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Un des plus doués de sa génération

Interview par Gaël Couturier, Photos ©Germain Grangier &  ©Raveneye Photography (raveneyephotography.com).
Germain Grangier, est un type épatant. A peine vainqueur de la 6000D le week-end dernier, le jeune isérois un brin intello sur les bords vient de s’envoler aux USA, dans le Colorado, pour la Transrockies, onzième du nom, une course en étape sur 6 jours qui relie Buena Vista à Beaver Creek (transrockies-run.com) et où il formera une équipe mixte avec sa copine Katie Schide, une athlète américaine qui en plein doctorat à l’ETH Zurich (Swiss Federal Institute of Technology). Nous avons « chopé » ce garçon qui a la bougeotte peu avant que la course ne démarre et c’est un peu parti en vrille. Pas trop. Juste un peu.

Running Café : Germain, tu as 27 ans, tu viens de gagner la 6000D, tu fais des vidéo bien rigolotes sur Facebook dont voici deux extraits :

Une parodie de Seb Montaz et Kilian Jornet
Un épisode de la série #ACOUSTICAR : une chanson repris en mode acoustique dans une voiture

Cela dit, on ne te connait pas pour autant très bien. On a l’impression que tu n’es pas qu’un simple mec qui court à haut niveau. Est-ce que tu peux nous décrire un peu ton parcours : études, job, « carrière » de sportif.

Germain Grangier : Hello ! Alors je suis né aux Deux Alpes où j’ai commencé à skier avant de marcher ! Ensuite mes parents ont migré vers la Côte d’Azur du coup, j’ai basculé sur du VTT puis du vélo de route jusqu’à finir en sport études vélo à Nice et en DN1 à Aix en Provence. En parallèle, je continuais toujours à skier pour le plaisir et à pratiquer les sports de montagne que j’avais l’habitude de faire. C’est à la suite d’une blessure que je délaisse le vélo qui matchait également plus trop avec mes envies du moment. J’avais envie de retourner en Isère pour continuer mes études proches de la montagne. C’est donc après une licence de Physique à Nice que je me lance dans un cursus d’ingénieur en Géologie/risques naturels à Polytech Grenoble. Je me remets à l’escalade puis surtout au Trail pendant l’obtention de mon diplôme. C’est l’occasion d’allier l’utile à l’agréable car j’étudie les terrains sur lesquels je cours autant en hiver qu’en été, et courir conscient, retracer l’historique des paysages montagneux ça me plait ! A la fin de mon diplôme, je me consacre de plus en plus à Inov-8 en France, c’est une marque qui me passionne de par ses valeurs, sa ligne de démarcation, une marque qui a de l’expérience en trail, capable de répondre sur tous les terrains et proche des éléments. Une fois de plus ça matche avec mon chemin et mon goût pour le sport au naturel, sans artifices !

Running Café : Est-ce que cette victoire sur la 6000D est un pied dans le monde de l’ultra où tu vas peu à peu venir te spécialiser  – tu étais trop jeune avant – ou bien pas du tout ?

Germain Grangier : Oui, c’est clairement un pas dans l’ultra. J’ai envie de tout essayer, du long, du court, du technique, du raide, du roulant, pour tenter d’être meilleur un peu partout car j’aime tous les aspects de ce sport. J’aimerais donc être polyvalent et varier les plaisirs. Pour ce qui est de l’ultra, je n’ai aucun repère. Je sais juste que j’aime bien partir à l’aventure en montagne et c’est dans ces longues journées que je m’amuse le plus. Est-ce que ce sera le même cas en course, pour l’instant, je n’en sais rien, mais c’est pour ça que cela me rend curieux !

Running Café : Ce qui est intéressant chez toi c’est l’apparente décontraction avec laquelle tu fais les choses. D’où est-ce que ça te vient et quel est ta philosophie de vie en général ?

Germain Grangier : Ma philosophie de vie est vraiment de faire les choses avec passion, de l’envie et sans se prendre au sérieux. C’est comme ça que j’éprouve beaucoup de plaisir, du fun ! La décontraction en découle naturellement. Ça veut pas dire qu’on ne travaille pas, mais on travaille juste avec le sourire. J’ai eu beaucoup de mal dans mes études avec cela car je travaillais avec le sourire et beaucoup de mes profs ne concevaient pas cela. Il fallait être frustré et sérieux pour être « un bon élève ». Sans humour, sans déconne, je suis clairement contreproductif, disons que ça fait partie de moi.

