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さようなら !

Texte d’Emmanuel Marotte & Gaël Couturier. Photos Emmanuel Marotte & Mizuno.

355g (H) et 310g (F). 370g pour la version GTX (H) et 325g pour la version GTX (F). Hauteur talon de 32 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 20 mm et donc drop de 10 mm pour les hommes comme pour les femmes. 145€ et 155€ pour la version GTX.

Mizuno, Mizuno, Mizuno. Qui ne connaît pas Mizuno ? La marque qui a commencé au début du 20ème siècle par vendre des équipements de Baseball à Osaka, Japon, est aujourd’hui un des plus gros équipementiers sportifs au monde capable de fournir des textiles et des chaussures dans des sports aussi différents que le golf, le judo, le football, le tennis, la natation, le handball, le volleyball, sans oublier le running un sport très important pour les japonais et pas que pour Haruki Murakami.

Là où la marque nous intéresse particulièrement aujourd’hui c’est dans l’évolution de sa gamme de chaussures pour le trail running ; chaussures que nous connaissons bien pour les porter régulièrement depuis plus de 10 ans et que nous avions particulièrement martyrisées sur des terrains aussi durs que différents, de Chamonix pendant l’UTMB, au Maroc sur le Marathon Des Sables en passant par l’Inde et la frontière Pakistanaise sur une course pour le moins folle et épique nommée runtherann.com. Pourtant, toute la beauté de ces Mizuno Wave Mujin 4 réside dans leur absolu versatilité. Sur les terrains déstructurés, elles vous protégeront. Sur les passages de terre tassée, dure et même sur la route, cette chaussure se montrera souple et agréable. Si on pouvait faire ce parallèle : la  Mujin 4 est un pur sang arabe protégé comme un hockeyeur canadien.

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

Quant à notre collègue Emmanuel, c’était sa toute première expérience en Mizuno. Ses a priori, basés sur les commentaires plutôt positifs de ses copains mais aussi globalement des avis glanés sur le web ça et là, plutôt positifs également, l’avaient bien motivé. Cela ne l’a bien sûr pas empêché de produire un vrai test. Le voici. Il concerne la version non GTX.

Une info en passant : les sites de la marque Mizuno aisément accessibles sur Google en deux coups de clavier, selon que vous naviguiez sur les sites français, européens ou asiatiques donnent parfois des infos contradictoires. Promis on a même pas cherché la petite bête (pas notre genre…!). Exemple : le site asiatique de la marque www.mizuno.asia/region/running/aw17-wavemujin.aspx indique que la chaussure utilise encore la technologie ap+ tandis que le site européen mizuno.eu/en/emea/catalogue/running/wave-mujin-4 prétend qu’elle a été remplacée par l’U4IC sensée être plus légère. Nous avons donc essayé d’y voir plus clair en nous concentrant sur les infos 100% françaises qui nous ont été communiquées par la marque basée, en France, dans les Hauts-de-Seine (92).

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

Avant de démarrer le test, point par point, comme on le fait d’habitude, encore un mot pour dire que cette Mizuno Wave Mujin 4 s’inscrit dans la droite ligne de la précédente la Wave Mujin 3, car seule la tige a ici été grandement améliorée : meilleur maintien du pied, meilleure respirabilité sans toutefois toucher au sentiment de protection et de sécurité que le modèle Mujin 3 offrait déjà. La semelle intermédiaire et la semelle externe restent donc quasiment inchangées. Pas de soucis par rapport à cet état de fait : elles font le job, comme on dit ! A priori la chaussure est marketée par Mizuno comme la chaussure de trail la plus agressive de la marque, comprenez, celle la plus haut de gamme, celle faite pour affronter tous les terrains, surtout les plus hostiles et tout défoncer sur son passage en vous protégeant, vous, au maximum. Ah la belle bête !

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

La tige

Question esthétique avec le coloris feu que nous avons testé : « Ça claque ! » témoigne Emmanuel. Ça claque grave même. Il ajoute : « Aucun risque de vous perdre en montagne : vous agitez gentiment vos pieds en l’air et hop, l’hélico du PGHM vous hélitreuille en quelques minutes ». Bon, OK, joke. On n’a pas testé. Question renforts maintenant, la chaussure offre des tas de petits ajouts de caoutchouc pour vous protéger le pied des pierres et autres branchages qui jonchent les sols. On note toutefois qu’ils ne montent pas trop haut et épargne donc la souplesse du modèle. C’est un passe-partout pour chemins, pierres, routes (pierre-papier-ciseaux-puit…OK, désolé…). Le design du moule est également bien arrondi. Votre avant-pied est donc très confortable. Regardez bien les photos, vous verrez que tout est prétexte à vous protéger : le logo de la marque mais également un petit quadrillage en plastique bien pensé pour rigidifier encore plus les flans. C’est nouveau ! C’est léger ! Ça fonctionne ! A l’intérieur, nous notons également un confort supérieur et un pied, talon compris, qui ne bouge pas. A l’arrière toujours, le collier de cheville est des plus confortables. Comme la languette, il est bien rembourré. L’ensemble est pour le moins costaud et…un peu lourd.

