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Une belle Promenade, Skechers et nos deux journalistes

By Laurie Canac et Gaël Couturier. Photos © Ironman. Vidéos © Playground & lacerations productions.

L’ironman de Nice du 23 juillet dernier portait une symbolique particulière. Après les attaques terroristes particulièrement lâches et meurtrières du 14 juillet dernier, cette course marquait en effet le retour du sport et de la liberté sur la Promenade des Anglais. Pour enfoncer le cloud et vous faire vivre la course de l’intérieur, nous avions dépêchés deux envoyés spéciaux bien motivés. Ils ont nagé, ils ont roulé, ils ont couru et se sont (un peu) bagarrés, entre eux. Si la belle Laurie Canac est presque une débutante, elle n’en est qu’à son deuxième Ironman, notre rédacteur en chef s’alignait lui sur son 11ème Ironman, 7ème ici à Nice. Pourtant, le résultat du duel amical qui les opposait à très vite tourné en faveur de la jeune athlète. Qualifiée pour l’Ironman d’Hawaii dans la catégorie 25-30 ans lors de son premier Nice l’année dernière, notre jeune parisienne, journaliste pour la chaine de télévision Cnews, avait en effet décidé de remettre le couvert sur ses terres en espérant bien à nouveau obtenir une autre belle qualif’ pour les tropiques. Hélas, trop occupée à regarder derrière elle si son rédac’ chef de malheur ne revenait pas à toute berzingue pour la doubler à vélo ou, pire, à pied (il nage comme une brique le pauvre), Laurie est légèrement passée à côté de sa journée. Bon, elle termine quand même à une très honorable 3ème place de sa classe d’âge, avec des chronos à faire pâlir plus d’un participant, dont notre rédac’ chef – mais certainement pas le champion belge Frederik Van Lierde qui s’impose lui pour la troisième fois et marque son grand retour au plus haut niveau et nous promet ainsi une bataille autrement plus épique pour la grande finale américaine du 14 octobre prochain.

Le récit suivant est signé Laurie Canac.

« Tout commence comme pour chaque Ironman par un réveil à 4h20 du matin. Direction la promenade des Anglais pour la première épreuve. Contente que les combinaisons soient autorisées malgré la chaleur de l’eau. Je fais un dernier check sur mon vélo et me dirige vers la plage. Cette année, en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet dernier, la Marseillaise a été chantée avant le départ. Moment particulièrement émouvant ».

« Je commence à nager tranquillement, en gardant un rythme correct, aucune sensation de fatigue. Le départ s’est fait en rolling start (c’est à dire les uns après les autres) mais ça n’empêche pas l’échange de quelques coups dans l’eau. Faut savoir se faire respecter, surtout en pleine mer. Tout se déroule bien jusqu’à ce que je sente une brulure au niveau de la nuque, le frottement de ma combinaison sur la peau, c’est assez douloureux mais quand on est en plein milieu, on n’a pas le choix : il faut serrer les dents.

« Je termine cette première épreuve en 1h06. C’est correct et mieux que l’année dernière. Je file dans la zone de transition où je vois Lionèle du Team Argon 18 France. On échange quelques mots d’encouragement et c’est parti pour le vélo ! ».

« Les jambes tournent bien sur le début du parcours, c’est roulant, j’affiche une bonne moyenne. Je suis contente. Arrive ensuite la première grosse montée. Elles mènent en haut du col de l’Ecre. Les jambes tirent. Je perds des places dans cette ascension. Je ne suis définitivement pas une bonne grimpeuse, il va falloir travailler ça ! Pas évident en habitant en Ile-de-France, mais rien n’est impossible. Arrivée en haut, je pensais qu’on aurait du repos sur le plateau de Caussol mais je me prends un vent de face. Tant pis, je récupèrerai plus tard. La température commence à monter sévèrement. Il faut bien se mouiller aux ravitaillements, boire et s’alimenter correctement pour éviter les coups de barre trop durs. Le parcours se termine par une longue descente qui nous ramène à Nice. Une pente qui aide à reprendre des forces. J’arrive sur la promenade des Anglais en assez bonne forme. Avec un temps vélo de 6h08 ».

« Je démarre la course à pied par mon allure de course habituelle. Le premier aller se passe bien, mais je sens qu’il fait très chaud. Je décide de réduire un peu la vitesse pour éviter d’exploser en plein vol (n’est-ce pas Gaël ?). Arrive le deuxième tour et le début des difficultés. A partir du 10ème km, je ressens une grosse fatigue, je marche… Chose qui ne m’est presque jamais arrivée sur une course. Dans la tête, je commence à me poser des questions. Quelques kilomètres plus loin, deux amis m’attendent pour me soutenir. Ils courent quelques minutes en parallèle sur le trottoir avec moi. Ils me reboostent, me disent de ne pas lâcher et de penser au froid de l’Islande – un voyage que nous avons fait ensemble peu avant et lors duquel nous nous étions sévèrement, heu, comment dire… « pelés ». Je fais encore quelques mètres et je vois ma famille, et d’autres amis qui sont là. Ils crient. Ils m’encouragent. Je me dis que là, je ne vais rien lâcher et me bouger les fesses, enfin ! ».

Avant la course, notre rédac’ chef avait justement rencontré le king of the shoes californien-parisien qui équipe notre princesse question chaussure de running : Nicolas Donato, le directeur marketing pour Skechers France.

Laurie Canac : « Je continue en prenant soin de bien boire et de me mouiller à chaque ravitos. Je prends également du coca, ce soda que je ne bois jamais a cette année sauvé ma course ! Autour de moi les concurrents tombent comme des mouches. La chaleur est épuisante. Je boucle finalement le parcours du marathon en 4h02… Très loin de l’objectif prévu avec mon coach ».

« Les conditions climatiques étaient vraiment rudes cette année et m’ont même fait penser à celles d’Hawaï. Au final, je décroche une troisième place et une satisfaction d’être arrivée à bout. Temps total : 11h23. C’est un peu plus que l’année dernière, 7 minutes de plus pour être précis, mais sous une chaleur suffocante. Résultat : une très très grosse envie de faire mieux !

« Dois-je ajouter une immense déception ressentie lors de cette course ? Moi qui pensais, enfin, que j’allais passer du temps avec le « maître » de Running Café et essayer désespérément de m’accrocher à lui pour ne pas me laisser distancer… Il n’en fut rien. Alors master, tu étais où ??? Gaël Couturier : « Loin de toi darling, très loin, le plus looooiiiin possible. Dès la sortie de la natation tu m’avais distancé. La vache ! Aucune chance de revenir, tu es une flèche, surtout que ce vélo m’a tué et cette course à pied définitivement enterré. Tu étais la plus forte, je m’incline humblement ».

Finisher tous les deux, Running Café en force sur la Promenade des Anglais cette année, pour une des plus belles courses au monde qui affichait haut les couleurs de sa liberté, égalité, fraternité. Le terrorisme a été repoussé. Et bien c’est ce qu’on retiendra. Vive l’Ironman. Vive le triathlon. Vive la France.

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