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Vivez le marathon de Venise comme si vous y étiez

Par Gaël Couturier, local de l’épreuve et 2-times finisher. Photos Venice marathon.

Le marathon de Venise s’est déroulé le week-end du 21-22 octobre dernier. C’est une course spéciale qui ne vaut pas pour la compétition. Non. D’abord elle ne se gagne qu’en 2h12. On est donc loin des 2h03’32 » d’Eliud Kipchoge réalisés à Berlin fin septembre par exemple. Et puis, allons donc, c’est un italien qui s’est imposé et les deux premiers Kenyans terminent loin derrière – si l’on peut dire – en 2h16’41 » et 2h16’47 ». Rien de très exceptionnel tout ça vous en conviendrez. Alors pourquoi s’intéresser à ce marathon ? Pour son parcours exceptionnel bien sûr !

Contrairement aux idées reçues, le parcours du marathon de Venise est rapide et plat même si la toute fin, les trois derniers km en réalité, est remplie de ponts tous plus rigolos les uns que les autres. Ils ne sont ni hauts ni pentus, ni difficiles, mais ils sont bel et bien là et vous ne pouvez vous y soustraire. Heureusement, la ville de Venise, soucieuse d’améliorer en permanence son accessibilité à ses nombreux visiteurs qui lui apportent une manne financière très importante, et ainsi de permettre à tous d’emprunter ses rues pavées, a installé des rampes artificielles qui permettent de passer d’une rive à l’autre sans toucher une seule marche. Vos genoux lui en seront reconnaissants. Une fois cette appréhension dépassée, avouez que le marathon de Venise prend un nouveau visage : celui d’une course sur route parmi les plus exceptionnelles que notre monde connaisse.

Comme celui de New-York, que je vous raconterai dans une semaine (la course est le 4 novembre), le marathon de Venise est donc un must-do. Absolument. D’abord il y a Venise. La ville donne son nom à la course mais n’en représente que 4 km, les quatre derniers. Avant cela, vous partez d’un village nommé Stra, à 25 km de là, à vol d’oiseau, en face d’une superbe villa, la Villa Pisani. Stra se situe en plein Riviera del Brenta. C’est un endroit rare où se dressent encore les villas du 18ème siècle des vénitiens les plus riches de l’époque, ces marchants, pour la plupart, qui avaient les moyens de fuir le brouhaha de la ville le weekend venu. Cette partie du marathon, que l’on peut diviser en trois, est la plus longue et l’une des deux plus agréables. La seconde étant bien entendu l’arrivée dans Venise à proprement parler. L’ambiance de la Riviera del Brenta est pour le moins zen, sans la grande foule de Venise. Vous y courez encouragé par les badauds qui s’attardent à la terrasse des cafés en ce dimanche matin.

Le parcours est ici totalement plat et totalement droit. Et la chaussée est large, très large. Il est donc aisé de partir vite le long de cette rivière nommée Brenta, si vous visez un chrono, ou de se chauffer lentement sans crainte d’embouteillage si vous êtes, comme moi, du genre à prendre les choses à la légère. Avant d’arriver dans Venise, aux environs du semi, vous changez totalement d’environnement. Vous en avez fini avec cette ambiance campagnarde très agréable et entrez dans deux villes industrielles importantes : Marghera et Mestre. Malheureusement, ces villes n’ont absolument aucun charme. Là encore, les rues sont larges, fermées à la circulation bien entendu, mais les hauts immeubles et les centres commerciaux bouchent rapidement les vues qui, de toute façon, n’ont pas beaucoup d’intérêt. C’est de fait, à mon avis, le passage le plus difficile de la course. Heureusement, si vous avez peaufiné votre entraînement comme il le faut, vos jambes ne vont font pas encore trop souffrir.

L’ arrivée dans le parc San Giuliano est une respiration qui tombe à pic. Les quelques zig-zag à effectuer n’y sont pas désagréables et c’est le bon moment pour reprendre votre souffle pour les 8-10 km qu’il vous reste. Il y a des orchestres, des ravitaillements et de la verdure à 360° tout autour de vous. Réjouissez-vous, mangez un bout, marchez au besoin et relativisez ces muscles endoloris : les plus mauvais moments sont derrière vous ! Le pont qui joint le continent à l’île de Venise n’est pourtant là encore pas des plus agréables, visuellement parlant, mais il reste magique. Il mesure 4 km, ou un peu moins, et en le traversant, émerge peu à peu cette ville extraordinaire que vous êtes venu voir. Venise ! Le pont en soi n’est pas un vrai morceau de bravoure. Il passe même plutôt bien, enfin normalement. Pour ma part, rien de tel qu’une belle ligne droite avec un objectif au loin qui se rapproche petit à petit. Je trouve ça grisant ! Ce pont, c’est vraiment là que vous allez produire vos tous derniers efforts. Une fois touché le sol de la ville de Venise, vous serez submergé d’émotion et encouragé par un nombre effarant de spectateurs (Relax : on n’est pas à NYC non plus hein…). Vous finirez donc sans peine.

Résultat : ça déroule ici tout seul. Vous courez non pas du côté du grand canal de Venise mais de l’autre côté, face à l’île de Giudecca, le long du canal éponyme, en direction de Punta della Dogana, l’extrémité de cette partie de Venise qui s’appelle Zattere et d’où vous emprunterez un pont construit pour l’occasion. Ce pont de 170 m de long est assemblé la nuit avant la course et disparaît la nuit qui suit la course. Avouez que c’est extraordinaire ! Celui-ci vous amène directement à la fameuse Piazza San Marco où se trouve, entre autre, la basilique, le campanile et le Palazzo Ducale, le fameux palais des Doges. Après un aller-retour sous les applaudissements du public massé le long de barrières, vous vous dirigez le long de la Riva Sette Martir, la rive qui prolonge le grand canal. Il vous reste moins de 2 km. Une fois franchie la ligne d’arrivée, retournez-vous et admirez la vue ! Devant vous s’étend le bassin San Marco. Bravo, vous avez terminé le Venezia marathon.

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