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Nouveaux types de tests dans ce blog, les critiques littéraires !

Par Clivia Potot-Delmas, Laurie Canac et François-Xavier Gaudas. Photos Alain Wiener et Editions Amphora.

Parce qu’on peut être sportif et « intellectuel », avoir un corps bien fait dans une tête bien pleine, un anima sana in corpore sano, comme dirait nos petits copains d’Asics. De la nutrition, du triathlon, du trail, les équipes d’amphora ne chôment pas pour dégoter les bonnes idées et les bons rédacteurs.

Run Fast Eat Slow est le Best Seller de l’été. Par Clivia Potot-Delmas.

Après avoir fait un tabac aux Etats-Unis, il va peut-être s’installer dans les cuisines Françaises. Engouement mérité ou storytelling exécuté d’une main de maître ? Après avoir parcouru ses pages et testé ses recettes, la réponse est évidente : les deux mon capitaine.

Fruit de l’association entre une athlète américaine médaillée olympique et une cheffe cuisinière, Run Fast Eat Slow, autrement dit, mangez vite courez lentement promet aux sportifs de tout poil des recettes et conseils nutritionnels de qualité. Pour les coureurs, novices ou confirmés, le pedigree des autrices (si si le mot existe !) a de quoi impressionner. Détentrice du record américain sur Marathon et médaillée Olympique sur 10 kilomètres lors des jeux de Pékin en 2008, Shalane Flanagan jouit d’une renommée mondiale. Quant à Elyse Kopecky, mordue de course à pied elle aussi, elle a nourri sa cuisine de nombreux voyages et se consacre désormais à régaler les papilles de ses convives. Les deux comparses, amies depuis les entrainements difficiles de l’université, dispensent à longueur de pages, leurs meilleures recettes pour les sportifs.

Place aux recettes

L’ouvrage se veut avant tout ludique. En toute logique, il s’ouvre sur des rappels utiles quant à la nutrition. Oui les produits frais cuisinés maison sont bien meilleurs que les plats industriels. Non, le gras n’est pas notre ennemi et oui, il en existe de différentes sortes. A chaque page, hormis le pas à pas habituel et des photos léchées des plats – auquel le vôtre ne ressemblera jamais, qu’on se le tienne pour dit – un paragraphe explique en quoi cette recette est bonne pour le coureur : aide à la récupération, booster d’énergie etc. L’objectif premier reste de se lécher les babines. Pari réussi. Les recettes sont simples, adaptées à tous les régimes et parfois assez étonnantes. On se surprend à aimer les choux de Bruxelles rôtis – dont on garde un terrible souvenir depuis la cantine de l’école primaire – à essayer la farine de maïs avec succès et déguster des macarons cacao-coco en regrettant de ne pas en avoir fait une tournée de plus. En bonus, un chapitre consacré aux blessures caractéristiques du runner. Chaque bobo est décortiqué puis l’ensemble des recettes permettant de s’en débarrasser est listée. Un mémo bien utile pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des nutritionnistes en puissance et ne connaissent pas le pouvoir des aliments.

Trop de storytelling tue le storytelling

Qu’est-ce qui différencie ce livre de recettes des centaines d’autres livres de recettes « healthy » qui se disputent le marché ? Sur le fond, pas grand-chose, si ce n’est ces recettes que vous n’avez peut-être pas vues ailleurs. C’est le seul petit problème du livre, obligé de jouer sur la mise en scène. Au fil des pages, on découvre des photos des autrices, tout sourire, faisant leur marché ensemble ou dinant en famille, portrait robot de la famille américaine parfaite, c’est toutefois très classique pour les bouquins américains. Le livre regorge d’anecdotes sur la vie personnelle d’Elyse et celle de Shalane qui…non non…n’apportent pas grand chose pour nous lecteurs français. Ce côté marketing du livre empêche un peu d’en profiter donc quand on est tatillon, et c’est dommage. Run Fast Eat Slow a un petit côté too much. Mais les recettes, c’est vrai, font leur effet et sont plutôt réussies. Après tout, c’est bien le principal.

Triathlon. S’initier et progresser. Par Laurie Canac.

Avant de se lancer dans un sport, on se pose forcément quelques questions. Alors avant de se lancer dans le triathlon… Discipline qui réunit trois épreuves différentes, on se pose forcément trois fois plus de questions. Logique les filles. Afin de répondre à toute nos interrogations, le docteur Cascua, médecin du sport et lui-même triathlète, a rédigé ce livre, un recueil qui épluche notre discipline en long en large et en travers. Et je le prouve.

