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Entraînement difficile, guerre facile.

Texte et photos de Gaël Couturier.

230g (H) et 190g (F), drop de 6,4 mm (hauteur talon  de 33,2 mm, hauteur avant-pied de 26,8 mm), 175€, tout type de foulée, newtonrunning.eu.

Je ne redirai jamais assez combien j’aime Newton, la marque créée en hommage à Sir Isaac Newton et sa fameuse troisième loi : « L’action est toujours égale à la réaction ; c’est-à-dire que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales, et dans des directions contraires », ou encore : « Tout corps soumis à une force exerce en retour une force de même intensité et de direction opposée ».

Depuis 10 ans qu’elle existe, cette petite marque artisanale de Boulder dans le Colorado n’a de cesse de grandir, prendre de l’importance et convaincre et convertir les coureurs du monde entier à son concept savant et plus seulement les triathlètes en mal de nouveautés, d’excentricité et les fans de Craig Alexander, le champion australien. Car Newton affiche un positionnement différent, à la fois très original mais également assez ouvert ces dernières années puisque nous pouvons tous désormais ressentir ses effets bénéfiques, notamment grâce à des modèles plus progressifs comme la Fate dont une de nos testeuses vous parle juste après. Quant à moi, je vous parle de cette Gravity VI sortie en Mars et qui affiche une hauteur de semelle assez conséquente, ce qui lui procure un amorti profond et agréable, sous l’avant-pied bien sûr mais aussi sous le talon, chose assez rare pour une Newton. Le poids du modèle est également plutôt léger, ce qui est aussi surprenant étant donné la structure assez complexe du modèle comme vous allez le voir.

La tige

Souvenez-vous de mon test de la Newton Elite dans ces colonnes (voir la rubrique Matos) : un mesh ultra-light, une souplesse à toute épreuve et un confort rare qui méritait qu’on s’y attarde et que j’avais pour ma part adoré ; à tel point que la chaussure est devenu l’un de mes modèles de compétition préférés, sur marathon et triathlon Ironman.

Cette Gravity IV est différente, plus rigide, un peu moins facile à porter. A l’intérieur de la chaussure, il n’y a en effet pas moins de quatre parties distinctes. Au niveau du talon, le confort est d’abord renforcé par une texture douce et rembourrée ainsi que par des inserts plastiques durs qui maintiennent votre pied avec fermeté. Cela n’est pas pour me déplaire. Entourant le médio-pied, on retrouve ensuite ce mesh bien aéré et en même temps bien solide et puis, très vite, deux bandes de maintient latérales font leur apparition. Elles entourent un tissu plus épais mais aussi très stretch (c’est une des nouveautés du modèle !) de chaque côté. Si ces bandes sont sensées accommoder les pieds les plus larges (c’est mon cas) je n’ai pas trouvé qu’elles étaient des plus efficaces question souplesse car pour une pointure similaire à la Elite, mon pied était plus serré, moins à l’aise ; à tel point que je me suis demandé si je n’aurai pas dû prendre une taille au dessus pour ces Gravity VI.

 

Newton Gravity II : la tige

Enfin, sur le devant du pied, ce mesh est doublé afin de mieux vous protéger, de l’eau mais aussi des différents débris que vous pourriez rencontrer sur votre route.

Voilà, autant dire que l’ensemble est assez complet, complexe et rigide, comparé à un modèle plus léger et plus orienté compétition. Mais il n’est pas pour autant désagréable à porter au pied, surtout pieds nus. En effet, Newton étant une marque populaire chez les triathlètes, vous pourrez continuer à ne pas mettre de chaussettes si c’est votre mode de fonctionnement. Contrairement à ce que la marque avance, il y a pourtant bien des coutures à l’intérieur du chausson mais celles-ci sont particulièrement douces au toucher. Autre avantage de cette structure de tige un brin rigide donc : sa solidité. Oui je sais c’est facile…mais vrai : voilà donc un modèle que vous allez pouvoir garder longtemps. Vu le prix de l’ensemble, avouons que c’est une bonne nouvelle.

