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Bon petit soldat

Texte et photo de François-Xavier Gaudas

M200, 40g, 26 mm, 150€, infos sur polar.fr

Après avoir testé la très connectée M600 il y a quelques mois dans ces colonnes, voici notre test de sa petite sœur, la M200. Plus classique, ce modèle GPS avec cardiofréquencemètre intégré se veut accessible mais versatile.

Polar rattrape son retard sur la concurrence

La fréquence cardiaque est une information clé d’un entraînement et très bon indicateur de l’état de santé général. Les cardiofréquencemètres ont toujours été le fort de Polar avec ses emblématiques ceintures à mettre autour de la poitrine, elles ont laissé des traces chez nombre d’entre nous ! Malgré ce point fort que tout le monde dans le running lui reconnaît, Polar a mis plus de temps que la concurrence (TomTom avec l’Adventurer ou Garmin avec les Forerunner) à proposer un modèle avec cardio de poignet intégré. Les choses sont visiblement en train de changer avec l’arrivée de cette M200 à GPS en entrée de gamme (150€) disposant de cette fonctionnalité ainsi que des notifications smartphone.

Simple et fonctionnelle

L’ouverture de la boîte est toujours un moment attendu lorsque l’on essaye une nouvelle montre et j’ai toujours pensé le plus grand bien des packaging Polar qui me rappellent ceux d’Apple : épurés avec des produits dont la notice est souvent accessoire. Au premier abord, cette M200 a un aspect original, avec un écran très rond doté d’un bouton de chaque côté. Par réflexe, je tapote l’écran pour tester le tactile… il n’y en a pas, zut. J’ai un peu de mal au début avec ce système de boutons. Le droit permet de naviguer, le gauche de revenir en arrière mais il faut maintenir le droit pour valider. C’est un peu déconcertant quand on est habitué à des montres tactiles ou 4 boutons (Garmin 910 XT, TomTom Adventurer encore elles).

L’écran est large, 26mm, et reste lisible même quand la lumière arrive directement dessus. Cette montre est également large, 1,2 cm d’épaisseur, mais ne pèse quasiment rien avec ses 40 grammes. Cette taille un peu inhabituelle m’a posé quelques problèmes avec les vestes ou les chemises – la montre bloquant parfois le passage des manches. Dommage, car elle se veut être une montre à porter toute la journée avec son tracker d’activité (pas, calories brûlées, sommeil). Bilan : on est plus proche d’une TomTom Spark 3 que d’une Apple Watch en terme de taille.

Pour la recharger, encore une surprise : il faut décliper le moniteur du bracelet en plastique et le connecter à un adaptateur USB spécifique, à brancher ensuite sur une prise ou un ordinateur. C’est nouveau et plutôt une bonne idée car cela permet notamment de nettoyer la montre plus facilement. Elle est de plus totalement étanche.

Polar Flow encore et toujours

Comme d’habitude, pour gérer les paramètres de votre montre, vos entraînements et vos profils sportifs, il faudra passer par la fameuse plate-forme Polar Flow, que ce soit sur votre ordinateur ou votre smartphone via bluetooth. La montre se synchronise également avec des applications très populaires comme Strava ou MapMyFitness mais uniquement sur iOS pour le moment. Les utilisateurs Android devront sans doute patienter un peu.

Si vous êtes nouveau sur Polar Flow, je vous conseille tout de même d’y jeter un œil avant de vous lancer avec votre nouveau joujou. L’application peut vous aider à planifier vos entraînements, vous permet de les consulter tout comme de vérifier l’historique de votre activité journalière, y compris celle de votre sommeil, pour peu que vous portiez la montre 24h/24 et que cette fonction vous intéresse.

Lorsque vous consultez l’historique d’une activité, la vue proposée vous montre un graphique de votre allure ainsi qu’une carte détaillée. Classique. Il manque selon moi l’affichage des temps intermédiaires sur l’application comme cela se fait sur Garmin Connect (le temps au kilomètre pour chaque kilomètre). On les retrouve cependant sur le site web après coup.

