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Innovations en veux-tu en voilà !

Texte Thierry Norel, Photos Skins. Interview réalisée par Gaël Couturier.

Skins a lancé récemment une nouvelle gamme de produits, la gamme DNAmic. Notre testeur les a portés en préparation marathon. Résultat : il a cartonné !

Commençons par une petite intro sur l’histoire de la marque. C’est un ancien skieur australien, Brad Duffy, qui a eu l’idée de Skins. En 1996, refusant de se voir vieillir, moins bien récupérer et n’être tout simplement plus aussi fort physiquement qu’auparavant, il se met à imaginer un vêtement capable de l’aider à être plus performant. Il se rapproche alors de chercheurs américains et commence son lent processus de recherche, de design et de test. 5 ans plus tard, il lance le premier collant de compression de la marque Skins. Aujourd’hui, le siège de Skins est en Suisse (comme Compressport) mais demeure à Sydney un bureau régional pour l’Australie, comme c’est le cas aux USA, au Royaume-Unis et en France.

Selon la marque, les produits Skins sont sensés assurer le soutien et la stabilité de votre torse, de vos épaules et de vos biceps, tout en vous gardant au sec grâce à la gestion de l’évacuation de la transpiration. Les shorts et les collants de compression apporteraient ainsi un soutien et une stabilité aux fessiers, aux quadriceps et aux ischio-jambiers ainsi qu’un maintien musculaire optimal tout au long de l’entraînement. Quant au procédé « Muscle Focus », il est sensé assurer la réduction des vibrations musculaires pour écarter les risques de courbatures.

Là où il faut faire très attention avec ce genre de produit c’est dans le choix des tailles. Une erreur et le produit ne sert plus à grand chose, voire est carrément immettable. Le système de taille Skins  est unique en son genre car il est basé sur l’indice de masse corporelle (IMC). Le but est de garantir le niveau de pression de surface approprié. En ce qui me concerne, j’ai déjà fait l’erreur sur le haut Skins A400 à manche longue. C’est pourquoi l’essayage en boutique et les conseils d’un vendeur spécialiste ne sont vraiment pas du superflus.

Concernant les tissus Skins, ils ont non seulement des coutures plates pour diminuer les frottements et les irritations mais protègent aussi des UV, indice 50+, ce qui est idéal pour l’été.

Le Tee-shirt DNAmic

A première vue quand on voit le maillot à la sortie de la très belle boite, on se dit qu’on ne va pas rentrer dedans. Et pourtant. D’où le besoin impérieux de prendre son tour de poitrine pour le choix de la taille. Au toucher, le maillot est très agréable. J’ai testé ce produit au printemps sur une prépa marathon de Paris et Melun Sénart. Je n’avais jamais couru avec une compression haut du corps adaptée mais j’ai trouvé que le maillot épousait parfaitement les formes du corps. C’est ce que la marque appelle Skins Crom, ou « Complète amplitude de mouvement ». Ainsi, ces hauts Crom appliquent une compression à votre torse et vos bras pour augmenter la circulation afin d’apporter plus d’oxygène à vos muscles. En bas, il y a un bandeau adhérant qui permet un maintien optimal du maillot et évite la désagréable sensation du maillot qui remonte. C’est une innovation récente chez Skins car les modèles précédents ne l’avaient pas. La transpiration s’échappe bien, les tissus de côté en matière micro perforée et qui vont des aisselles jusqu’au bas du maillot assurent une vraie ventilation. Le maillot reste sec et frais, pas chaud, et il n’y a pas non plus d’échauffement au niveau de la poitrine – c’est donc la fin des tétons en sang en course à pied. Youpi ! Petit bémol : pas trop ce choix question couleur. C’est noir ou blanc, tout du moins en France. 70€

Le Cuissard DNAmic

A priori, les cuissards Skins. KINS disposent de la même technologie expliquée ci-dessus, à savoir une compression de gradient dynamique, c’est à dire une compression différente selon les endroits du corps et qui réagit différemment à l’effort. Pour ma part, j’utilise un cuissard Skins depuis de très nombreuses années et je peux donc témoigner que le modèle 2017 a quelques innovations par rapports aux modèles précédents. La plus visible concerne le nouvel élastique de taille qui procure un confort supérieur, un meilleur maintien à la hanche. Le cuissard a également gagné 4 cm de long en jambe, ce qui n’est pas pour me déplaire, mais il a par contre perdu sa petite poche intérieure pourtant si pratique pour ranger ses clés. A l’entraînement, j’ai ressenti une légère irritation au niveau de l’aine. La coupe et les coutures ne sont pas les mêmes que sur les modèles précédents. La coupe est plus étroite et les coutures sont doublées.

Ce genre de produit peut d’avérer bien utile car il devrait assurer une vraie réduction des vibrations musculaires mais je pencherais pour une compression encore plus forte car les muscles des cuisses sont vraiment puissants. Quand au prix, 70€ là encore, personnellement je le trouve élevé. A titre de comparaison, un cuissard de compression Mizuno, Nike ou Adidas ne coûte qu’une quarantaine d’euros. Mais la technologie n’est sans doute pas la même.

Le short Activewear Network

Voici la version short de running du Dnamic Compression Superpose. C’est un produit d’une très grande légèreté, dont le tissu sèche rapidement. J’ai beaucoup aimé la grande poche arrière qui peut contenir jusqu’à trois gels. On peut porter ce short par-dessus un cuissard de compression car il ne possède pas de slip intérieur. Son prix là encore me semble un peu élevé. 45€.

L’interview qui fait mal.

