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Pegasus à la japonaise new age. Pas moins.

Texte et photo by Thierry Norel.

Mizuno Wave Rider 20.

298g, drop de 12,2 mm (34,3 mm de hauteur talon et 22,1 mm de hauteur avant-pied). 145€. Pour l’entraînement et la compétition plutôt longue distance, tout type de foulée. mizuno.fr

Mizuno un jour, Mizuno toujours. J’ai commencé la course à pied avec une paire de Mizuno Rider 16. Et il se trouve qu’après 7 paires de ces wave Rider, je suis toujours aussi fan du modèle. Celui-ci a toujours été très orienté performance, avec un appui sol ferme et rapide afin d’accompagner des foulées vives. Bon, j’avoue quand même avoir parfois été un peu déçu par la version 17. J’ai noté une nette amélioration des versions 18 et surtout 19 avec le grand retour d’une chaussure dynamique, confortable et qui sait encaisser les km comme une grande, voire comme personne. Bref, la Rider est une chaussure polyvalente qui se destine à la plupart d’entre nous et ne craint surtout pas les usages (très) intensifs – et je le prouve !

La tige

Dès les premières foulées, la qualité du chausson interne se fait ressentir. On est dans du douillet les amis. A ce prix-là, vous me direz, c’est peut-être normal. Je note en particulier plus de mousse sur le collier de la cheville, côté malléole. Un vrai plus. Elles me rappellent en ce sens et très précisément une paire d’Adidas Glide Supernova de 2013. C’est dire qu’il y a bien longtemps que je n’ai pas mis mes pieds dans un modèle vraiment très confortable. Le mesh, retravaillé par Mizuno grâce à leur technologie « Triple zone Dynamotion Fit » est particulièrement bien fini. Le pied est bien maintenu, la matière est aérée sans point de pression. Rien à redire.

Passons à un point qui va peut-être fâcher : le laçage. Clairement un point négatif des modèles précédents, je me rends compte que les japonais ont ici travaillé sur le problème d’un laçage imprécis, flottant. Désormais, votre coup de pied est plus serré (largeur de l’espace de laçage passe de 3,5 cm sur les versions 18 et 19 à 2,5 cm ici), ce qui peut offrir un meilleur maintien. C’est un problème que j’avais donc vécu avec les modèles précédents, 18 et 19. Cela dit, je trouve encore que les lacets en eux-mêmes sont trop longs et trop élastiques pour jouer parfaitement leur rôle en séance rapide type VMA. A vitesse élevée, en effet, j’ai encore ressenti cette désagréable sensation de flottement. Bien entendu, elle disparaît dès qu’on ralentit la cadence. En ce qui me concerne, sur une chaussure comme ça, je change les lacets et les remplace par des lacets classiques que je trouve dans le commerce, des lacets qui ne sont donc pas élastiques. Car à trop vouloir offrir de confort, ces Rider 20 peuvent donc s’avérer imprécises dans le domaine de la tenue de pied, à haute vitesse seulement, je le répète. Petit conseil : n’utilisez pas vos anciens lacets de vos autres paires de chaussures car ils peuvent avoir subi une bonne usure au niveau des œillets et ne plus vous apporter la sécurité espérée. Cela étant dit, et une fois les lacets changés, le maintien du pied apporté par cette nouvelle tige est idéal. Le pied ne flotte pas, il n’y a pas de point de pression particulier sur le coup de pied et le talon est également bien pris.

Mizuno Wave Rider 20 : la tige

Semelle intermédiaire

Apparemment elle a été entièrement redessinée (voir photos ci-après). Il y a la plaque Smoothride sensée, comme son nom l’indique, apporter de la souplesse à votre conduite, la plaque Wave qui est la signature de la marque mais également une semelle de propreté intéressante, nommée « premium insok », et qui est moins épaisse que sur les versions précédentes. Cela procure à ceux qui aiment une bonne sensation de chaussure sèche. Fiable la bête donc ! Question amorti, il m’a semblé un poil trop prononcé et donc un poil pas assez dynamique. Un poil. Ce qui peut chagriner les coureurs avides de précision comme moi, ceux qui aiment avoir une « planche » sous les pieds. Cela dit, bien sûr, cette sensation disparaît à grande vitesse quand le talon s’envole et ne touche donc plus le sol. Logique. En footing classique, je retrouve quand même ma chaussure préférée, celle qui m’a accompagné dans tous ces semi, marathons et milliers de km à l’entraînement : un modèle qui a du répondant et offre un très bon dynamisme. Clairement, le modèle s’adresse à ceux qui demandent une chaussure ferme sous le pied lors de l’attaque au sol. Cela dit, l’amorti assuré par la plaque CloudWave fait le boulot qu’on lui demande, et la technologie Smoothride atténue efficacement les vibrations et m’a semblé bien augmenter la souplesse de l’ensemble sans lui faire perdre de sa stabilité.

