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Top design

Texte de Giulia Abbruzzese. Photos Giulia Abbruzzese & Gaël Couturier

J’ai 30 ans, je suis architecte et je vis à Venise, en Italie. Ce que j’aime par dessus tout, c’est partir découvrir de nouveaux spots, des rues que je ne connais pas, des terrains où je ne suis jamais allée. C’est pour cela que j’ai créé Venice By Run (venicebyrun.com). Pour que les touristes étrangers puissent profiter de ma ville en courant, dans les endroits que seuls les vrais vénitiens connaissent. Un autre truc qui me tient à coeur de plus en plus c’est de pouvoir à tout instant contrôler mes données. Je pourrais sans doute le faire avec mon téléphone portable mais c’est un peu encombrant, avouons-le. En 2014, j’ai acheté ma première Suunto, un GPS de poignet appelé Benefice Sport 2. J’aime comparer mes données avec mes amis, ma famille mais j’aime aussi les beaux design et Suunto est pour moi clairement en avance sur ses concurrents dans ce domaine. Quand on m’a donné l’occasion de tester la dernière Spartan avec écran tactile couleur et mesure de la fréquence cardiaque au poignet autant vous dire que j’étais aux anges. Peu de temps avant, j’avais eu à tester la Spartan Ultra (649€, 77g) et c’est pourquoi elle apparaît dans la série de photos suivante. A l’été 2016, Suunto sort donc la série des montres Spartan. Le 31 mars 2017, la marque lance sa première Spartan avec mesure de la fréquence cardiaque au poignet. C’est une grande première pour Suunto. Le test maintenant.

Les ingénieurs de chez Suunto l’avaient eux-mêmes admis : leur première version des Spartan était un peu prématurée. La montre n’était pas prête et souffrait de nombreux bugs.

Quand j’ai déballé ma Suunto Spartan Sport Wrist HR, j’ai tout de suite trouvé que le design, comme souvent chez Suunto, était particulièrement attrayant, presque élégant dans la simplicité de ses lignes. A ce prix-là, 499€ (il faudra d’ailleurs qu’on m’explique pourquoi la même Spartan sans la lecture optique de la fréquence cardiaque est 150€ plus chère…) la montre est disponible en trois couleurs : bleu, noir et « Sakura », c’est à dire rose pâle. Le bracelet est en silicone souple, l’écran est assez grand et l’ensemble est au final très masculin (50 x 50 x 16,8 mm). A mon poignet, la montre est vraiment grosse. Bien sûr, c’est une montre de sport et, bien entendu, vu que son écran est tactile, il vaut mieux qu’il soit grand. Bon, le bon point c’est que l’ensemble n’est vraiment pas lourd : à peine 75g, ce qui en fait une des plus légères de sa catégorie (par comparaison la Fenix 5 X pèse 97g).

Description

La grande nouveauté de cette montre, c’est bien sûr la mesure de la fréquence cardiaque au poignet. Avant de se poser la question de savoir si c’est vraiment précis, je ne boude pas mon plaisir d’avoir abandonné cette ennuyeuse ceinture cardio, certes très fine mais vraiment pas agréable à porter à la poitrine, surtout quand on est une fille. Pour être efficace, il faut d’abord noter que le bracelet de la montre doit être assez serré. Ce n’est donc pas forcément confortable pour tout le monde mais l’avantage, évidemment, c’est d’avoir son rythme cardiaque mesuré en permanence et non plus seulement à l’effort. A quoi ça sert ? Si vous connaissez votre fréquence cardiaque au repos et que celle-ci augmente sans raison visible, autrement dit sans que vous soyez dans une grosse semaine de charge d’entraînement, c’est que vous êtes sans doute sujet à de la fatigue, du stress voire que vous couvez une maladie. Concernant la collecte des données de ma fréquence cardiaque, je n’ai rien à redire. Sur la base de mes activités de course à pied, c’est à la fois simple et précis, et juste. Notez que Suunto a fait ici appel à une société extérieure pour ce lecteur optique. Il provient de chez Valencell, une entreprise américaine de la côte Est (Caroline du Nord) réputé pour la qualité et la précision de ces capteurs biométriques. J’ajoute que les athlètes plus exigeants qui veulent des données encore plus fiables peuvent encore utiliser une sangle poitrine de mesure de la fréquence cardiaque.