Comme pour Compressport avec Sylvain Laur, créateur de la marque Suisse, nous avons réalisé en parallèle des tests une interview avec Maxime Morel, le country manager Skins pour la France. Et de la même manière, celle-ci est sans concession. Running Café, continue donc bel et bien d’être un site d’information. Propos recueillis par Gaël Couturier.

Running Café : Sylvain, quand on ne connaît pas bien la compression, on peut avoir l’impression que tout n’est qu’une question de marketing mais que la technologie est finalement la même pour toutes les marques. Qu’est-ce qui fait la spécificité de Skins par rapport à ses concurrents qui sont comme vous dans la compression haut de gamme : Compressport, 2XU et BV Sport.

Maxime Morel : Skins utilise une technologie de compression dite dégressive, issue du médical et adaptée aux contraintes du sportif. En effet les taux de pressions appliqués ont été mesurés sur des athlètes en mouvement, permettant une précision sans égal en termes de pression et localisation. Cette technologie est appelée compression dynamique .

Running Café : Existe-t-il vraiment une différence entre vos produits de compression à l’effort et vos produits de compression en récupération ?

Maxime Morel : Les besoins en compression à l’effort et à la récupération ne sont pas les mêmes. A l’effort, les groupes musculaires sont en mouvement constant et subissent des micro lésions à chaque impact. Ils ont donc un volume musculaire différent et sont alimentés davantage qu’au repos. Un produit de compression destiné à l’effort doit prendre en compte tous ces éléments pour respecter la biomécanique naturelle du sportif, protéger ses muscles tout en améliorant son retour veineux. Chez Skins, il y a donc une approche totalement différente entre la conception d’un produit destiné à l’effort et celle d’une produit de récupération.

Running Café : Les marques proposent parfois des produits de récupération pour le haut corps. A quoi ça sert ?

Maxime Morel : Cela sert à la même chose que celle destinée au bas du corps : évacuez plus rapidement les déchets métaboliques générés par le corps durant l’effort. Elle est extrêmement appréciée dans les disciplines sollicitant les membres supérieurs : Tennis, Canoë-kayak, Natation, escalade, Judo, basketball, rugby. Mais c’est vrai qu’elle a en revanche moins d’intérêt dans la course à pieds où ces groupes musculaires ont surtout un rôle de balancier à l’effort.

Running Café : Que répondez-vous à un triathlète/marathonien qui dirait que la compression du haut du corps gêne les mouvements, la digestion sur longue distance et parfois aussi la respiration étant donné que la cage thoracique est comme comprimée ?

Maxime Morel : Je pense qu’il ne faut pas faire de généralité. Chez Skins, nous n’avons jamais eu ce type de retour. Nos gammes A400, DNAmic et TRI400 sont développées pour offrir une liberté de mouvement optimale. Cela se fait grâce à un travail par panneau et l’utilisation de deniers (pression, ndlr) différents, notamment sur les zones articulaires et tendineuses. Tant que la grille de taille est respectée, et c’est pour cela que les conseils d’un magasin spécialisé sont importants, le produit ne présente aucune entrave à la respiration, aux mouvements ou à la digestion. Le choix de la bonne taille est primordial, je le répète. Elle est garante des bénéfices produits et souvent bien différente des standards S/M/L. Mais avant d’arriver au choix de la taille, le conseiller en magasin permet aussi aux consommateurs de différencier deux cuissards qui de primes à bord se ressemblent mais qui affichent des tarifs bien différents et de l’orienter alors vers le produit le plus adapté. Pour revenir au début de votre question, il est en effet cependant envisageable que cette  sensation d’un produit très près du corps ne plaise pas à tout le monde. Mais dans ce cas, nous rentrons dans le côté subjectif. C’est la même chose pour les chaussures : vous allez avoir des amoureux des chaussants étroits et d’autres fans des chaussants larges. Ça dépend vraiment des goûts.

Running Café : Quelle sont justement les différences entre vos produits et ceux qu’on trouve désormais en supermarché pour des prix défiant toute concurrence ?

Maxime Morel : Il me faudrait sur ce point plus de détails sur les produits auxquels vous faites référence pour pouvoir les différencier. Ce qui est sûr, c’est que ces produits de supermarché ne sont pas en mesure d’exploiter nos brevets sur la compression dynamique.

Running Café : Où en est la recherche médicale sur la question de la compression ? Je sais que les effets de la compression ont été validés par des études comme utiles/efficaces en récupération mais pas à l’effort…je me trompe ?

Maxime Morel : Des publications dans le domaine de la récupération et celui de l’effort existent. D’ailleurs, c’est souvent les publications traitant d’une utilisation à l’effort qui soulèvent des bénéfices plus important car la compression va également avoir un impact sur la protection musculaire – moins de lésions – mais aussi sur une meilleure synchronisation musculaire.

Running Café : Quels sont les retours positifs les plus courants que les gens vous donnent sur vos produits ?

Maxime Morel : Ce qui est intéressant dans l’utilisation d’un produit de compression, c’est que vous attendez un retour, un bénéfice. Globalement c’est le bien être, le confort, la réduction des douleurs, la sensation de légèreté qui sont les retours les plus courants.

Running Café : Je voyage pas mal pour des marathons ou des triathlons Ironman mais je ne vous vois pas partout. Je ne vous vois pas beaucoup en Asie ni aux USA et encore moins au Canada où je viens de finir un 70.3, au contraire de Compressport et 2XU que je vois partout. Quelle en est la raison ?

Maxime Morel : Il s’agit de marchés où Skins s’est construit sur d’autres activités que le running ou le triathlon. Aux Etats-Unis par exemple, la marque a une légitimité dans le fitness et le CrossFit.

 

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