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Que vaut vraiment Li-Ning ? Enquête varoise.

Texte Laetitia Schuler. Photos Laurent Urban, aka Banbanchaudlapinou.

Notre jolie testeuse varoise a remis le couvert ! Après avoir testé les dernières tenues Craft pour l’été dans ces mêmes colonnes le 10 juin dernier, elle s’est attaquée à Li-Ning, marque chinoise côtée à la bourse de Hong-Kong et oh combien sulfureuse, née à la fin des années 80 et qui porte encore le nom de son créateur, un gymnaste olympique chinois. Depuis, Li-Ning s’est ancrée dans différents sports, notamment le basket, le tennis, la gymnastique évidemment, mais aussi le football, le tennis de table, le tir à l’arc et… la course à pied. Notre Laetitia reine de beauté a, quant à elle, testé deux produits pour femme : un corsaire nommé « ¾ Gladys » et un haut à manche courte nommée « Tee Jamirah ». Verdict d’une ménagère loin d’être desperate.

Comme dirait mon Banbanchaudlapinou, je suis une jeune mère de famille sérieuse, consciencieuse, rigoureuse, pragmatique et modeste. Qui d’autre aurait donc bien pu être à la hauteur pour enquêter sur cette marque chinoise à la fois iconique et obscure nommée Li-Ning ? Que vaut-elle ? Combien coûte-t-elle ? Est-ce le moment de s’intéresser à ce « décathlon » chinois dont les bénéfices nets ne sont pas si extraordinaires qu’on l’imagine (2,2 millions de $ selon un article du Financial Times de mars 2016, après 3 ans dans le rouge, 3 ans de pertes donc) ? Après le travail, je suis  toujours très contente de rentrer à la maison et de découvrir que mon facteur est passé par là et qu’il a déposé un colis ! J’adore les colis, tous les colis, les gros colis, les moyens et aussi les petits surtout quand ils me sont destinés. En ce début juillet, je me dépêche donc d’ouvrir sans ménagement le carton de la poste. J’y découvre alors un beau sac en toile de jute fine de couleur rouge, un caba certes sobre et efficace mais qui fait aussitôt son petit effet à la jeune que je suis, attentive à toutes les attentions. Il est bien entendu logoté au nom de la marque de vêtement que je vais donc tester pour vous : Li-Ning.

Pour ne rien vous cacher, je ne connaissais absolument pas cette marque. Je ne l’ai jamais vue, ni en pub, ni en magasin, ni même portée par quelqu’un. Et comme je suis du genre à relever les « défis », je me dis que ça doit être nouveau, que c’est une aubaine de l’essayer en « prime time » et que ce test doit vraiment être important. Me voilà donc partie pour une nouvelle aventure sans avis prédéfini, sans a priori, ni influence de quiconque. Fidèle à ma méthode : je ne lis pas les étiquettes, je ne lis pas la description des articles et ne cherche surtout pas à connaître la gamme de prix non plus, ni d’ailleurs le réseau de distribution ou tout autre support commercial ou médiatique. Je conserve donc tout mon libre arbitre.

Tee Jamirah

Sur le tee-shirt, une petite poche zippé sur le coté droit attire déjà mon regard. Je trouve assez ingénieux et judicieux d’avoir positionné cette poche à cet endroit. Elle est de taille idéal pour y mettre un mouchoir, une clé, des écouteurs, un gel ou une barre énergétique. Pas tout cela à la fois, bien entendu mesdames. A tester dans l’action pour voir si cela n’est pas gênant bien sûr mais, en tout cas, l’idée me plaît.

Le tissu est également très agréable au toucher. Je décide de l’essayer aussitôt. La taille M correspond parfaitement à un « medium » tel que je l’imagine. La découpe est parfaite, une coupe cintrée, un tee-shirt juste comme il faut pour se sentir a l’aise dans les mouvements qui se porte près du corps, sans toutefois vous serrer – ni le dos, ni les seins. La poche reste invisible et me semble toujours aussi pratique à l’effort. La matière est légère et très agréable à porter. Vraiment tout cela m’emballe (et mon Banban aussi) ! Petit bémol toutefois, le coloris rose chiné est un peu old school à mon goût. Heureusement, le produit existe dans d’autres coloris. Pas facile en revanche de savoir lesquels. Le site web de Li-Ning est en effet incomprehensible. Passons.

Après ces premières constations visuelles d’ordre esthétique, place à la pratique. Ce haut est léger et agréable à porter…au départ. Les clés dans ma poche ne m’ont pas gênée – j’y mettrai plus tard un gel ou un mouchoir et là encore même constat : aucune gêne. C’est vraiment très pratique d’avoir à portée de main ce dont on a besoin lors d’une petite sortie. Le hic maintenant : ce tee-shirt n’évacue pas la transpiration ! Au secours !!!! J’ai ainsi à chaque fois très rapidement été mouillée dans le dos, sous les bras et ce tout au long de ma sortie et malgré l’air du bord de mer de ce mois de juillet. Peu importe la durée de ma sortie d’ailleurs. Mon tee-shirt reste toujours mouillé et je ressens l’humidité, malgré l’air chaud et les 30 degrés de notre bel été. C’est à en frissonner je vous le dis ! A garder pour l’automne sans doute.