Toujours au niveau du bracelet, Suunto a amélioré le mécanisme de charge de la montre. Moi qui, comme vous sans doute, luttais sans cesse pour réussir à connecter le cable du premier coup sur les modèles passés, le cable Suunto Spartan Sport Wrist HR est munie d’un bel aimant qui adhère immédiatement au dos de la montre. Fini la pince originelle de chez Suunto donc. C’est ici plus efficace. Beau progrès. C’est agréable, même si c’est un détail. Bon, concernant l’écran couleur tactile, je suis un peu partagée. Il est grand, oui, mais quand même pas tant que ça. Je l’ai surtout utilisé pour faire défiler les pages préréglées pendant mes entraînements mais je trouve que c’est encore et toujours plus simple de les faire défiler avec les boutons, surtout quand il pleut car les doigts glissent et c’est plus compliqué – voire impossible – d’être précis de cette manière. Du coup, on s’énerve, la montre ne répond pas comme elle devrait, bref, c’est un peu galère. A noter que la Spartan Sport Wrist HR n’a  que 3 boutons à droite, alors que la plupart de ses concurrents en ont encore deux ou trois autres sur la gauche. Ici, les boutons permettent d’accéder à des fonctions différentes selon que vous appuyez longtemps dessus ou pas. Par exemple, le bouton central enfoncé plus longtemps permet de revenir en arrière dans le menu. Si vous êtes comme moi et que vous ne lisez pas les modes d’emploi, il suffit de prendre le temps de jouer avec la montre. Ça vient vite. Notez toutefois, comme me l’a fait remarquer mon red’ chef qui parfois m’énerve un peu, que si vous êtes un(e) habitué(e) de Garmin, la façon dont sont agencés les menus n’a rien à voir entre les deux marques. Vous mettrez donc un peu plus de temps à passer de l’une à l’autre (je crois bien que c’est son cas mais chut…).

L’interface

Le menu principal est très complet et je ne vais pas vous le détailler mais simplement m’arrêter sur des points qui me semblent les plus intéressants. Bien sûr, la montre est téléphone « friendly » ce qui veut dire qu’elle se connecte à votre téléphone et peut ainsi vous annoncer tout un tas de choses : des emails, des messages Facebook, Instagram, etc… Aujourd’hui toutes les montres GPS de cette catégorie de prix ont cette fonction. C’est un peu devenu la base de ces bijoux high-tech. On peut donc laisser son téléphone dans son sac en coupant le son, sans pour autant faire son autiste et se couper du monde. Notez que pour les ingénieurs/designers de chez Suunto, le sommeil n’a aucune importance puisque rien n’est fait pour le mesurer, contrairement à la plupart de ces concurrents mais aussi comme la quasi-totalité des simples bracelets de mesure d’activité : Fitbit, Garmin, iFit, Misfit, Moov, Polar, Samsung, TomTom, Under Armour, Withings, etc….

Dans « Navigation » vous pouvez charger un parcours préfiguré au préalable sur votre ordinateur. C’est très pratique pour ne pas se perdre quand on court dans un endroit qu’on ne connaît pas. Dans « récupération », la montre affiche le temps nécessaire à votre récupération sur la base des données du parcours que vous venez d’accomplir ainsi que vos données physiologiques. Enfin, détail amusant mais toujours agréable : vous pouvez choisir entre 6 combinaisons d’affichage différentes et 9 couleurs d’affichage. Oui, je sais…je suis un peu fifille parfois que voulez-vous que je vous dise. En cours d’activité, je n’ai pas non plus eu de mal à naviguer parmi les différentes pages que j’avais préalablement définies dans le logiciel Movescount. C’est donc assez pratique pour surveiller son entraînement.

La montre en action

La montre capte le signal GPS bien plus rapidement que les modèles précédents type Ambit 2S par exemple qui me faisaient parfois attendre jusqu’à 10 min (pas agréable en plein hiver !). Plus vite que Garmin ? Hum, c’est à voir. L’affichage en courant est parfois difficile à lire mais en le programmant pour qu’il s’allume à chaque km parcouru cela va vous aider un peu. Je note toutefois qu’une fois la séance terminée, le temps nécessaire à la récupération n’est pas affichable dans l’application du téléphone, ce qui est vraiment dommage. Dans la fonction running, j’ai bien aimé la nouvelle fonction « flip » qui permet de programmer un auto-lap, autrement dit un tour automatique ainsi que la fonction fractionné (interval en anglais). Vous pouvez indiquer le nombre de répétitions voulues, la durée, la distance. En trail, ou en ski/snowboard, la montre affiche une carte qui m’a semblé utile, même si elle est petite, pour naviguer dans des endroits inconnus, revenir à son point de départ…bref, ne pas se perdre.

J’ai été surprise de constater que la mesure de la fréquence cardiaque au poignet fonctionnait bien dans l’eau. Chapeau ! Je sais toutefois que la précision des mesures est un peu aléatoire : cela fonctionne pour certains des utilisateurs, mais pas pour d’autres. Allez comprendre. Un dernier point concernant les activités sportives en salle de type yoga ou gymnastique qui sont proposées par la montre : cette Suunto Spartan Sport Wrist HR montre là vite ses limites. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle est très encombrante au poignet. Mais bon, je pinaille car ce n’est bien sûr pas ce à quoi elle se destine en premier.

