Sélectionner une page

Pantoufle volante

Texte et photos Alessandra Rampazzo.

206g (H) et 175g (F). Hauteur talon de 28,5 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 20,4 mm et drop de 8,1 mm pour les hommes. Hauteur talon de 26,8 mm, hauteur avant-pied / métatarses de 20,2 mm et drop de 6,6 mm pour les femmes. 109,95€

Le modèle GoRun 4 est resté sans suite deux ans durant. Voici donc enfin la nouvelle version, la GoRun 5. Sortie cet été, elle a subi des modifications à tous les étages : de la tige à la semelle intermédiaire en passant par la semelle externe. Plus près du pied, plus respirante, plus dynamique mais toujours aussi confortable, souple et légère, c’est un modèle facile à dompter pour les coureurs à foulée neutre. Elle ravira ceux qui veulent aller vite sur toutes les distances et qui sont habitués aux drops relativement légers.

Pour replacer la chaussure GoRun 5 dans la série des chaussures performances de chez Skechers, il est important de noter que trois modèles de la marque californienne, Manhattan Beach, incarnent les chaussures de catégorie neutre de la marque : la GoRun Ride, plus amortissante, la GoMeb Speed, plus minimaliste et plus rapide (enfin…ça dépend de vous aussi hein…) et la GoRun qui fait à la fois office de chaussure d’entraînement rapide et de compétition. Et puis, dernièrement, Skechers a lancé la GoMeb Razor, un produit qui se place entre la GoRun et la GoMeb Speed, et dont la semelle intermédiaire est un peu plus rigide (caoutchouc plus dense) et s’adresse donc en priorité à de purs compétiteurs.

Démarrons maintenant cette analyse de la chaussure point par point.

La tige

Tout d’abord, il faut commencer par dire que le mesh que l’on trouve sur ce modèle va dans le sens de ce qu’essaie de faire Skechers avec tous ces modèles performances. Il est très respirant, ce qui est idéal sous climat chaud. J’ai testé la chaussure cet été dans le sud de la France et en Italie du Nord. Dans les deux cas, il faisait très chaud et j’ai pris beaucoup de plaisir à ne pas sentir mes pieds patauger dans une marre de sueur comme ça a pu être le cas avec d’autres modèles. De plus, et contrairement à certains commentaires de tests lus sur le web, ce knit en question est pour nous bel et bien stretch. Ce n’est pas une élasticité énorme mais il faut quand même le noter car bien entendu cela rajoute au confort général de la chaussure.

Ensuite, notons que la languette et les lacets ont été complètement redessinés. D’abord, la languette est légèrement plus épaisse mais surtout plus amortissante. Le bout qui vient au contact du coup de pied a ainsi également été amélioré : avant il y avait des fils qui vous irritaient la peau si vos chaussettes ne montaient pas assez haut. Aujourd’hui, tout est bien fermé, cousu et très doux car la couture est sur la languette même, ni en bout, ni à l’intérieur. C’est donc un peu comme un coussin.

Quant aux lacets, ils sont plus plats mais tiennent mieux que les précédents une fois serrés. Une des raisons à cela c’est bien entendu la matière même de ces lacets – elle est plus solide, moins stretch – mais c’est également dû aux 3 nouveaux passants installés de chaque côté qui complètent les deux passants supérieurs restant eux inchangés. Au total, chaque côté de la chaussure possède 5 passants de lacets – 10 au total, contrairement au modèle précédent qui en proposait 6 de chaque côté – 12 au total. L’espace entre les lacets est désormais plus vaste, ce qui est compensé par deux grosses bandes élastiques au sein desquelles vous pouvez, pour plus de sûreté et de tenue, faire également passer vos lacets. Notez que ces bandes élastiques n’enroulent pas tout le pied jusqu’à la semelle intermédiaire. Ils s’arrêtent sur la semelle. Enfin, c’est un détail mais ça compte, un passant est également prévu sur la languette, placés plus haut que sur le modèle précédent. Au final le ressenti est différent : le pied est à la fois plus confortable et mieux tenu.

Question confort justement, le nouveau chausson dessiné par Skechers n’a pas de couture interne. C’est donc une seule et même pièce, du moins à l’intérieur. Elle est tellement bien faite et confortable que vous n’avez à la limite même pas besoin de fermer vos lacets ! A l’arrière, le « quick fit », autrement dit le petit oeillet pour les doigts qui vous permet d’enfiler plus rapidement votre chaussure, a été amélioré : sur la version précédente, il s’agissait d’un simple trou percé dans la matière du talon. Il fallait donc à un moment enlever le doigts pour laisser passer le talon, ce qui n’était finalement pas toujours très heureux. Désormais, le « quick fit » est une pièce à part. Vous pouvez tenir ce « quick fit » jusqu’au dernier moment. Cela permet donc de caler le pied dans la chaussure de manière plus précise. Et c’est aussi idéal en triathlon pour aller vite dans les transitions où les athlètes élites arrivent dans le parc à vélo à fond les ballons et retrouvent leurs chaussures dont les lacets sont souvent déjà faits – grâce à des lacets élastiques qu’ils rajoutent bien souvent.