Running Café : Ton « pote » Julien Joro, qui est-il ? C’est ton vis-à-vis ou bien vous êtes un peu différents (job, personnalité, carrière sportive…)

Germain Grangier : Julien c’est le mec un peu collant qui a la fin te fait pitié et ça devient ton pote… Je plaisante. C’est vraiment mon alter ego, quand l’un de nous pense à un truc, l’autre y avait déjà pensé 2 secondes avant. De là part un vrai feeling, c’est du pur plaisir. Avec Julien, je peux rigoler, courir, jouer de la musique, avoir des conversations sérieuses ou bien tout à la fois…et là c’est un sacré bordel, du coup en résultent nos conneries sur les réseaux sociaux. Il bosse dans un cabinet d’urbanisme, il s’entraine le matin très tôt et le soir tard comme Mr Tout le Monde, je l’admire pour ça car en plus il a sa fille à gérer avec sa femme ! Il a des journées de 26h.

Running Café : Qu’est-ce qui te plait dans ton job d’aujourd’hui ? Tu es à plein temps ? Tu sembles beaucoup bouger…

Germain Grangier : Ce qui me plait ?! C’est que je suis tout simplement passionné par ce que je fais. Certes je fais ma valise tous les 3 jours avec les évènements, les courses… et il faut faire attention à bien récupérer mentalement et physiquement car c’est énormément de travail de l’ombre assez usant finalement. Ce n’est pas évident d’allier l’aspect coureur et l’aspect management, communication. Lorsque je pars courir après avoir travaillé, j’ai des flux d’idées qui me traversent l’esprit, ça n’arrête pas ! Je dois m’arrêter pour tout noter ! Je me déplace beaucoup et je rencontre énormément de gens, il y a de l’échange, et un côté humain qui me plait.

Running Café : Revenons un instant sur la 6000D. Est-ce que tu as souffert ? Qu’est-ce qui a été le plus dur à gérer ? Et le point le plus agréable de cette course c’est quoi ?

Germain Grangier : Sur la 6000D, le plus dur à gérer a été de comprendre le nom de la course car il y a 3500m de D+ donc ça fait 7000D normalement. C’est un problème mathématique que je n’ai toujours pas résolu. Je l’ai bien sous-traité à une partie de mon cerveau. Bon, sinon le point le plus agréable de la course, surement le point de vue !

Running Café : Tu sembles à l’aise sur les réseaux sociaux. Tout le monde veut aujourd’hui être performant sur ces plateformes et se faire remarquer mais rares sont celles et ceux qui communiquent correctement.  Dans ce secteur d’activité du running et de l’outdoor, qu’est-ce qui te semble indispensable à faire en terme de réseaux sociaux pour être remarqué et suivi quand on est un athlète ou une marque ?

Germain Grangier : En fait, sur les réseaux sociaux moi je suis exactement comme dans la vraie vie, rien n’est forcé, je me marre. Je pense que mes potes peuvent témoigner sur l’aspect authentique. Ce qui est indispensable ? Faire les choses naturellement et suivre sa ligne de conduite. Parce que si c’est forcé, ça se voit et ça sonne faux.

Running Café : On aimerait bien t’avoir plus régulièrement sur Running Café, notamment publier tes vidéos. Tu serais d’accord ? On pourrait faire de toi une star attention !

Germain Grangier : Yes sans soucis, si Running Café sait faire du bon café comme grand-mère, ça me va ! J’aime bien le café alors ne me vendez pas de la daube !

Running Café : Quel conseil tu donnerais à un jeune qui a envie de vivre une vie comme la tienne, faite d’aventures de course à pied tout en travaillant dans ce secteur d’activité ?

Germain Grangier : D’avoir du feeling et de la créativité. Je pense qu’à l’heure d’internet ça résume bien !

Running Café : Tes prochains projets pro, sportifs et perso, quels sont-ils ?

Germain Grangier : Je suis actuellement aux Etats-Unis pour courir la Transrockies avec ma copine Katie Schide, une course à deux sur 6 jours qui traverse les rocky mountains. Ensuite ça sera la CCC autour du Mont-Blanc. En parallèle, on travaille pour développer Inov-8 en France et notre réseau de revendeurs, mais ça c’est du travail quotidien. On a commencé à distribuer la marque fin 2015 et on est en progression, la marque plait par son coté décalé et l’aspect biomécanique ôté de tout marketing superflu. To be continued !

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