Newton Gravity II : la semelle intérieure

Pour finir sur cette tige, j’ajoute que contrairement à ce que j’ai pu lire sur un site concurrent, la languette est plus longue que sur certains autres modèles de la marque, plus rembourrée aussi, ce qui ne gêne en rien la foulée et fait même effet de protection supplémentaire quand les distances s’allongent et que vous portez des chaussettes basses qui s’arrêtent sous la malléole.

La semelle intermédiaire & semelle externe

Classiquement chez Newton, cette semelle fonctionne dans sa globalité selon le concept dit Action/Reaction Technology : sous le médio pied, au contact du sol, cinq plots (opui oui cinq !) s’enfoncent dans la semelle en EVA en comprimant l’air d’une chambre creuse puis reprennent leur forme initiale au moment où vous commencer à relever le pied, créant ainsi un effet de rebond saisissant. C’est la raison pour laquelle je préfère exceptionnellement dans ce texte ne pas dissocier la semelle intermédiaire – généralement liée à l’amorti et la stabilité – de la semelle externe – liée elle à l’accroche et la résistance. Une preuve de plus que Newton est vraiment à part.

Newton Gravity II : la semelle extérieure

Dès les premières foulées chaussé de cette Gravity VI, impossible de ne pas ressentir l’effet si particulier et propre à Newton : on se sent comme projeté vers l’avant, comme monté sur ressorts, accompagné dans son mouvement de foulée à décoller le pied du sol, à accélérer, aller plus vite, beaucoup plus vite. C’est le principe et la magie Newton, et qui rend la marque si séduisante (si chère aussi sans doute…).

Ce qui est nouveau sur ce modèle de cette année c’est l’ajout d’une mousse plus amortissante qu’auparavant : le Newtonium ! Avouez que le nom est prometteur, tout droit sorti d’un film de science fiction, Retour vers le futur ou 2001 l’Odyssée de l’espace pour les plus vieux, Life pour les plus jeunes, l’horreur en moins. Cette nouvelle mousse plus amortissante et plus résistante, respectivement +52% et +30% selon la marque, est désormais présente sur tous les modèles POP1 et POP2, autrement dit, respectivement, les modèles avec le plus de retour d’énergie pour amplifier l’efficacité de la foulée (POP1), et ceux qui offrent une transition plus douce, plus équilibrée vers le système Newton avec des plots biseautés moins « bondissants » ainsi qu’une base d’appui plus large (POP2). POP3 étant le système le plus stable, le moins dynamisant, sans doute le plus simple à adopter aussi. Notez que la mousse court sur toute la structure de la chaussure Gravity VI, du talon à l’avant-pied. Que ceux qui pensaient que les ingénieurs de chez Newton n’avaient travaillé que la structure de l’avant-pied remballent leur caractère de grincheux de vieux « haters » comme disent les américains. Tout est ici techno, bien pensé et amortissant. C’est un vrai beau concept.

Cela dit, bien sûr que ce modèle est plus rigide que l’Elite dont je vous parlais plus haut. Mais il offre aussi plus de maintien et reste toutefois assez léger pour envisager des entraînements en fractionné ou des compétitions, surtout sur moyennes et longues distances. C’est sans doute ce qui explique que la Gravity est, depuis son lancement, un des plus gros succès de la marque : c’est un modèle vraiment étonnant, bon sur tous les terrains, presque toutes les distances.

Je dois quand même avouer qu’il m’est arrivé de ne pas toujours être très à l’aise immédiatement en chaussant ces Newton après avoir couru avec d’autres modèles d’autres marques de chaussures. La sensation est en effet très différente, il ne faut pas le nier, et dans les moments de fatigue ou de faiblesse, on a parfois l’impression d’avoir une foulée lourde, peu efficace, pataude presque. Le revêtement externe de la semelle n’arrange rien dans ces moments-là rien : la chaussure claque sur le sol et vous rappelle à quel point vous placez mal vos appuis. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça réveille et oblige à faire un peu plus attention. C’est un mal pour un bien et très honnêtement cela ne gêne quand même pas outre mesure.