Et oui, le poids, c’est un peu le coté négatif de tant de protection sur ce modèle et nous notons que ce n’est pas nouveau pour les chaussures de trail haut de gamme de chez Mizuno. De plus, ce mesh n’est pas non plus très aéré, malgré la technologie AIRmesh (annoncée…sur le site asiatique) mais vu les jours maussades qui se profilent en hexagone, cela ne nous a pas posé de soucis. Un dernier mot sur les lacets : ils sont plats et en double épaisseur. Simples, ils sont des plus efficaces et restent bien en place. Du coup, c’est vrai, on se sent bien en sécurité dans cette nouvelle Mujin 4. Confort et sécurité sont donc les maîtres mots de sa toute nouvelle nouvelle tige. Petite note d’Emmanuel à ce sujet :     « Quand à la réputation de Mizuno pour les pieds larges, je ne sais pas trop d’où elle sort car moi qui ai les pieds super fins, je n’ai jamais eu la désagréable impression de nager dans cette chaussure. J’étais juste très à l’aise ». Et hop encore un mythe qui s’effondre sur le net. No comment. On termine en disant que, bien entendu, vous pouvez enlever les semelles de propreté insérées dans cette tige pour les remplacer facilement par vos semelles de podologues réalisées sur mesure. Celles données avec la chaussure répondent au doux nom de Premium Insock et sont particulièrement confortables et épaisses : elles rajoutent ainsi un petit effet d’amorti non négligeable qui sera très apprécié des plus sensibles d’entre-nous (ça concerne les filles comme les garçons!).

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

La semelle intermédiaire

Là encore, question sécurité, vous ne serez pas déçu. D’abord, le pied est un peu haut perché. On est pas chez Hoka One One non plus, où cela se sent clairement, non. Ici la sensation est étonnante : vous êtes un peu plus haut perché que la moyenne mais vous n’avez pas non plus la désagréable impression que votre pied peut partir latéralement lors d’un faux mouvement malheureux ou d’une aspérité de terrain mal maîtrisée. Clairement, cet amorti est excellent…et un peu difficile à décrire, donc, car il n’est ni trop mou ni trop dur et fait que la chaussure s’adapte parfaitement au terrain qui se déroule sous vos pieds, quel qu’il soit. Bravo ! Au talon et sous l’avant-pied, Mizuno a inséré sa technologie nommée U4IC. Elle fonctionne comme l’ap+ dont nous avons parlé peu avant mais elle est, selon Mizuno, « 30% moins lourde », sans pour autant perdre de son confort et de son dynamisme. Notons encore que le site Asie de la marque annonce encore l’ap+ et ne fait pas mention de cet U4IC. Grrrrr…. C’est donc en partie grâce à l’ U4IC que les chocs sont absorbés. Nous pouvons témoigner avoir ressenti une très bonne protection au talon surtout dans les grosses descentes – là où c’est difficile de poser le médio-pied en premier, sauf à s’appeler François D’haene.

Petit aparté spécial compétition tant qu’on évoque ce champion : aucun coureur de la marque Japonaise au classement UTMB des 200 premiers masculins. Après, on a arrêté de compter. C’est un peu étonnant (et dommage) car depuis longtemps la marque produit des chaussures de trail running de très très bonne facture et serait donc toute légitime à avoir un team qui performe au même titre que celle d’Asics par exemple, l’autre grosse marque japonaise du milieu. Tenez-nous informé si vous avez des infos sur cette question les gars, ça nous intéresse bien ! De notre côté, on veille, on zieute, on check et double-check de partout. Affaire à suivre sur notre FB l’Instagram sans doute. Voilà, c’est juste un exemple bien sûr mais il illustre parfaitement un des traits de personnalité typiquement japonais de ce Mizuno-là : la discrétion, la peur de se mettre en avant, l’extrême politesse et l’humilité mais, du coup, la réputation de marque exclusive, « spécial pro » et « anti-débutant » dont elle peut parfois pâtir. Et c’est dommage car cette marque est une des plus vieilles du marché et des plus exigeantes dans sa recherche et développement.

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

Revenons à nos moutons. Autre technologie intéressante de cette semelle et dont on a vraiment ressenti les effets – pour le reste c’est un peu l’effet placebo : ça semble fonctionner mais en réalité, on ne sait pas trop – la plaque ! C’est la fameuse Wave qui apporte à la fois amorti et stabilité comme sur chacun des modèles de la marque. Elle est en effet l’ADN des semelles Mizuno, comme l’est le nouveau Fresh Foam de New Balance par exemple, ou les Zero Drop et Foot Shape concepts d’Altra. Et là, clairement, ça fonctionne ; d’autant que cette plaque Wave est dessinée spécifiquement pour le trail. Elle est plus concave et plus large que sur les modèles route habituels de la marque et permet donc de renforcer sa stabilité quand le pied se pose foulée après foulée sur des terrains instables et glissants prêt à vous faire chavirer à la moindre faute d’inattention.

