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Voici la réponse d’Osaka à la mode du over-size !

Par Giulia Abbruzzese. Photos Gaël Couturier.
317g (H) et 255g (F). Hauteur talon de 36,4 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 26,2 mm et drop de 10,2 mm pour les hommes. Hauteur talon de 33,9 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 24,1 mm et drop de 9,8 mm pour les femmes. 170€.
Mizuno Wave Sky

J’ai testé cette Mizuno Wave Sky exclusivement en centre ville, chez moi, à Venise, en Italie, lors de mes sorties matinales et quotidiennes pour accompagner mes clients internationaux du Venice by Run (venicebyrun.com), une start-up de visite de ma ville en courant. Ma ville, vous le savez sans doute, est faite de ponts et de chaussées en pierre de trachyte, une roche volcanique de couleur claire qui se juxtapose souvent au marbre également typique de Venise et qui, lui, est par définition très glissant. Autant dire que je n’ai pas ménagé cette chaussure. Pour moi, un modèle dont l’amorti ne me soulage pas de ces marches à répétition et ne me fournit pas l’accroche nécessaire sur le sol pour me sentir en sécurité en permanence est rédhibitoire. Poubelle ! Cette Wave Sky, sur ces points-là, ne m’a du tout déçue. Elle prend la place de la Wave Enigma, jusqu’ici le modèle du haut de gamme du fabricant japonais en terme d’amorti.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

Cette Mizuno Wave Sky se positionne donc en face de modèles mythiques concurrents comme l’Asics Gel-Nimbus ou la Nike Air Zoom Vomero, pour ne citer qu’elles, autrement dit des chaussures qui favorisent l’amorti, la souplesse. C’est donc une vraie nouveauté pour cette marque japonaise d’Osaka (Asics c’est Tokyo) qui a souvent, et à raison, plutôt été associée à des chaussures fermes sous le pied pour aller…vite. Comme quoi, ce vieux pays du soleil levant est dans la modernité la plus totale dans ce domaine du running. Ce modèle s’inscrit également parfaitement bien dans le sens de son nouveau slogan « Never stop pushing », qui pousse à la fois à se dépasser en courant mais souligne aussi le travail de recherche effectué par les ingénieurs infatigables de la marque dans leur superbe labo de R&D situé lui aussi à Osaka. Notez enfin que cette nouvelle chaussure s’adresse aux coureurs dont la foulée est neutre et qui recherchent avant-tout de l’amorti et du confort pour avaler les kilomètres, mais ne sont pas contre un peu de contrôle de la pronation.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

La tige

Cette tige est pour le moins complexe, recherchée. Elle est en DynamotionFit, une construction en panneaux qui non seulement offre une absence de coutures intérieures mais assure un excellent maintien du pied dans la chaussure grâce à une multitude de couches qui se superposent intelligemment les unes avec les autres. Le mesh se compose d’abord de deux parties principales.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

La première est directement au contact du pied. Elle est comme matelassée, ou molletonnée, sans compter qu’il y a des straps internes pour le maintien du pied. Autant dire que c’est confort ! La seconde, à l’extérieur celle-ci, est d’abord construite en filet et joue notamment un rôle de protection de la première contre tous les petits débris que l’on rencontre habituellement sur nos parcours.

Mizuno Wave Sky

Il y a ensuite tout autour du pied comme une succession de bandes de maintien qui partent des lacets et relient donc le haut du pied à la semelle intermédiaire afin de bien le caler. Elles s’étendent du médio-pied au talon. Le talon est d’ailleurs en soi un vrai morceau de bravoure : lumineux, sophistiqué, brillant, solide et safe, car réfléchissant. C’est important.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

Malgré toutes ces protections plus incroyables les unes que les autres, l’intérieur de la chaussure est très confortable, doux, souple, presque soyeux. Le pied y est particulièrement bien tenu, sans être toutefois comprimé. C’est d’ailleurs un bon modèle pour passer l’hiver au chaud si vous voulez mon avis car, si l’empeigne n’est pas imperméable bien sûr, elle est suffisamment rembourrée pour ça. On sent quand même que les designers se sont donné du mal sur ce modèle et, vraiment, j’en ai été très touchée. Oh si, je n’exagère pas (ou alors à peine). Ce modèle est bien flash et moi ça me plaît ! Je termine juste en disant que la semelle de propreté (celle que vous pouvez enlever de la chaussure comme nous l’avons fait sur les photos) a été modifiée par rapport aux autres modèles actuels de la marque : elle est plus anatomique et bien épaisse. En un mot : elle assure un amorti supplémentaire et se coule parfaitement dans la chaussure en suivant la forme du pied. Ça n’a l’air de rien comme ça mais c’est une petite bombe !

