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Le Marsupilami est de retour !

Par Alessandra Rampazzo. Photo Gaël Couturier.

274g (H) et 223g (F). Hauteur talon de 37,5 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 28,4 mm et drop de 9,1 mm pour les hommes. Hauteur talon de 33 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 25,7 mm et drop de 7.3 mm pour les femmes. 130€.

La toute nouvelle Clifton s’adresse aux coureurs à foulée neutre. C’est un savant mélange d’amorti et de dynamisme qui lui permet de jouer enfin dans la cour des grands de la route et d’attaquer fièrement le marché des chaussures qui vont plus vite que les autres. Plus légère, plus dynamique, voici une de nos révélations préférées de ce début d’automne.

La tige

Autant le dire tout de suite : la Clifton 4 bénéficie d’une tige entièrement repensée, de son mesh, aux bandes de maintien latérales, en passant par la disposition des réflecteurs pour vous faire voir la nuit et autres petites protections plastiques bien pensées et tout autour du pied.

Commençons donc par dire que ce mesh est bien aéré, enfin, suffisamment disons. Il ne peut bien entendu pas être comparé à une chaussure purement estivale comme la New Balance Fresh Foam Zante V3 version Breathe que nous avons vu début août par exemple, ou encore la dernière Adidas Adizero Boston que nous sommes justement en train de tester ces jours-ci. Pourtant, nous l’avons vu il y a quelques semaines à Hawaii lors de l’Ironman World Championship, sous des températures très élevées et avec un très fort taux d’humidité. Signe que la chaussure est néanmoins bien respirante et offre d’autres belles qualités, dans la semelle notamment (vous vous en doutiez avouez !).

Ce mesh, je reste un moment sur cette petite partie, est très intéressant : il est complexe, composé de différentes textures et notamment de deux couches principales qui lui permettent d’offrir une épaisseur cotonneuse bien agréable au pied. De petites pièces de plastique douces dont le job est d’assurer le maintien latéral du pied viennent s’ajouter sur le tissu externe. Malgré tout cela, l’ensemble demeure plus souple que toutes les versions précédentes de la Clifton. En le chaussant, on ressent donc une impression de sécurité et de solidité rapidement compensé par un confort et une douceur folle dès que votre appareil locomoteur se met en mouvement. Et je le prouve !

Les petites bandes de maintien sont, à ce sujet, particulièrement fines, mais néanmoins suffisamment solides pour remplir correctement leur mission. En y regardant de près, on est ainsi rapidement convaincu d’être en présence d’une chaussure très haut de gamme qui a été bien travaillée par ses créateurs. La texture des lacets va d’ailleurs dans ce sens : ils sont plats, très doux et stretch. Malgré cette dernière caractéristique qui pourrait laisser imaginer que les nœuds ne tiennent pas, les lacets ne se défont pas. Difficile d’imaginer plus belle réussite dans ce domaine si particulier et, à priori, sans grande importance, que sont les lacets. Comme quoi. Non, vraiment, avec ce modèle, Hoka One One nous gâte !

A l’intérieur, comme c’est souvent le cas dans les chaussures Hoka One One, il y a une absence quasi-totale de coutures. Le chausson néanmoins est divisé en deux parties bien distinctes : le médio-pied et l’avant-pied d’un côté, l’arrière-pied de l’autre. La séparation est donc bien nette. D’un côté il y a ce mesh très souple qui laisse passer l’air et de l’autre une épaisse mousse ferme – mais pas trop – qui protège votre pied et le cale confortablement dans le fond de la chaussure afin de maintenir votre talon lors de la foulée. Enfin, j’ajoute que la semelle de propreté en Ortholite® a également été très bien pensée puisque, en plus d’une mousse dense sensée apporter à la fois amorti et rebond, son revêtement a subi un traitement anti-odeur et anti-microbes qui devrait durer quelques bonnes semaines en usage intensif.

A l’arrière, la chaussure comporte donc une vraie coque en plastique dur, plus dur que ce que nous avons maintenant l’habitude de voir ces temps-ci. Mais l’épaisseur et la qualité de la structure du talon interne et du collier de cheville jouent le rôle de tampon et évitent les frottements qui font mal au fil des km. Tout cela est donc très confortable. L’oeillet passe-doigts très large situé derrière le talon est également intéressant. Il est là pour vous faciliter l’entrée du pied dans la chaussure et il fonctionne très bien lui aussi. Il est même réfléchissant grâce à deux petites lignes grises bien pensées.