Quand au DynamotionFit, sensé vous aider également à conserver le pied bien dans l’axe de votre foulée, difficile là encore de dire si ça fonctionne vraiment. En montée, au ralenti, en descente, quand nous avons lâché les chevaux (arabes), la chaussure ne nous a toutefois jamais pris en traitre. Pas une fois notre pied n’a dévissé, pas une fois notre cheville n’a vrillé. C’est tout le talent caché de cette semelle hautement techno qui avance un peu masquée : le pied est bien maintenu et hyper-protégé sans qu’on s’en aperçoive vraiment. En un mot : Mizuno c’est du super-sûr ! Mais ça, allez, on le savait déjà.

Ce que l’on peut dire à coup sûr également c’est, une fois de plus, que le site web de la marque n’est pas des plus clairs quand il annonce une « conception spécifique qui permet un meilleur ajustement du vêtement »…si si : « du vêtement ». No comment 2.0. En revanche, sur l’ESS Rock Plate, « la plaque de protection positionnée à l’avant du pied », là, ça fonctionne 2.0 aussi ! Grâce à elle, vous êtes d’autant plus protégé des irrégularités du terrain. On se répète mais c’est exprès. Enfin, dernier point qui nous permet de faire la transition avec la partie suivante de notre test à quatre mains, la solution « Mid Foot Groove » qui n’est autre que de belles encoches de flexion situés au niveau de cette semelle intermédiaire et qui permettent une souplesse bien efficace pour s’adapter en douceur à toutes les aspérités du terrain.

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

La semelle externe

Cette semelle est un mélange de savoir faire entre Michelin et Mizuno. Michelin est une marque bien connue pour la qualité de ses caoutchoucs dans l’automobile, une industrie où on ne plaisante pas avec la sécurité. Sa technologie, nommée USP, n’est ici pas excessivement crantée. Pourtant, son accroche est exemplaire. Sur du sec poussiéreux ou du mouillé plein de gadoue, vous êtes collé au trail. La technologie Mizuno quant à elle s’appelle XtaticRide et c’est un condensé de picots de semelle externe à la fois agressifs et pas trop longs qui s’adaptent facilement et à 360° à votre environnement pour offrir une conduite plus souple que ce que nous avions imaginé au départ. A aucun moment, là encore, la chaussure part dans un sens et votre pied dans l’autre. Le patron c’est vous. La chaussure vous suit et, fidèle et sûre, s’adapte à votre foulée. Aucun risque de vous voir perdre le contrôle dans des descentes féroces, sauf si bien sûr vous vous prenez pour un coureur Salomon (voir notre vidéo postée récemment sur le FB).

Autre petite technologie intéressante, voire amusante, mais qui fonctionne d’autant mieux que les crampons de la semelle ne sont pas très crantés : Mizuno annonce une semelle externe « auto-nettoyante ». Si si, nous avons bien lu, et vous aussi. « Auto-nettoyante ». Il fallait oser,  avouez. Question solidité, ou robustesse, on est dans du très très haut de gamme. Après tout c’est logique. Car si Michelin est capable de fabriquer des pneus qui résistent aux ornières pleines de boue, de sables et de vilaines épines des chemins ou sentiers pour les véhicules 4X4 du monde entier, ça serait une gageure que cela ne fonctionne pas sur une simple chaussure de course à pied. Là où on peut également saluer la qualité de la collaboration entre nos ingénieurs français et les nippons d’Osaka c’est dans la souplesse de l’ensemble. Car autant il est facile de créer du caoutchouc bien rigide et qui résiste à tout, autant le rendre souple et accrocheur, tout ça sans handicaper notre jolie foulée n’était pas gagné d’avance. « Après des dizaines de km en montagne près de chez moi, vers Embrun dans les Hautes-Alpes, et sur tous les terrains de montagnes à ma portée, ma semelle externe n’avait même pas une petite coupure » s’est ainsi étonné notre Emmanuel.

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

Conclusion

Qu’est-ce qui différencie cette chaussure d’un autre modèle de trail running haut de gamme des marques les plus mises en avant ces derniers temps (Hoka One One, Atra, Salomon…) ? Pas grand chose à vrai dire si ce n’est la réputation historique de la marque pour produire des modèles de référence dans les segments route et trail running depuis plus de 10 ans. Oui ce modèle est littéralement passe-partout, oui son prix est élevé mais c’est aussi celui de la sécurité et, oui, on a tout essayé pour le briser tant il a la tête dur, mais sans succès les amis. Seul le poids pourrait être un obstacle à ceux qui veulent aller vite sur les distances courtes. Mais pour les autres, c’est du tout bon ma bonne dame, du tout tout bon et la marque Mizuno, une fois de plus, prouve qu’il faut compter sur elle et oser l’aborder quand on ne la connaît pas. Avec cette nouvelle Wave Mujin 4, on pourrait presque embrayer l’auto-pilote et se laisser conduire les yeux fermés. Presque. Sanoyara !

Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4
Mizuno Wave Mujin 4

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