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

La semelle intermédiaire

c’est LE gros morceau de cette Sky. Mizuno l’appelle la U4icX. Oui, je sais, c’est là encore un nom qui sort de l’espace. Que voulez vous ? Elle se compose de deux couches de mousse qui sont très différentes l’une de l’autre. Celle du bas va davantage jouer un rôle d’amorti, et va donc logiquement vous protéger du sol que vous allez heurter à répétition. Celle du milieu va quant à elle jouer un rôle plus dynamisant, avec effet de rebond : c’est avec elle que se joue là le retour d’énergie développé par votre pied. Notez que les deux mousses s’étendent sous l’ensemble du pied.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

C’est sans doute à cause de cela que la chaussure est un peu lourde par rapport à l’ensemble du marché : sa semelle est vraiment faite pour soulager votre pied qui, d’ailleurs, est placé assez haut par rapport au sol. On n’a rien sans rien : toute cette technologie à un prix. Et c’est ici le poids. J’ai aussi noté que la semelle est également très segmentée, chaque partie jouant un rôle différent quand le moment est venu. Ceci est particulièrement bien visible sur les photos.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

Le résultat est étonnant : lors de la pose du pied en attaque talon (le talon est justement comme articulé, et donc plus souple) la chaussure gère les impacts de manière aussi efficace que rare et vous offre une conduite particulièrement douce de tous les côtés – même si sa souplesse générale du modèle n’est pas des plus hautes. Attention : ce n’est pas mauvais signe, car trop de souplesse = trop de mollesse et ça, ça vous tue le dynamisme. Grâce à ce talon déstructuré, la réception est ici bien douce et la répartition de l’onde de choc est efficace. Vos muscles et vos tendons lui disent merci ! Cette répartition de l’onde de choc est également dûe à tous les petits espaces d’amorti élargis de la semelle. Quant à la rigidité de cette dernière, elle est également dûe à sa qualité et à son épaisseur. Toutefois, le retour d’énergie global de cette chaussure n’est pas des plus élevés, loin s’en faut. Conclusion : c’est donc avant tout un modèle très amortissant en talon, bien amortissant en médio-pied / métatarses (mais un poil moins quand même) et qui s’adresse donc avant tout à celles et ceux qui veulent surtout être bien protégés.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky
Je note aussi que la plaque Wave (elle est en « éventail » nous dit la marque) qui court du talon jusqu’à sous le médio-pied, non seulement contribue certainement à l’amorti de l’ensemble, mais lui procure aussi une bien meilleure stabilité. « Sa forme concave offre la souplesse et la stabilité », nous explique la marque dans sa communication. Elle ajoute : « sa forme convexe offre l’amorti et le dynamisme ». Ahhhh, c’est donc ça ! Je les crois sur parole. Car c’est une des autres forces de ce modèle, après son amorti exceptionnel : même si la chaussure se destine à des coureurs au profil de foulée neutre, la Sky 2017 offre une vraie stabilité et donc contre-balance une éventuelle hyper-pronation, surtout si chez ceux qui sont dans la catégorie des coureurs lourds. Moi je ne suis pas hyper-pronatrice et je n’ai pas senti de gêne particulière, ni trop de flottement ni trop de contrainte. Elle est subtile cette chaussure je crois….
Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

La semelle externe

Celle-ci se caractérise par une épaisse couche de caoutchouc – c’est du solide ça madame – mais aussi, et surtout, par des encoches de flexion larges et profondes sensées rendre le déroulé du pied plus naturel dans ses phases d’attaque, de transition et de propulsion. Elles ont pour effet direct d’assouplir l’ensemble et c’est plutôt bien venu tant toute cette technologie de semelle intermédiaire a jusqu’ici eu tendance à durcir l’ensemble. Le point à retenir sur cette semelle est, je crois, qu’elle vous place bien haut sur le sol (ça c’est bon pour l’amorti) mais qu’elle n’est pas aussi souple que je l’aurais aimé. C’est sans doute le prix à payer ici pour être bien protégé. OK.

Mizuno Wave Sky
Mizuno Wave Sky

Conclusion

Voici une chaussure pour se sentir protégé(e). Elle est confortable, a une gueu…d’enfer et se destine à des profils de coureurs débutants à coureurs intermédiaires, mais pousse le vice à aller chercher efficacement ceux qui recherchent le partenaire idéal pour faire de longues distances. Tout ça c’est à cause de son très très bon amorti. Pas étonnant donc, quand on voit cette chaussure, que Mizuno soit encore et toujours partenaire principal des myhiques 100 km de Millau. Je pense que la Wave Sky doit être parfaite pour ce type d’épreuves que je ne ferai jamais. Elle réjouira dès lors également nombre de profils sur marathon, pour des chronos autour des 4h, ou plus. Toutefois, je conseille de l’essayer avant de l’acheter car sa rigidité peut surprendre, du moins au départ. Ce n’est donc pas un modèle que je recommande en entraînement court, surtout si vous allez sur piste. Elle peut par contre, je le crois, vous accompagner idéalement lors de vos sorties longues du dimanche matin. Si vous êtes un coureur plutôt rapide, et léger, je vous conseille de vous porter sur d’autres modèles de la marque, comme une Wave Ultima, une Shadow et bien sûr la Wave Hitogami 4. Je pense enfin que la rigidité de cette Sky en fait une chaussure idéale pour les profils plutôt lourds qui n’auront aucun mal, eux, à la plier et la faire obéir au doigt (de pied) et à l’oeil.

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