Un point important de cette tige, que nous aborderons dans une interview d’un responsable français à retrouver très prochainement, c’est la largeur de ce chaussant. Du milieu de l’avant-pied jusqu’au médio-pied, la chaussure est plus large que les modèles précédents. C’est un fait que je ne conteste pas. Mais tout au bout de l’avant-pied, en revanche, on retrouve la finesse, je n’oserais pas encore parler d’étroitesse, propre aux modèles d’avant. Je me suis intéressée à ce phénomène sur le net. J’ai lu quelques critiques et regardé pas mal de vidéos américaines qui parlaient de cette Clifton 4. Il semblerait que pour beaucoup de commentateurs outre-atlantique, la chaussure soit toujours trop fine – certains vont même jusqu’à parler de déséquilibre entre un chaussant toujours relativement fin et la très grande largeur de la semelle vu de l’extérieur. Je n’irai pas jusque-là, du tout. Je pense tout simplement que la chaussure se destine aux pieds « normaux », ni trop fins ni trop larges et qu’il faut non seulement arrêter de chercher midi à 14h mais surtout essayer la chaussure en magasin pour trouver la bonne taille. J’ai d’ailleurs moi-même dû m’y reprendre à deux fois pour trouver la bonne taille. A la place d’un 39,5, je ne me suis sentie bien que dans un 40 2/3. La chaussure m’a ensuite semblé bien équilibrée en terme de chaussant, et elle est un peu plus large que les modèles Clifton d’avant. Point final.

Je termine avec cette note superficielle mais qui compte, pour nous les filles : c’est le nombre étonnant de coloris disponibles à l’achat, chez les femmes oui, mais chez les hommes aussi ! C’est assez rare pour être noté et, franchement, ça a compté dans la nouvelle passion que j’entretiens désormais avec la marque. Check this out ! hokaoneone.eu

La semelle intermédiaire.

Passons maintenant aux choses sérieuses. J’étais tentée de mélanger ces deux semelles dans ma critique, la semelle intermédiaire et la semelle externe, car, sur ce modèle, on peut considérer que la semelle externe est en partie la même chose que la semelle intermédiaire. Ce qui est très Hoka One One d’ailleurs. Cela soulève bien entendu des questions sur la résistance à l’usure et sur la durée de vie du modèle – une fois de plus. Mais j’ai préféré bien séparer les deux semelles comme nous le faisons habituellement dans nos colonnes. Il faut noter que la structure du caoutchouc utilisé dans cette semelle intermédiaire est plus dense et plus ferme que dans les versions précédentes. La conséquence directe est une réduction de l’amorti par rapport aux anciennes versions ainsi qu’une perte de souplesse importante, non pas en général mais toujours par rapport aux modèles précédents. Notez bien dès lors que la chaussure reste toujours exceptionnellement amortissante : allons allons, on est chez Hoka One Ones les ami(e)s ! Mais c’est en fait une bonne nouvelle vu le caractère très marshmallow de ces anciens modèles justement, qui manquaient, eux, cruellement de dynamisme. Alors non seulement la chaussure reste très agréable – gros amorti – sur les longues distances type marathon ou ultra car elle absorbe les chocs comme peu peuvent s’en vanter, mais elle demeure dynamique – souplesse souplesse – pour assurer une transition de haut vol lors du déroulé de la foulée.

Comme nous l’avions expliqué lors de notre critique de la Speedgoat, on est encore en présence d’un shape en forme de banane. C’est le fameux rocker, un mot qui vient du surf et renvoie aux courbes des planches. Un bon rocker, en surf, permet de ne pas enfoncer la planche dans l’eau lors du take-off sur des vagues creuses et donc ne pas plonger tête la première sur le récif en forme de lame de rasoir. Ce rocker, en surf toujours, permet aussi à la planche d’être plus facilement manœuvrable dans la vague, par définition jamais plate. Pour cette chaussure, c’est la même chose : une fois lancée, le corps est propulsé vers l’avant. Vous n’êtes pas projeté vers l’avant : vous êtes accompagné, soutenu, et vous ne finirez donc pas le nez sur le bitume ou le museau dans le goudron. Ouf ! Conclusion : vous serez plus économe, plus efficace, plus rapide et c’est, je crois, ce qui rend ce modèle si agréable au pied une fois lancé(e). Attention : la chaussure reste destinée à des distances supérieures ou égales au 10 km. Ce n’est pas bien entendu un modèle pour aller très très vite non plus. Qu’on se le dise les filles.

