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Comme sur un nuage

Texte de Laurent Urban. Photos Mizuno.

300g (H) et 250g (F). Hauteur talon de 32 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 20 mm pour les hommes comme pour les femmes. Drop de 12 mm pour tout le monde donc. 130€.

Voici plusieurs années que je n’ai pas mis mes pieds dans les chaussures de ma marque fétiche des années 2000. A l’époque, en tant qu’athlète sponsorisé en triathlon, j’étais obligé de porter du Mizuno. Mais j’adorais ça ! Quel plaisir alors de recevoir cette nouvelle paire de Mizuno Ultima 9 en test, moi qui ai rarement eu depuis,  l’occasion de rechausser ces mignonnes petites japonaises. La Ultima est une chaussure pour coureur universel, d’un bon rapport qualité / prix et, selon les dires de la marque, « avec aussi les dernières technologies d’amorti » made in Japan. La plaque de la semelle intermédiaire qui apporte amorti et stabilité est en effet nouvelle : appelée « CloudWave », celle-ci, vous le verrez, est l’un des « clous » du spectacle de cette vraie bonne à tout faire de la rentrée (pour se consoler de la fin de l’été snif snif) et pour tous les coureurs hommes ou femmes et à foulée universelle.

La tige

J’ai testé ces chaussures à la fois sur piste, sur courtes distances et sur des sorties plus longues à l’entraînement, 15 km environs et je dois dire que les sensations ressenties étaient vraiment très bonnes. La marque annonce un système intelligent pour cette tige : c’est le « Dynamotion Fit », ou « DF ». Sensé diminuer les tensions autour du pied, il aide à ce que la tige puisse suivre le mouvement naturel du pied. La structure de la tige bouge avec votre pied, tout en l’enveloppant. C’est assez étonnant…et efficace ! Cela dit, je crois quand même que cette chaussure a été pensée et dessinée avec des pieds fins en tête. Coureurs à pied large, attention, ce modèle est à essayer en magasin avant de l’acheter. Disons que le shape général m’a paru un peu étroit. Autre chose, sous ces chaleurs estivales, et malgré l’épaisseur de la structure à certain endroits, au talon notamment, je n’ai étonnamment pas souffert de la chaleur. Sans doute que les technologies « Intercool » (trous dans la semelle intermédiaire) et « AIRmesh » (mesh respirant) ont fonctionné. Très bien. Je note enfin quelque chose qui me plaît : l’apparition d’un nouveau matériau dans cette tige à base d’huile végétale : un dérivé des énergies renouvelable. Si en l’an 2000 on m’avait dit qu’acheter une paire de chaussure de running participerait à la protection de la planète, je ne l’aurais franchement pas cru ! Ils sont malins ces japonais !

La semelle intermédiaire

Voilà donc le gros morceau de la nouvelle Ultima. Sa composition, comme d’habitude chez la marque japonaise, est assez complexe. Mais c’est ce qui fait son charme. Disons qu’il y a quatre grosses parties principales :

1) une semelle légère, amortissante et stabilisatrice qui court du talon à l’avant-pied : l’U4ic.
2) une plaque Wave : c’est la nouvelle CloudWave.
3) un nouveau cadre encore plus amortissant sous le talon : l’U4icX.
4) un renfort plastique au contact du sol bien connu des amateurs de Mizuno dont je fais partie : c’est le X10.

On l’oublie souvent mais Mizuno est en effet une des marques les plus techno’ au monde. La matière (grise) et les matériaux (high-tech) qui sont mis à contribution pour réaliser les chaussures Mizuno sont uniques en leur genre et dignes d’un bon film de science fiction, du genre de Life mais qui finit bien. Le laboratoire de test de Mizuno situé au siège de l’entreprise, à Osaka. Et il n’a rien à envier à celui d’un Nike, dans l’Oregon par exemple. Mais revenons à nos moutons et évoquons la fameuse plaque Wave, un système commun à toutes les chaussures Mizuno depuis des années mais qui a sensiblement évolué. On le voit bien sur la photo, la plaque Wave d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’il y a une dizaine d’année. Ce tout nouveau modèle nommé WaveCloud est donc inséré dans la semelle intermédiaire avec le but d’offrir stabilité et maintien pour une transition la plus idéale possible entre le moment où votre pied attaque le sol (talon ou médio-pied) et le moment où il en re-décolle (poussée des orteils), sans toutefois alourdir l’ensemble de la chaussure. Lors de l’impact du pied, l’onde de choc est ainsi dispersée sur toute sa longueur de la plaque qui, une fois de plus, court jusque sous le médio-pied.

Quant à l’amorti à proprement parler, c’est avant tout le système U4ic qui est utilisé. Il est plus léger d’environs 30% par rapport à l’ancien système d’amorti Mizuno que vous connaissez sans doute comme moi et qui s’appelait AP+ (chiffre annoncé par la marque que nous n’avons pas vérifié). Le rajout sur ce modèle du système nommé « U4ic X », en bleu sur la photo, ajoute encore clairement à l’amorti du talon. C’est une pièce de mousse épaisse sur laquelle est collé le caoutchouc X10 accrocheur et résistant et qui place définitivement ce modèle parmi les plus amortissants de la rentrée. Même si je n’avais pas moi-même de point de comparaison, étant donné que je n’ai pas couru avec des Mizuno depuis longtemps, je l’ai toutefois bel et bien ressenti lors de mes entraînements.

Au final, avec toute cette technologie embarquée, la chaussure place le pied assez haut sur le sol : 32 mm au talon et 20 mm sous l’avant-pied. Mais la foulée reste stable et surtout bien précise (alors que nous ne sommes pas en présence d’un modèle de compétition !) ce qui n’est pas pour me déplaire, moi qui ai quand même eu l’habitude d’aller justement assez vite sur les parties course à pied de mes triathlons de compétition. Je pense aussi que la chaussure est certes amortissante mais également suffisamment dynamique pour avoir du répondant lors des séances de fractionné ou les courses rapides, telles que les compétitions sur petites distances. Car au final, le trio U4ic + CloudWave + U4ic X vont de concert aider à maitriser l’amorti et le maintien de l’ensemble. Pour ma part, j’ai trouvé tout ça assez génial, très efficace, sur toutes les surfaces, du bitume à la piste en passant par les sentiers secs de sous-bois. Et je ne regrette donc pas de m’être remis aux Mizuno.

Semelle externe

Comme à son habitude, et comme je viens de le dire plus haut, nos japonais utilisent ce qui fonctionne très bien dans ce domaine : le X10. C’est un caoutchouc-carbone qui résiste bien à l’abrasion sous l’ensemble de la semelle et offre une bonne accroche au talon. J’ai martyrisé ce modèle autant que possible. Ancien officier de police judiciaire en gendarmerie, j’aime bien voir ce que les gens – et les chaussures de running ! – ont dans le ventre. Là encore, mais à la longue c’est un peu lassant de me répéter sans doute, je n’ai pas du tout été déçu.

Conclusion

Voici un modèle qui sait clairement tout faire, une petite bombe pour la ville, autant pour flâner en courant qu’accélérer sans prévenir. Elle est innovante, bondissante, passe-partout et conviendra à un grand nombre de coureurs à la foulée neutre et à la recherche d’une chaussure avec laquelle tout faire. C’est donc une valeur sûre de la rentrée à venir 

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