Conclusion

J’ai parfois trouvé cette chaussure un peu trop rigide, notamment par rapport à des modèles particulièrement souples avec lesquels je me suis récemment habitué à courir : Newton Elitem Nike Free, New Balance Fresh Foam Gobi… C’est pourquoi je conseille cette chaussure plutôt pour les longues distances, quand un peu plus de rigidité est nécessaire pour éviter que la foulée ne s’affaisse et ne vous fasse risquer un déséquilibre de posture et parfois des blessures. C’est aussi le prix à payer pour une telle robustesse car, je le répète : la nouvelle Gravity VI est hyper résistante. Pour démarrer en Newton, je conseillerai toutefois un autre modèle, une nouvelle Threshold ou une Fate III justement. Tiens tiens, la Fatte, c’est justement le modèle testé par ma consœur Marina.

Newton Fate II

Newton Fate II

Texte et photos de Marina Caille.

266g (H) et 223g (F), drop de 4,5 mm, 140€, tout type de foulée, newtonrunning.eu.

A l’heure où sort une Fatte III, je vous donne mon avis de runneuse amatrice sur une Fatte II testée tout au long de l’hiver. Le système de base de la chaussure est le même que celui décrit par Gaël plus haut, mais la chaussure s’inscrit dans la catégorie du POP2, c’est à dire celui des modèles pour tous, et surtout ceux qui ne sont pas habitués au fonctionnement Newton.  Bon, je ne vous cache rien, esthétiquement parlant, ces Fatte II m’ont de suite plu : vertes avec bordures et lacets jaunes et le logo noir situé de chaque côté à l’avant de la cheville. C’est personnel, je sais, les goûts et les couleurs n’est ce pas…mais bon. Elles sont plutôt fines et pétillantes aux yeux.

J’ai d’abord été très étonnée par leur légèreté alors que la semelle emporte ses « plots » rectangulaires prononcés de 4 à 5 millimètres sous chaque métatarse. Sortant d’une petite blessure au genou, je me suis limitée à les regarder pendant 10 jours mais avec l’impatience de les chausser et de me lancer dans le test. La raison principale de mon impatience résidait dans l’espoir d’être peut-être tombée sur LA chaussure qui me conviendrait enfin. En effet, coureuse convaincue, je n’ai pourtant pas le profil idéal des grandes performances : 40 ans quand j’ai débuté et avec un léger – très léger… – surpoids. Après deux années de sorties régulières, en moyennes 3 sorties hebdomadaires entre 5 et 12 km, j’ai compris faire partie de ceux qui attaquent naturellement par l’avant du pied. Cependant, cette foulée naturelle m’occasionne des douleurs sous les métatarses me limitant souvent sur la longueur de mes courses. Ces Newton là allaient-elles m’aider à dépasser cette désagréable sensation ?

J’ai donc fini par les chausser. La première sortie a été loin de me convaincre. Les Newton sont très atypiques. J’ai d’abord manqué de stabilité. En cause leur légèreté, me donnant l’impression de manquer de maintien. Et cet avant du pied légèrement surélevé…Journée de reprise après blessure, je manquais de confiance et ce premier essai n’a pas été à la hauteur de mes espérances.

Quelques jours plus tard, je m’y suis tout de même remise. Et là : essai transformé. Plus confiante en mon genou, je n’ai pas retenu ma foulée et me suis laissée guider, en quelques sorte, par les chaussures. Le manque de stabilité du premier test a cédé sa place à une attaque plus instinctive et naturelle sur l’avant du pied. De toutes façons, la semelle plutôt rigide invite même le coureur qui attaque avec le talon à modifier sa foulée. C’est là toute la force et la magie du concept : vous faire modifier votre foulée sans vous forcer, de sorte que vous ne vous blessez pas et réalisez une transition en douceur vers une foulée plus saine. Le manque de maintien initialement ressenti s’est transformé en une foulée s’adaptant plus efficacement au terrain. Puis les kilomètres s’enchaînant, j’ai eu l’heureuse surprise de ne sentir aucune douleur ! Le rêve ! J’ai encore du mal à trouver les mots justes. J’ai couru sans réfléchir, comme si les chaussures m’imposaient quelque chose de tout à fait naturel. En fait je les ai totalement oubliées au fil des kilomètres. Elles se confondaient avec mon corps. Je n’avais jamais ressenti cela auparavant ! Ce sont des chaussures qui sortent vraiment de ce qui se fait et se voit le plus ailleurs. Pour moi, c’est une belle réussite. Je parle de la chaussure et de mon test les filles.

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