Je vous engage d’ailleurs à faire l’essai en magasin de plier la chaussure (comme sur la vidéo plus haut). Si vous y arrivez, il faut des muscles je vous préviens, la chaussure retrouve sa forme initiale dans un sursaut énergique digne des plus grosses cuisses de grenouille ! Bref, j’appelle cela de l’hyper-dynamisme les filles. Et moi j’adore. C’est la combinaison gagnante de ce modèle et c’est aussi sa marque de fabrique. N’est pas Hoka One One qui veut. Na.

Semelle externe

Elle est bien fine mes cocotes ! Elle se compose de 5 zones de caoutchouc sensées être à haute résistance et placées stratégiquement là où vous risquez d’user la semelle : de chaque côté de l’avant-pied, sous l’avant-pied au milieu et à l’arrière de chaque côté. Hoka One One a longtemps souffert d’une image de chaussures chères et qui ne tenaient pas la  durée. Un bien vilain défaut. Je crois qu’ils en ont pris conscience et travaillent sur le problème. Vous n’êtes donc pas en présence d’une grosse semelle Vibram qui va durer deux ans même si vous l’emmenez sur les chantiers (je suis architecte je sais de quoi je parle) mais je pense que si vous vous cantonnez à la route, elle vous fera une belle saison. Une autre caractéristique de ce nouveau caoutchouc, c’est qu’il est aussi très accrocheur. Je n’ai toutefois pas eu le loisir de tester la chaussure sous la pluie. Si vous avez des commentaires sur ce point, facebook.com/runningcafe est là pour ça !

 

Deux derniers mots sur le design de la semelle car là encore, je trouve qu’Hoka One One a très bien fait les choses. Ils sont malins quand même, c’est fou ! D’abord, au talon les deux bandes parallèles qui courent le long de la chaussure, et laissent le centre très évasé, stabilisent d’autant mieux le pied lors du déroulé que la partie médio-pied et avant-pied forment une sorte de grosse plateforme bien stable. Ensuite, en divisant en deux couleurs la semelle intermédiaire, en bleu et rouge d’un côté, en blanc de l’autre, elle apparaît logiquement moins épaisse. C’est un effet trompe l’oeil (voir les quatre photos suivantes pour comprendre l’esprit qui anime depuis le départ Hoka One One – attention : ces photos ne représentent toutefois pas exactement cette Clifton 4). Vous êtes donc bien chez Hoka One One, rassurez-vous, mais vous êtes surtout en présence d’une Hoka One One de type new age, 3.0, comme vous voulez. Il faut avouer, quand même, que ces premières semelles oversize avaient quelque chose de…too much…non ? Enfin, je trouve. Là, au moins, c’est plus soft, ça passe mieux, c’est plus « politiquement correct », pour employer un terme à la mode. Voilà, c’est ça !

Conclusion

Une réussite. La chaussure est jolie et techniquement équilibrée. Avec la Clifton 4, la marque franco-californienne Hoka One One va encore faire parler d’elle. Elle se destine à celles et ceux qui veulent se sentir protégés comme rarement, confortablement installés, tout en gardant du répondant sous la semelle, du dynamisme quoi. Autrement dit : elle se destine au plus grand nombre, foulée neutre toutefois. Point important : autant sur la tige que sur la semelle, le modèle nous a également semblé bien renforcé. Il devrait donc durer plus longtemps. Non, vraiment, pour une marque née sur les sentiers du Grand Raid de la Réunion, le passage à la chaussure 100% route est plus que réussi. Bravo. Chapeau les gars. #chrishillyer #nicolasmermoud #christopheaubonnet #jeanlucdiard

 

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