Tout commence par une introduction qui casse les idées reçues : non, le triathlon n’est pas réservé aux accros du sport car, peu importe les niveaux, tout le monde peut y trouver son compte. Dans un second temps, ce bon docteur se penche sur votre état de santé. Une analyse qui permet de déterminer où vous en êtes et si votre hygiène de vie est compatible à la pratique du triathlon. Ce diagnostic vous permettra d’évaluer les conséquences que ce sport pourra avoir sur votre santé. Par exemple, si vous fumez, il sera difficile de performer car les trois disciplines demandent un apport en oxygène très important. Autre illustration, si vous êtes diabétique : il faudra sans doute adapter votre traitement car la pratique du triathlon contribue à améliorer le diabète non insulino dépendant.

Une fois votre condition physique passée au scanner, place à la pratique et aux entrainements.

Comment bien doser ses séances afin de progresser sans se crever ? C’est la problématique des pages qui suivent. Le docteur vous explique donc comment organiser vos entrainements, l’importance de l’échauffement, de la récupération. Faut-il s’étirer ? Et surtout comment ? Tout est détaillé et des petits schémas vous permettront de visualiser les bons gestes à adopter pour bien s’étirer sans se blesser. Venons-en maintenant aux enchainements : je peux sur ce point également vous faire part de mon expérience. Car aujourd’hui, il est vrai que je ne suis pas surprise d’accumuler deux-trois entrainements dans la journée. Et je me souviens qu’au début, tout ça avait un petit côté effrayant. C’est pourtant nécessaire afin de préparer son corps à une telle épreuve. Dans ce livre vous trouverez comment bien organiser votre temps, pour enchainer sans y passer tout votre emploi du temps et aussi votre énergie.

Après avoir organisé votre temps d’entrainement, le docteur vous explique comment s’entrainer de manière spécifique. Une méthode qui vous permettra de réduire le nombre d’heures de sport dans la semaine tout en gagnant en efficacité. C’est ce qu’on appelle le travail de seuil ou VMA. Une bonne manière de progresser mais il ne faut toutefois pas en abuser pour ne pas se “cramer”. Sur ce type de séances, le vocabulaire employé par les coachs est souvent difficile à comprendre : VO2max… VMA vitesse maximale aérobie… Puissance aérobie forte. Ici on vous expliquera tout… Et surtout à quoi ça sert !

Autres points : le matériel, la technique & le repos pour éviter le surentraînement

Quand on passe beaucoup de temps à s’entrainer, il faut donc être sûr de son matos… comment choisir les pignons ? Comment être bien positionné sur son vélo ? Quel type de chaussures faut-il choisir ? Toutes ces questions qu’il faut se poser et auxquelles on ne pense pas forcément au début. Le triathlon est aussi une discipline ou la technique compte, notamment en natation. A l’aide de schémas vous verrez ici les gestes à faire et ceux à ne pas faire afin de réaliser un bon geste. Il y a la phase d’entrainement puis celle de la compétition. Comment être prêt pour le jour J ? Il faudra adapter votre alimentation, s’échauffer et adopter une certaine attitude. En revenant sur chaque étape, le docteur vous donne une bonne manière d’aborder ce jour important.

Une des phases les plus importantes pour les triathlètes est celle du repos. Une année est constituée de douze mois et parfois on en passe onze à s’entrainer. Afin d’éviter le surmenage, encore appelé surentraînement,  il faut savoir comment organiser tout ce temps. Il existe des phases à l’entrainement qui vous éviteront de tourner en rond et de régresser. Le docteur détaille ces différentes étapes et les entrainements qu’il faut privilégier en fonction de l’année. Par exemple, durant les longs mois d’hiver, optez pour la salle de sport et les séances de renforcement ainsi que des sorties plus longues. Et s’il fait vraiment trop froid pour sortir le bout de votre nez dehors, des plans d’entrainement à réaliser en salle vous sont proposés sous forme de tableaux. Une mauvaise récupération peut réduire à néant tous vos efforts précédents et pire vous faire régresser. Comment ne pas tomber dans ce piège ? Tout d’abord en s’écoutant, si vous accumuler fatigue, diminution du goût pour l’entrainement et altération des performances… C’est que vous êtes dans une phase critique. Le docteur donne une liste plus détaillée de ces symptômes et des exemples d’athlètes qui ont réussi à s’en remettre en… se reposant !

Conclusion

Ce livre très complet s’adresse aux triathlètes de tous niveaux : du novice, un peu craintif qui se pose beaucoup de questions avant de se lancer, au triathlète qui souhaite passer d’une distance courte à de l’Ironman de guerrier. Le sportif aguerri y trouvera tous les éléments permettant de mieux appréhender ses entrainements. Le vocabulaire choisi est parfois un peu spécifique et médical mais c’est aussi ce qui fait la richesse de cet ouvrage.

La suite de nos critiques de livres à suivre, ici, très vite.

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