¾ Gladys

Il s’agit donc d’un beau corsaire mi-long, d’une couleur violine : là pour le coup j’adore ! La matière est là aussi de qualité et on sent de suite le coté stretch du tissu, malgré le fait qu’il soit assez épais et donc plus tourné vers l’hiver – mais pas de conclusion hâtive attendons de l’avoir essayé en course. A l’essayage, la coupe est bonne au niveau des cuisses et la longueur idéale pour un corsaire. Il s’arrête donc juste en-dessous des genoux. A la taille, par contre, ça remonte beaucoup trop haut ! C’est ce qu’on appelle une taille haute, et j’imagine déjà que ça ne va pas être agréable pour courir. Bon, ben…voilà. C’est rédhibitoire : beaucoup, beaucoup, trop haut, trop épais, trop chaud, trop serré, trop gênant, trop inconfortable…bref, impossible de porter le corsaire aussi haut, je le rabats à la taille avec un ourlet pour le faire baisser et le positionner plus bas sur mes hanches. Du coup, dommage collatéral, la poche zippée dans le centre du dos bien pratique en tant normal devient obsolète. Ah la la…

Autres désagréments : un petit cordon positionné autour de la taille m’a semblé bien fragile. Quant aux éléments réfléchissants placés sur chaque coté, ils restent à mon avis plus esthétiques qu’efficaces. En y regardant de plus près, les sur-coutures qui zigzaguent et les petits fils qui dépassent laissent présager ce que m’avait un peu annoncé mon rédac’ chef, à savoir qu’il s’agit là d’un produit d’entrée de gamme.

Côté réjouissances, par contre, le rendu visuel du corsaire porté est en revanche bien agréable. Moi j’adore ! Banban aussi. Evidemment. Voyez-vous même sur les photos et osez dire que je n’ai pas l’air légère ! La coupe et les sur-coutures, mais aussi l’assemblage des différents tissus comme l’aération placés à des endroits stratégiques – entre les jambes et à l’arrière des genoux – sont du meilleur effet. C’est non seulement très esthétique mais c’est également très galbant et donc idéal pour mettre les formes des femmes en valeur. J’adore ! Banban…oui, enfin, vous m’avez compris. Bref, ce ¾ Gladys quoi qu’on en pense d’un point de vue technique tient bien la route d’un point de vue esthétique. Et ça, c’est important quand même.

En course, là non plus malheureusement ce n’est pas top. Les épaisses coutures grattent au niveau du creux des genoux, souvent au bout de 15 min. De plus, j’ai ressenti une vraie pression,  comme une sensation de « coupure » en pliant les genoux à chaque foulée. Avec la transpiration qui ne s’évacue pas plus pour ce bas, ces coutures justement, me démangent vite. Autant dire que je me sens compressée et pas du tout à l’aise. Bref, ce corsaire ne me paraît pas fait pour une pratique intense de la course à pied non plus. Damned. C’est sans doute un très bon legging de yoga (oubliez le  Bikram yoga par contre…), de stretching ou un vêtement dédié à la pratique d’un sport doux d’intérieur ou d’extérieur, du type mouvement de gymnastique ou ballade en vélo. Mais en running…il ne veut rien savoir. Nada.

Conclusion

Cette tenue Li-Ning est solide et son look est…bon, très bon même. Mais d’un point de vue technique, il faut revoir la copie mes p’tits amours. Il ne m’a en effet pas semblé adapté à la pratique d’un sport intensif comme la course à pied. Je pense que vous êtes toutes comme moi et que vous ressentez vous aussi le besoin d’être à l’aise et libre de vos mouvements dans votre pratique sportive du running, que ce soit sur la route ou le trail. Le « Quick Dry » mentionné sur l’étiquette n’a pas eu l’effet escompté ni sur le haut, ni sur le bas. Quant à la technologie « CoolNing » annoncée pour l’aération…le nom est bien mais, et c’est un petit peu dur à dire,  là non plus…je ne l’ai pas sentie. Bon, cela dit, je pense que Li-Ning pourrait convenir à une clientèle débutante et/ou à budget modéré, à celles qui veulent se faire plaisir en arborant une tenue sympa sans se ruiner et à porter quand les jours se refroidissent. Parce que s’il y a bien un point où la marque fait aussi preuve de talent c’est dans son prix. Comparé avec mes p’tits chéris de Craft testés la dernière fois, on est à la moitié du prix ! Et ça aussi, c’est beau. 15,95€ le tee-shirt et 34,95€ le short. Infos sur lining.com (ou ailleurs sur Google, parce que moi ce site j’y comprends rien).

 

 

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