Passons maintenant aux fonctionnalités disponibles avec le cardio intégré. Il y a tout d’abord le Running Index (ou Indice de course à pied pour les non-anglophones) qui mesure votre état de forme en fonction de l’intensité avec laquelle votre coeur va battre pour couvrir une certaine distance ou tenir un certain rythme. Il y a également le score de Training Benefit (ou Bénéfice de l’entraînement) qui lui va vous dire à quel point vous vous êtes dépensé et calculer ainsi les bénéfices que vous allez pouvoir retirer de votre séance. Par exemple, sur ma séance du 28 février, mon Training Benefit était à ‘’Maximum Training +’’ ce qui se traduit d’après Polar par « Cet entraînement a amélioré vos performances maximales et votre vitesse en course rapide. Il a tonifié votre système neuro-musculaire et a demandé un effort maximal ou quasi maximal pour la respiration et les muscles. La durée de l’entraînement a été suffisamment longue pour améliorer la résistance à la fatigue, à la vitesse utilisée. » Précis !

Demandez le programme !

On l’avait déjà vu lors de notre test de la Polar M600, Polar Flow propose des programmes d’entraînement pour toutes les distances les plus populaires du running (5km, 10km, semi et marathon) que vous pouvez ensuite charger sur la M200. Vous pouvez également ajouter des exercices personnalisés parmi plus de… 100 types d’activités (vélo, aviron, musculation…) ! Autant dire que si vous aimez bidouiller et ne vous limitez pas qu’à la course à pied vous allez vraiment vous amuser. Varier ses entraînements est également un excellent moyen de progresser en vitesse et en endurance.

Du point de vue de la performance pure, la Polar M200 a en tout cas fait ses preuves. Sur deux mois, une douzaine de sorties et par tout type de temps, je n’ai rencontré aucun problème de fonctionnement ou de données incohérentes. Démarrer une session de course à pied se fait en pressant le bouton de droite. L’acquisition du signal GPS est rapide, 1-2min maximum, alors que celle du rythme cardiaque est quasi-instantanée. La montre vibre quand elle est prête. Le signal est plus dur à attraper lorsqu’il y a des nuages ou qu’il pleut, testé jusqu’à 5min, mais ce problème n’est pas exclusif à cette montre (ma Garmin 910 XT de 2012 commence visiblement à fatiguer et met parfois jusqu’à 10min…).

Au niveau des informations données pendant le run, on est sur du classique : allure moyenne, instantanée, durée, distance et le signal ne saute pas, même en forêt. Même chose pour le rythme cardiaque, on retrouve la fiabilité de Polar à ce niveau avec des données tout à fait cohérentes. Le capteur optique fonctionne très très bien et est amplement suffisant pour identifier le rythme tenu dans certaines zones d’allure.

Une batterie digne d’une pile Duracell

Cette M200 tient très longtemps et cela fait plaisir de porter une montre que vous n’êtes pas obligé de recharger tous les 2 jours. Polar annonce une autonomie de 6 jours pour un usage quotidien (en se basant sur 1h d’effort par jour avec GPS et cardio lancés) ou 6 heures en continu avec le GPS et le cardio activés. C’est peu pour les ultra mais suffisant pour un marathon. Je l’ai portée tous les jours pendant une quinzaine d’heures en marchant en moyenne 5km avec une sortie course tous les 3 jours environ et ne suis arrivé dans le rouge qu’une fois, et au pire des moments : pendant un run ce qui a eu pour conséquence de couper le GPS et de ne garder que le chrono pour que la montre ne s’éteigne pas. A part cette erreur de vigilance de ma part, jamais la batterie n’est arrivée dans le rouge. Bravo Polar !

Enfin, même s’il ne s’agit pas d’une fonctionnalité essentielle ou sur laquelle la marque finlandaise s’appuie pour vendre sa M200, l’affichage des notifications du téléphone via la connexion bluetooth a le mérite d’exister. Il y a juste un problème : la taille de l’écran n’est pas du tout adaptée à leur bonne lecture. Résultat : vous ne comprenez pas souvent ce que vous êtes en train de lire. De plus, elles ne restent affichées que quelques secondes – ce qui m’a donné beaucoup de fil à retordre pour n’en photographier ne serait-ce qu’une. Ah ah ah. Cela reste du domaine du simple gadget donc.

Conclusion

La Polar M200 n’est pas la montre la plus attirante ou la plus élaborée du marché mais elle a le mérite de se concentrer sur ce qu’on attend d’une entrée de gamme GPS-Cardio : des fonctionnalités fiables et une batterie à la hauteur. Elle se situe dans la même gamme que la Garmin Forerunner 35 ou la TomTom Spark 3 Cardio qui sont aussi des modèles avec un GPS et un cardio intégré fiables, mais elle est moins chère (150€) !!! Elle trouvera donc facilement sa place au poignet de n’importe quel(le) coureur / coureuse, débutant(e) ou confirmé(e). I « like ».

Polar M200

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