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« ‘suis pas une casse cou ! ». Non non bien sûr…

Récit de Laurie Canac. Photos Ironman.

Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu. Quand notre journaliste s’embarque sur un triathlon réputé difficile, ça peut faire mal…aux autres ! Le type qu’elle a doublé d’un coup d’épaule sur la ligne d’arrivée doit encore s’en souvenir. Une vidéo existe. Si si…On l’adore mais elle est sans pitié.

Dimanche matin 4h50, le réveil sonne… Jour de course.

Je mange mon gâteau sport habituel, j’essaye de ne pas réveiller les amies avec qui je partage l’appartement et je file. Les rues d’Aix-en-Provence sont encore animées à cette heure-ci ; un mélange atypique de jeunes éméchés et de triathlètes à moitié endormis.

Le départ de ce triathlon se déroule au lac de Peyrolles à une vingtaine de kilomètre de la ville. Ironman a prévu des navettes pour emmener les athlètes sur place et comme très souvent, l’organisation est impeccable. Je monte donc sans stress dans le bus, direction la première épreuve.

Sur place, dernière vérification du vélo. Je retrouve avec grand plaisir mes partenaires du Team Argon 18 France. En débarquant presque au complet sur ce triathlon on ne passe pas inaperçu. Une vraie chance de pouvoir suivre les derniers conseils des plus expérimentés, le niveau de certain est impressionnant. L’heure tourne, direction le lac, il est encore tôt et l’eau revêt un épais manteau de brume. Il fait frais. Le départ se fait en rolling start, les athlètes partent par sas d’estimation du temps de natation. Une organisation qui me convient.

5,4,3,2,1 go… Premières sensations très positives dans l’eau, il ne fait ni trop froid, ni trop chaud. Le départ en différé me permet une position confortable, je n’ai pas à me battre avec 10 colosses pour arriver à nager correctement. Je fais tourner les bras sans difficulté et je sens que je remonte pas mal de concurrents. Arrivée au demi-tour, je décide d’accélérer un peu la cadence. Je sortirai finalement en 33 minutes, un temps correct ! La transition jusqu’au parc à vélo est relativement longue, je cours, enlève le haut de ma combinaison, je ne veux pas perdre une seconde.

Arrivée au sac de transition, j’enfile mes affaires de vélo, porte dossard, casque, gants tout est là, c’est parti.

Le début du parcours est assez plat, je me mets donc très rapidement en position aérodynamique. Les sensations sont là. Les paysages de la Provence, magnifiques, je commence à remonter un certain nombre d’athlètes. La première petite montée arrive au bout d’une dizaine de kilomètre, on m’avait signalé un parcours très sinueux, honnêtement ce n’est pas la sensation que ça m’a donné. Ça grimpe légèrement mais je suis restée quasiment les 90 kilomètres allongée sur mes prolongateurs et pourtant je ne suis pas une casse cou et j’évite de prendre des risques.

Ce que je retiens donc de ce parcours, c’est le revêtement de la route qui n’est pas excellent. Mieux vaut avoir de bons pneus pour éviter les crevaisons. Des petites côtes et des descentes assez sympas. Un col de 3km vers la fin du parcours qui fatigue un peu, mais reste d’une difficulté raisonnable. C’est sans doute le traumatisme du parcours vélo du triathlon de Cannes, très difficile, qui me fait dire ça. La traversée des chemins du sud de la France est vraiment à couper le souffle. Quelle belle région ! Et cette montagne Sainte-Victoire qui nous accompagne tout du long, un régal.  Je n’ai pas vu passer les 90 kilomètres, j’arrive sur le Cour Mirabeau assez fraîche, peut-être aurais-je dû davantage appuyer sur les pédales et prendre un peu plus de risques. Tant pis, c’était un super moment et c’est ce qui compte.

Je pose le vélo, j’enfile mes runnings et j’entends le soutien de mes proches qui ont fait le déplacement, ça fait plaisir ! Le départ de la course à pied se fait en faux plat, je décide donc de ne pas attaquer et d’essayer de garder un rythme de croisière. À la vue du profil de ce semi, je pense avoir fait le bon choix. Nous commençons par traverser une partie de la ville, très rapidement vient une jolie côte, qui m’a fait bien déguster au deuxième tour. Puis un passage assez contraignant dans un parc avant le retour sur du bitume. Ce tracé n’est pas du tout régulier, je comprends que je n’arriverai pas à faire un excellent chrono mais je reste dans ma course, je prends les encouragements qu’on me donne et j’avance. Le parcours se fait en trois boucles, et la fin du cycle est assez génial, on descend tout le Cour Mirabeau l’ambiance est top, on est porté par les cris des spectateurs. Sur cette dernière épreuve, j’ai réussi à rester dans ma bulle tout en prenant du plaisir. Les jambes ont un peu tiré, mais jamais je me suis sentie dans le rouge.

Étant en forme, j’ai largement accéléré sur le dernier kilomètre, jusqu’à finir au sprint en rigolant ! En conclusion, du bonheur pendant 5h20 de course ! Je finis 5ème de ma catégorie, j’aurais peut-être pu mieux faire en me mettant davantage dans le rouge et en prenant plus de risques, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir sur un triathlon et finalement c’est bien ça qui compte !

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