Autre point important à noter, le shape, le design, de la chaussure est plus serré qu’avant, ce qui est bon pour les gens qui ont des pieds relativement fins. Toutefois, il est important de bien garder en tête qu’on est ici devant un modèle extrêmement souple. C’est un chausson donc, oui, mais un chausson un brin serré. La taille, à ce titre, semble être           « normale ». Je m’explique : c’est exactement la taille de vos chaussures de ville. Et ce n’est pas étonnant vu que Skechers fait avant tout beaucoup de chaussures de ville. C’est aussi bien agréable étant donné qu’une marque de chaussure de running à l’autre, nous ne faisons jamais la même taille ! Pour certains commentateurs, la chaussure chausse plus petit que la version précédente. Je pense qu’ils ont raison. Ma nouvelle paire est une 38,5 en taille européenne alors que ma précédente – qui date de l’an passé à la même époque – est une 38. Je veux bien admettre que mes pieds grandissent avec l’âge et la pratique mais quand même ! Autre point de détail : cette chaussure est plus lourde que la version d’avant ; celle-ci pesait 180g. Il y a donc 30g de différence, pas grand chose. Tout va bien donc : ces chaussures restent très légères au pied.

La semelle intermédiaire

C’est là aussi un énorme changement. En effet, cette nouvelle GoRun utilise une mousse en caoutchouc bien différente de la version 4. Auparavant, la semelle de la chaussure était séparée en trois parties : un avant souple, un médio pied avec une structure de gomme plus dense et un talon construit exactement comme l’avant, c’est à dire bien souple. La GoRun 5 offre désormais une seule gomme sous tout le pied (caoutchouc moulé par injection). Du coup, forcément, la conduite aux pieds n’est plus la même. La GoRun 4 était une chaussure déjà bien agréable à porter en courant mais la GoRun 5 place encore nettement la barre au dessus.

On remarque aussi tout de suite la disparition des petit plots de caoutchouc. La semelle est donc plus plate. La partie de l’avant-pied est également plus ferme que l’arrière – elle est aussi beaucoup moins épaisse. Tous ces changements font que la chaussure est plus réactive, plus rapide à effectuer la transition talon ou médio-pied / orteils. Du coup, votre pied décolle du sol plus rapidement. Bon, bien sûr ce modèle n’est pas du tout une chaussure de trail, du moins sur les terrains humides. C’est à cause de la semelle externe très plate – j’y reviendrai – mais c’est aussi à cause de cet amorti : plus le terrain est dur plus cette chaussure est dynamique. Mais plus le terrain est meuble, plus vous avez  un peu l’impression de vous y enfoncer, de vous y enfoncer, de vous y enfoncer…et ne jamais remonter ! Un dernier mot sur la semelle de propreté : elle est simple mais bien épaisse sous le talon, ce qui procure encore plus de confort.

Semelle externe

La semelle intermédiaire est recouverte d’une fine couche de caoutchouc, sauf sous la partie externe du médio-pied, et c’est elle qui fait office de semelle externe. En gros, cet apport très léger est sensé protéger de l’usure la semelle dans son ensemble sur les points généralement les plus atteints : l’avant-pied et bord externe du talon. Il semble que ce caoutchouc soit plus résistant que celui de la semelle intermédiaire. Je dis « il semble » car au final, et c’est vraiment le seul problème de ce modèle, la semelle s’use quand même assez vite. D’autre part, la semelle externe ne possède pas de crampons qui permettent d’accrocher sur les terrains difficiles et voilà donc principalement pourquoi je ne la recommanderais pas pour faire du trail, même sur terrain très sec. Après seulement 90 km sur la route et des sentiers secs, j’ai ainsi déjà pu relever des points d’usure inquiétants. Cela n’était pas arrivé avec le modèle précédent. Cela dit, il est aussi important de noter que si cette partie bleue de la semelle s’use rapidement, il n’en est rien du reste de la semelle.

Conclusion

Fini de jouer. Skechers doit désormais absolument être pris au sérieux en ce qui concerne le créneau de la chaussure de course à pied de qualité. Cette GoRun génération 5 est un modèle parfait pour celles et ceux à la recherche d’une chaussure souple, légère et dynamique, capable de s’adapter autant aux entraînements rapides, que longs ou qu’à la compétition. C’est donc une très bonne chaussure, accessible au plus grand nombre et surtout capable de vous procurer des sensations de vitesse et de toucher pas si communes.

Références

solereview.com/skechers-gorun-5-review

Dans la même rubrique

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Share This