Mizuno Wave Rider 20 : la semelle

Parlons maintenant un peu de la fameuse plaque Wave, sans doute la marque de fabrique la plus légitime du constructeur japonais. La voici redessinée, de forme convexe et retournée à 180° (autour d’un axe horizontal) et sans le SR Touch des modèles précédents. Le résultat ? Plus de dynamisme. Elle m’a aussi semblé apporter plus de stabilité. Quant à sa mousse, nommée U4IC, elle est certes un peu plus lourde que sur les versions précédentes mais elle est aussi plus douce, moins rigide, et permet de faire gagner la chaussure en longévité et en dynamisme, en particulier sur les faux plats montants où la foulée s’écrase, surtout chez les marathoniens qui ont une belle foulée rasante (Comme moi ! Bah quoi ?).

Notez que la chaussure ne se destine pas à un travail de fractionné sur piste. Ce n’est clairement pas sa fonction ni son point fort. Elle y est en effet un peu dure à lancer, son talon peut même vous sembler lourd(aud). Une fois atteint votre vitesse éclair (si si, éclair, pas moins), il y a comme un effet de balancier très intéressant qui s’opère et là encore, elle fait le job, surtout si c’est un marathon que vous êtes en train de préparer. Pour la VMA orienté 10 km, oubliez-là par contre même si, j’ai testé pour vous, à 17km/h, le poids ne se fait pas particulièrement sentir. Truc de dingue. Passons.

Semelle d’usure

En ce qui concerne la tenue de route maintenant, il faut noter que la semelle de la Rider a toujours été bien dure. C’est notamment dû aux composants nommés U4IC et X10 sous le talon, ce qui pouvait par le passé occasionner des réceptions pour le moins acrobatiques sur sol humide. Le problème semble désormais avoir été résolu grâce à l’amélioration de la mousse U4IC nommée dorénavant « euphoric » et le X10 qui a ici été renforcé en carbone. Par conséquent, la semelle « gratte » bien le sol, il n’y a plus aucune perte d’adhérence. Notons aussi un nouveau dessin global pour cette semelle qui participe aussi à l’accroche de l’ensemble et fait que, oui oui, je vous l’annonce, la chaussure ne glisse plus sur sol humide. C’est un soulagement. Quant à la résistance de cette semelle, je ne doute pas qu’elle soit fidèle à l’esprit « cent bornard » légendaire de la Rider.

Mizuno Wave Rider 20

Son design est donc très particulier : composé de quatre parties distinctes dont la plus longue s’étire du talon au médio pied et permet de renforcer la stabilité lors de la phase de transition attaque talon – décollement des orteils. La découpe des trois autres parties placées sous l’avant-pied aide à donner de la souplesse tout en soutenant le dynamisme de l’ensemble. Enfin, le caoutchouc de cette semelle d’usure est vraiment beaucoup plus dur que celui de la Free. Il explique la conduite plus rigide au pied mais il est également plus protecteur et sans aucun doute encore plus résistant. A confirmer toutefois. Concernant son accroche sur sol mouillé, franchement, je n’ai pas eu à m’en plaindre. Attention toutefois aux escaliers en marbre où cette dureté de semelle ne pardonne pas. A deux reprises, j’ai failli m’envoler sur le dos en sortant de chez moi. Je n’avais pas eu ce problème avec la Free sur ce même marbre.

Conclusion

Cette nouvelle Wave Rider 20 tient ses promesses et rassure les puristes même si elle s’est assouplie un brin, ce qui la destine à beaucoup plus de profils de coureurs différents. Il est clair que les ingénieurs et les designers se sont penchés sur les problèmes des modèles précédents et, après 20 ans de pratique, c’est normal qu’ils arrivent enfin à quelque chose qui se rapproche de la perfection. Je ne sais pas ce qu’ils inventeront pour le 21ème modèle mais j’ai hâte car ça va être dur dur de faire mieux – à part les lacets oui, sans doute.

Êtes-vous un adepte de la Wave Rider ? Êtes-vous attiré par ce nouveau modèle au vu des légers errements des modèles précédents ?

Si vous l’avez essayée, faites-nous part de vos remarques !

Nota bene : si vous travaillez pour une marque, de quelque manière que ce soit, merci de vous identifier lors de vos commentaires. Ça sera sympa (et honnête).

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