Go Sport/Athli-Tech  ou Décathlon/Kalenji. Autant pour les chaussures que le textile, il est presque plus facile de tomber sur un coup de cœur dans un magasin de sport que dans une boutique de ville !

Running Café : Quels sont les athlètes qui t’inspirent, tous sports confondus ?

Flavien Bascoul : Cet hiver j’ai été ultra admiratif de l’attitude du skipper britannique Alex Thomson sur le Vendée Globe. Alors qu’il dominait la course, il a cassé un aileron qui est une pièce très importante pour la vitesse, moins de deux semaines après le départ. Il lui restait 80% du parcours à effectuer et son rêve de victoire s’est envolé. Il aurait pu laisser la frustration l’envahir et devenir complètement aigri dans son bateau. Mais il a fait de la méditation et s’est focalisé sur des pensées positives. Il a tourné des vidéos magnifiques jusqu’au jour où il est arrivé aux Sables-d’Olonne en seconde position, le sourire jusqu’aux oreilles et heureux comme un enfant. Son talent n’a d’égal que son humour et son humilité.

Running Café : Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui les magasins de running de proposer des marques et des produits différents plutôt que de proposer toujours les mêmes Asics, Mizuno, Adidas…

Flavien Bascoul : C’est une bonne question et je n’ai pas la réponse. Je ne suis pas spécialiste des réseaux de distribution mais j’imagine que les boutiques ne veulent pas prendre trop de risques à rentrer en rayon des labels que les gens ne connaissent pas. C’est un système qui profite à ceux qui ont les plus gros budgets publicitaires. Mais c’est certainement aussi la faute des petites marques qui manquent d’audace et de confiance en elles.

Running Café : Si tu devais inventer une chaussure de running, elle serait comment ?

Flavien Bascoul : J’ai justement un prototype en cours de préparation. Une paire de running carrément innovante puisqu’elle récupère et transforme l’énergie de la course pour faire tourner une micro-usine de pains aux chocolats dissimulée à l’intérieur de la languette. Les nanomatériaux constitutifs de la semelle ont été directement façonnés d’après le séquençage génétique de Kilian Jornet et une connexion bluetooth avec son smartphone permet de forcer sa fréquence de course sur n’importe quel morceau de Maître Gim’s. Le talon décapsuleur, le distributeur de NOK intégré et le radar à marmottes seront disponibles sur une édition limitée Yohann Métay qui ne pèsera que 512g.

Running Café : Tu seras où et tu feras quoi dans 10 ans ? Et dans 20 ans ?

Flavien Bascoul : Dans 10 ans je serai sur les marches de la place des grands hommes, en haut de la rue Souflot. J’y ai rendez-vous avec Patrick et une bande de potes. Dans 20 ans, comme je le redoute, je serai devenu chanteur pour femmes finissantes à Knocke-le-Zoute. Ou bien serai-je à Macao, gouverneur de tripot, cerclé de femmes languissantes ? J’en sais trop rien en fait… Paraît-il qu’il faut vivre au jour le jour comme si l’on allait mourir demain, tout en faisant des projets comme si l’on avait la vie devant soi. Mais j’ai un peu zappé cette deuxième partie…

Running Café : Quelles sont les courses que tu n’as pas encore faites et auxquelles tu aimerais participer ?

Flavien Bascoul : J’ai la chance d’adorer toutes les courses, tous les formats et toutes les distances. Et nous vivons une époque trépidante puisqu’on en trouve partout et tout le temps ! En 2016, je me suis éclaté (dans le bon sens du terme) à courir le Grand Slam des quatre courses de 100 miles de Centurion en Angleterre. J’aimerais continuer à courir des ultras, le plus possible avec des amis. Le Grand Raid de la Réunion, la Ronda del Cims en Andorre etc… Enfin, de l’autre côté du spectre des événements running, j’aimerais beaucoup voir le concept des parkruns, ces courses gratuites de 5 km les samedi matins, se développer en France.

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