L’application Movescount

J’utilise cette application depuis longtemps car elle me permet de transférer mes données d’entraînement le plus simplement du monde, souvent en moins d’une minute. Je pense que la version mobile n’est toutefois pas encore au point. Elle est beaucoup trop simpliste et les données affichées sont bien trop limitées : vous ne pouvez ainsi pas configurer précisément votre montre via cette interface. L’application web est heureusement là pour ça mais le temps de récupération nécessaire après un gros entraînement ne s’y trouve pas. Il n’est disponible que sur la montre. Bref, ce n’est pas top de devoir constamment naviguer entre les deux. Cela dit, utiliser le site web pour paramétrer sa montre est quand même bien plus pratique et ludique que de le faire sur la montre. L’ergonomie du site est très bien faite et on y passe facilement du temps sans s’en rendre compte.

Les réglages de la montre démarrent avec le choix du type d’affichage, puis du nombre de ligne d’information que vous souhaitez par page – on peut aller jusqu’à 7 (Garmin n’en a que 4 hé hé hé…).

Une de mes qualités préférées pour cette application néanmoins, c’est la possibilité de visualiser mon activité dans un petit film facile à partager sur les réseaux sociaux. C’est une animation 3D de votre parcours à laquelle vous pouvez aussi ajouter des photos et des données relatives au matériel que vous avez utilisé. Elle est simple à réaliser, un peu lente à charger mais, une fois prête, c’est vraiment très sympa à regarder et partager. Un autre point intéressant qui me fait penser à Strava c’est la recherche d’itinéraires réalisés par d’autres coureurs que vous pouvez télécharger dans la montre pour les réaliser ensuite. Le must c’est aussi ces cartes thermiques qui permettent de visualiser les chemins les plus empruntés par les utilisateurs Suunto, au sein du mode Sport. Vous pouvez là encore les envoyer à votre montre pour pouvoir les reproduire en vrai à votre guise et à votre allure. Enfin, régulièrement, Suunto réalise des mises à jour sur ses produits et, en connectant ma montre à cette application, je sais que j’ai toujours le produit le plus up to date qui soit.

Résumé des fonctionnalités

  • GPS
  • Transfert des données via port USB ou Bluetooth
  • Imperméable à 100 m max
  • Durée de vie de la batterie de 65h max
  • Alertes visuelles ou par vibrations, sons
  • Enregistre vos activités journalières en terme de pas réalisés, mais pas de distance ou de sommeil
  • Connection Bluetooth avec le téléphone pour recevoir des messages et être informé de vos appels

Entièrement construite pour les sports suivants :

  • Vélo : power meter, vitesse/cadence
  • Course à pied : ajout de footpod possible pour l’indoor, pas d’analyse de la foulée telles que oscillations verticales, durée de contact au sol, estimation de la VO2max, conseil de durée de récupération.
  • Natation outdoor ou indoor (longueur du bassin réglable) : distance, tours, fréquence cardiaque sous l’eau, analyse des mouvements (rythme, vitesse).
  • Triathlon : mode multisport

Attention : pas d’auto start/stop, pas de virtual partner, pas de virtual race, pas de données pour la chasse, la pêche ou d’autres données nautiques, pas de Jumpmaster (parachutisme) ni geocatching ou affichage météo, pas d’affichages de cartes ni de création d’itinéraire une fois lancé comme sur la Garmin Fenix 5X.

Conclusion

Pour moi la Spartan Sport Wrist HR une grande réussite, d’autant que le modèle s’est bien amélioré depuis la sortie de la première Spartan (Août 2016). Avant, quand je voyageais plusieurs jours durant, avec mon Ambit 2S, il fallait prendre mon cable pour enregistrer mes activités sur l’application. Aujourd’hui ce n’est plus la peine car tout se passe en Bluetooth entre la montre et mon ordinateur portable. Cela dit, je trouve que la synchronisation avec le téléphone portable est un peu lente, plus lente en tout cas que le modèle Ultra Spartan précédent que j’ai aussi testé sur quelques mois. La durée de vie de la batterie a également été augmenté sur la Spartan Sport Wrist HR, ce qui est toujours une bonne chose. Cela dit, en utilisant la montre et la fonction GPS pendant une à deux heures, six à sept fois par semaine, je suis obligé de recharger la montre le week-end. Autrement, sans GPS, la montre fonctionne en théorie pendant plus de 60h. Poussée à son maximum, elle ne tient donc pas plus qu’une semaine. Moi, je ne fais pas d’ultra, mais je me dis quand même que ce n’est pas une durée de vie exceptionnelle. J’ai essayé beaucoup d’autres montres, de Garmin à Polar. Mais aujourd’hui encore, Suunto reste ma préférée, sans doute à cause du design qui est pour moi le meilleur. Et pourtant, il est clair que les fonctions d’une Fenix 5 X de chez Garmin (899,99€ ou 699,99€ pour la Fenix 5 classique) sont supérieures, la précision du GPS notamment. Mais cette Suunto, une des top de la marque, est quand même terriblement moins chère. Pour terminer, je pense que c’est une bonne chose d’aller acheter ce modèle dans un magasin de running spécialisé : cela va vous permettre de vous la faire régler et expliquer les quelques trucs et astuces sur lesquels vous pourriez peut-être bloquer.

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